« races sociales », racialisme, racisme
  Theme(s) Antifascisme -  
  13-07-2017 13:40
Auteur : LadJ&dprintemps
 
 
  [...] Dans tous les cas, il n’y a jamais eu d’autres « races » que des « races sociales »,en tout cas construites socialement, même lorsque la race fut déguisée sous des dehors scientifiques.  
     
 

C’est pourquoi la dé­marcation « sociale », cette distinction que voudraient opérer les néo-racialistes d’avec le racialisme du XIXe siècle n’a pas lieu d’être, à moins de reconnaitre la scientificité biologique des « races », mais après tout, on se rendra compte à travers la lecture de cet ouvrage que ce ne serait pas la dernière des ignominies de nos racialisateurs

Pour l’instant, contrairement à ce qui se passe depuis que l’élevage existe chez les animaux, personne ne s’est avisé sérieu­sement d’organiser la sélection ou même d’utiliser la manipu­lation génétique pour s’essayer à constituer des races à partir de tout ce foisonnement, et même si des formes de sélection génétique commencent à exister chez l’homme, elles n’ont pas pour objectif de créer et de fixer des races.

Mais apparemment cela ne suffit pas. Il y a des gens qui tiennent à la « race », et ce ne sont pas tous des nazis et des colonialistes, ni même des anticolonialistes, non, aujourd’hui ce sont les « décoloniaux », accompagnés par certains courants de rénovation universitaire du marxisme et applaudis par des militant-e-s de la déconstruction.



Affinons tout de même : racisme et racialisme ne sont pas synonymes, si l’on veut être précis.

Le racisme s’appuie sur une hiérarchie entre les races,
tandis que le racialisme s’occupe, en théorie, de promouvoir leur existence.

Le racisme, quand il dépasse le stade d’une intolérance quotidienne à l’autre, de propos de comptoir, d’un énervement entre voisins ou d’une façon de prendre du pouvoir à de petites échelles, familiales par exemple, quand il est une idéologie en somme, part du postulat de l’existence de races au sein de l’espèce humaine,et considère que certaines catégories de personnes sont intrin­sèquement supérieures à d’autres : en théorie, le racisme est donc, par cet aspect, un pas supplémentaire par rapport au racialisme, qui quant à lui, est beaucoup plus systématique et prosélyte. Cependant, la nuance n’est importante que dans un cadre historique, à des époques où le concept de «race» apparaissait valide, avant le XXe siècle, donc.

Il serait stupidement anachronique d’affirmer qu’à l’époque moderne, tout le monde était racialiste, parce que la théorie des races était paradigmatique et entièrement intégrée. Depuis, le concept a été invalidé largement par la philosophie, et beaucoup plus violemment, par l’histoire. S’il subsiste dans certaines régions du monde, qui certes, sont loin d’être « anecdotiques » (Etats-Unis, Chine, Japon, etc.), et dans lesquelles il est toujours un puissant outil de pouvoir, il a été largement abandonné ici, et l’emploi de son vocabulaire relève généralement du scandale,presque toujours, jusqu’à il y a peu, associé à l’extrême droite.



De fait, aujourd’hui, la question spécifique des différences au point de croix entre racisme et racialisme n’empêche pas que nous ayons assurément à nous opposer aux deux sans s’occuper, à ce moment-là, des mérites spécifiques de l’un ou de l’autre.



Désormais, il est d’ailleurs tout à fait clair que le racialisme (promouvoir l’existence des races) porte en lui la promotion du racisme, et, s’il en était besoin, les déclarations des racialistes concernant ce qu’ils appellent les « mariages mixtes » et leur ----détestation du métissage---- en apportent la preuve évidente.
 
     
   
  > Ajouter un commentaire  
   
> Ajouter une traduction à cet article
> Télécharger l'article au format .PDF
> Envoyer cet article par e-mail
    Utiliser le mot « race » ? 2017-07-13 22:52    
  Une polémique [1] a récemment agité le milieu libertaire français concernant l’utilisation des termes race, racialisation, racisés etc. certains dénonçant une essentialisation du débat sur le racisme, essentialisation qui relèverait elle-même du racisme. Selon ce point de vue, reprendre ces termes serait contribuer à propager la grille de lecture raciste.

Dans un premier temps il semble que, tel quel, cet argument est absurde : il n’est pas question de reprendre ces termes pour les valider mais pour les étudier afin d’en révéler l’aspect socialement et historiquement construit, et d’en proposer une définition critique qui révèle cet aspect construit.

Cet argument est donc à peu près aussi absurde que si on affirmait que parler de prolétariat pour critiquer l’exploitation reviendrait en fait à contribuer idéologiquement au capitalisme en acceptant de nous reconnaître comme des prolétaires. Ou encore qu’il ne faudrait pas utiliser le mot racisme parce que ce terme contient le mot race, donc valide le racisme. Il ne s’agit pas d’une question de mot mais d’analyse à laquelle ce mot renvoie et dans le contexte de laquelle il est employé.

Pour lutter contre notre situation nous avons besoin de la nommer et de l’analyser parce que les catégories qui nous assignent sont déjà existantes. Nous ne choisissons pas de nous identifier à notre catégorie sociale, celle- ci s’impose à nous, de façon d’ailleurs assez violente, se reconnaître comme racisé.e ce n’est pas proclamer fièrement une identité, c’est simplement reconnaître que nous sommes la cible d’un dispositif d’assignation sociale spécifique, dispositif socialement construit que nous cherchons à analyser et contre lequel nous voulons lutter.

Bref, comme le disait le proverbe « Il ne suffit pas de nier les barreaux d’une prison pour qu’ils disparaissent ».

Cependant, si la récente polémique ouverte sur la racialisation dans le milieu libertaire est peut-être, entre autres, symptomatique d’une certaine forme de réaction contre la montée en puissance d’une analyse antiraciste critique dans ce dit milieu, on ne peut absolument pas se limiter à cette analyse.
Premièrement parce que cette forme de réaction n’est pas le monopole de personnes plus ou moins assignées blanches. Deuxièmement parce qu’il ne s’agit pas uniquement d’une forme de réaction, au sens droitier du terme, parce que le champ lexical de la race a une connotation, en tout cas en France, purement raciste, et qu’il est absurde de vouloir nier cette histoire si l’on se prétend critique.

Certes, le champ lexical de la race est aussi utilisé depuis maintenant longtemps de façon critique, dans les sciences- sociales [2] par exemple, mais cette utilisation est le fait de spécialistes qui maîtrisent la dimension critique de ces termes et le fait qu’ils se réfèrent, non à des réalités biologiques à proclamer mais à des constructions sociales à critiquer.

Lorsque l’on sort un ensemble de termes de leur champ d’utilisation spécifique pour un autre, en l’occurrence pour les projeter dans le champ politique, surtout de façon ouvertement polémiste ou provocatrice, il est inévitable que cela suscite une levée de bouclier. Inévitable et même assez sain parce que cela révèle que ces termes restent choquants, ce qui est tout de même un bon signe même si cela ne produit pas que de bons effets. On ne peut pas nier la portée potentiellement choquante de l’usage de ces termes dans le champ politique en France, ni nier que ceux qui ont polémiqué sur leur usage aient pu le faire en toute bonne foi du fait de leur tradition politique ou de leur sensibilité.
Le débat sur le racisme est un chantier qu’il faut assumer, c’est-à-dire déjà assumer le travail de réflexion, de débat, de pédagogie, voir d’auto- critique éventuelle, qu’il demande.

Pour notre part, nous assumons d’utiliser le mot « race » pour désigner le « système d’assignation des individus à une catégorie, socialement construite, basée sur des marqueurs physiques/biologiques et/ou ethno- culturels, éventuellement justifiés par un discours pseudo- scientifique ».

Si quelqu’un penser avoir un meilleur terme ou une meilleure définition à proposer, nous sommes à l’écoute.

De notre point de vue on ne peut pas écarter a priori l’idée qu’une essentialisation du débat, et l’émergence de mouvements identitaires et racialistes pourraient survenir à la faveur de crises du capitalisme. On ne peut donc pas blâmer gratuitement ceux qui s’en inquiètent et de renvoyer cela à du racisme de leur part.

Il faut donc ici rappeler une chose importante : c’est le racisme qui produit la race. Beaucoup de racisé.e.s se considèrent comme blanc.he.s et découvrent leur assignation raciale vers l’adolescence ou dans le monde du travail après avoir vécu sans aucun lien avec la soi- disant culture d’origine liée à leur racialisation.

L’affirmation d’une identité, qu’elle soit ouvrière, raciale ou autre, à travers une culture réelle ou fantasmée, et les positions d’empowerment, si elles peuvent se comprendre comme formes de réaction à la brutalité de l’oppression subie, relèvent pourtant tout autant de la construction.

Certes il peut être tentant, voir politiquement utile à un moment donné, de retourner le stigmate en revendication et de commencer à se construire un lien avec son assignation raciale sur des bases culturelles, en « cherchant ses racines » comme on dit.

Le discours raciste à dominante biologique a produit des formes de résistance qui ont, en retour, investit le terrain du racialisme, comme le suprématisme noir américain.

Pareillement, il peut être intéressant d’émettre l’hypothèse que le discours ethno-différentialiste, en mettant l’accent sur la culture, produit une réaction de surinvestissement de ce terrain, et donne lieu à l’apparition de discours d’empowerment identitaires, mais cette fois ci sur le mode culturaliste.
De notre point de vue il s’agit cependant d’une stratégie obsolète, justement parce que, notamment du fort métissage, le racisme repose de moins en moins sur des identités fixes et bien définies. Il devient donc de plus en plus difficile de prétendre assigner une identité culturelle stable à une catégorie raciale.

Les races comme catégories, qu’on les dise biologiques, culturelles ou même sociales, se révèlent de plus en plus floues tandis que la race, comme système d’assignation, devient de plus en plus précis et concret dans ses manifestations.
On assiste ainsi, en France, à des offensives racistes se manifestant par des dispositifs législatifs ciblant des éléments matériels. On pensera évidemment aux mesures ciblant prioritairement les femmes, et leur habillement (voile à l’école, burkini sur la plage etc.). On pensera également à l’antiterrorisme et aux récentes polémiques sur les « tests de radicalisation » à l’école, pour ne prendre que cet exemple.

Politiquement, ce ne sont pas les catégories (sans cesse changeantes) qui importent mais le système qui les fait exister, les modifie, les remplace par d’autres, et c’est pourquoi les stratégies d’empowerment identitaire nous paraissent obsolètes : les clichés sur la culture d’origine ou les marqueurs physiques ne sont qu’une partie de la racialisation. Etre racisé.e c’est être aussi un.e sauvage, un.e délinquant.e, un.e terroriste potentiel, une menace pour la civilisation, un archaïsme opposé au progrès etc. Il ne s’agit pas simplement de blagues sur le crépu des cheveux ou sur le fait de manger du couscous : les catégories raciales fonctionnent étroitement avec les catégories criminelles et/ou pénales, elles relèvent donc de problématique de gouvernement de la population.

Population qui, dans les sociétés capitalistes, est essentiellement de la force de travail.

Toujours pour prendre cet exemple, le racisme français se focalise notamment sur la question de l’Islam, et le prend pour prétexte à des avancées en matière sécuritaire et antiterroriste, et ces mesures n’impactent pas que les « racisé.e.s ».

Notre hypothèse de travail, qui se veut critique, est que ce que l’on appelle le racisme semble constituer un moment du contrôle social de la force de travail dans les sociétés capitalistes. Rien ne semble indiquer qu’il existera toujours, en tout cas sous cette forme, ni qu’il ne sera pas intégré et/ou dépassé dans des formes de marquage et de contrôle social plus vastes et plus complexes, peut être hétérogènes à celles que nous connaissons actuellement.

 
  iaata  
    khemsa fi 3aynkoum 2017-07-13 22:54    
  [Ce communiqué n'a volontairement pas été envoyé à Marseille Infos Autonomes. En effet, les mots nous manquent pour exprimer notre dégoût face à la non-prise de position pacifiante et anti violence concernant la soirée du 28 octobre à 1000 babords et plus généralement, sur la question des antiracialisateurs. Ne « pas prendre position » dans un débat est en soi une prise de position ; participer à la diffusion d'idées racistes et prétendre construire ainsi « le débat » relève d'une hypocrisie particulièrement prononcée. La peur du conflit dans nos milieux et dans ce silence généralisé nous étouffe. La guerre n'est pas prête de se finir, soyons meilleur à être en conflit. ]

Il y a quelques temps, un autre texte nauséabond de nos comiques préférés, les « antiracialisateurs », est sorti en format bouquin sous le titre « La race comme si vous y étiez ! », signé les amis de Juliette et du Printemps, avec une jolie page internet intitulé « colorblind is beautiful » (on se souvient de leur première blague, déjà, via le titre de leur site « racialisateur go home »).

Très serviables, les potes de Juliette nous y fournissent une liste des lieux où se les procurer ; ça nous démangeait trop, quelques chose à mi-chemin entre la tendance clepto et une forte envie de bégère à la lecture passée de leurs autres textes nous a poussé à en rafler toutes les copies dispo sur marseille, rentrant chez nous le sac-à-dos bien rempli.

Les textes de Juliette et ses potes nous font rire ; pas juste à cause de leur stupidité, mais parce qu'à travers le bourbier raciste que sont leurs textes geignards et misérables, c'est une peur qui dépasse leur contrôle que l'on peut lire. Elle les fait trembler et balbutier des pensées désarticulées qui les ridiculisent. Ils ont peur de leur ombre en pensant voir la notre dans des ruelles étroites, ils ont peur du sourire kabyle, ils ont peur des fantômes d'un passé qu'ils voudraient enterrer et oublier bien trop vite. L'odeur âcre de cette peur nous est parvenu et on s'en pourlèche.

Avis à Juliette, non-fides, la discordia et toute leur clique de petits blancs geignards : vous avez raison d'avoir peur.

À trop vouloir jouer les malins, vous vous êtes crée de mauvais ennemi-e-s, celleux qui n'oublient pas, et qui en ont franchement rien à foutre d'ouvrir un dialogue avec vous. À votre prochaine visite, on cassera vos gueules en plus des vitrines.

Fascistes, autoritaires, censeurs... On se fiche pas mal des noms que vous nous donnerez suite à ce communiqué. Vos notions démocratiques de droit à l'expression libre nous font grimacer de dégoût : vous pouvez bien l'avoir et nous n'allons pas jouer un quelconque rôle de police de la censure. En revanche, en réponse à l'expression libre de votre parole, attendez-vous à l'expression libre de notre violence. Vos attaques verbales rencontreront à présent nos attaques physiques. Œil pour œil, dent pour dent.

Khamsa fi 3aynkoum
 
  khemsa fi 3aynkoum  
    soutien à Houria Bouteldja et à l’antiracisme politique 2017-07-13 22:58    
  Dans le supplément « Idées » daté samedi 10 juin, Jean Birnbaum consacre un article au « malaise croissant dans le mouvement social » face à « l’usage militant des notions comme la “race” ou l’“islamophobie” ». Il y rapporte des propos tenus ici ou là sur les Indigènes de la République et, au-delà, sur l’antiracisme décolonial et politique.

Dans ces allusions, une nouvelle fois, Houria Bouteldja est la cible privilégiée des accusations les plus insensées, qui sont autant de calomnies : racisme, antisémitisme, homophobie… Il semble décidément que ses contempteurs n’aient pas lu son livre Les Blancs, les Juifs et nous [La Fabrique, 2016], se soient arrêtés à son titre sans le comprendre ou à quelques extraits cités à contre-emploi.

La quantité de mélanine présente dans nos peaux, toute dérisoire et arbitraire qu’elle soit, nos origines, cultures, religions ou non, la longue histoire de la colonisation, créent des privilèges et des dominations, conscientes ou non.

L’ouvrage de Pap Ndiaye, La Condition noire [Calmann-Lévy], paru en 2008, n’avait pas fait couler tant d’encre amère. Tout au contraire, il avait été érigé en force intellectuelle du moment. Il montrait que la couleur de peau constitue dans nos sociétés un facteur de différenciation, de disqualification sociale et de discrimination. Il contribuait par là à articuler classe et race, après des décennies marquées par l’illégitimité du sujet. L’accueil chaleureux réservé dans les médias à Pap Ndiaye pourrait-il s’expliquer parce qu’il parlait de Noirs ? Pourtant, s’il y a des Noirs, c’est nécessairement qu’il y a des Blancs. Les Blancs veulent rarement être nommés tels, n’entendent pas voir ce que renvoie ce miroir. Ce ne sont là que des constructions historiques et sociales, mais elles pèsent. Les ignorer empêche de les combattre. La quantité de mélanine présente dans nos peaux, toute dérisoire et arbitraire qu’elle soit, nos origines, cultures, religions ou non, la longue histoire de la colonisation, créent des privilèges et des dominations, conscientes ou non. Houria Bouteldja le décrit avec évidence : « A niveau social équivalent, il vaut toujours mieux être blanc ».

Dans son livre important, complexe et tiraillé, Houria Bouteldja évoque ses propres déchirements comme indigène et Blanche ou, plus précisément, « blanchie » : des poètes et écrivains l’avaient dit aussi, Damas, Césaire, Fanon, tant d’autres. Elle évoque avec pudeur son sentiment d’humiliation devant ses parents qui « faisaient trop pauvres, trop immigrés » ; notre honte est que cette honte soit possible. Son attachement au Maghreb est relié aux juifs qui y vivaient, dont l’absence désormais crée un vide impossible à combler ; il laisse l’auteure « inconsolable ». Et cependant, ses détracteurs enchaînent les contresens comme des perles empoisonnées. Si nous ne nous retrouvons pas dans tous ses arguments ni dans toutes ses positions, ce déchaînement nous est insupportable.

L’antiracisme politique ne se résume nullement à Houria Bouteldja ; ses représentant.e.s peuvent parfois être en désaccord avec tel ou tel de ses choix. Mais ce qui est visé à travers la violence des attaques qui la ciblent, c’est l’antiracisme politique dans son ensemble, c’est-à-dire toute tentative de s’organiser et de lutter pour en finir avec l’oppression. La haine qu’Houria Bouteldja suscite est à la mesure de son courage. Courage de secouer nos bonnes consciences quand nous préférons oublier ce qu’accorde le fait d’être Blancs, ici, en Occident. Courage d’évoquer le combat quotidien des femmes racisées et la lutte des féministes décoloniales. Refus résolu et pour jamais de verser dans l’essentialisme de « l’homme indigène », qui masque si opportunément les violences faites aux femmes partout dans nos sociétés.

Dans le livre d’Houria Bouteldja, « Vers une politique de l’amour révolutionnaire » n’est pas un sous-titre de coquetterie ni une lubie d’éditeur : c’est un appel criant à quitter nos entre-soi, à déserter nos cloisonnements et nos endiguements

Ce n’est certainement pas là une substitution de la question raciale à la question sociale : c’est un croisement, une intersection comme le disent les sciences sociales. Aucune lutte n’est secondaire : le front uni est nécessaire. Il passe par la reconnaissance de toutes les oppressions. Dans le livre d’Houria Bouteldja, « Vers une politique de l’amour révolutionnaire » n’est pas un sous-titre de coquetterie ni une lubie d’éditeur : c’est un appel criant à quitter nos entre-soi, à déserter nos cloisonnements et nos endiguements. Comment peut-on ne pas voir que c’est tout l’opposé d’une guerre ? L’auteure s’adresse aux prolétaires, aux paysans, aux chômeurs, aux laissés-pour-compte, aux « sacrifiés de l’Europe des marchés et de l’Etat ». Elle se tourne vers la gauche, en particulier cette gauche radicale qui aspire à un tout autre monde. Elle veut faire front commun. Elle en appelle enfin à une histoire dénationalisée et déracialisée ; comme l’écrivait C. L. R. James à propos de ses aïeux, lorsque lui aussi s’adressait aux Blancs : « Ils sont mes ancêtres, ils sont mon peuple. Ils peuvent être les vôtres si vous voulez bien d’eux. »

Une telle pensée, qui travaille les catégories existantes pour mieux s’en échapper, est en avance sur son temps, décalée dans son époque. Elle dérange, choque, indigne qui veut lire trop vite et condamner sans procès. Ce ne sera pas la première fois qu’une telle discordance des temps est à l’œuvre : les révolutionnaires, les marxistes, les libertaires, les féministes l’ont toutes et tous éprouvée. Ce combat revient à se délester de nos catégories ; il commence par une prise de conscience. Notre émancipation est à ce prix.

Par
Ludivine Bantigny (historienne),
Maxime Benatouil (co-président de l’Union juive française pour la paix),
Judith Bernard (metteure en scène et journaliste),
Déborah Cohen (historienne),
Christine Delphy (sociologue et militante féministe),
Annie Ernaux (écrivaine),
Fabrice Flipo (philosophe),
Isabelle Garo (philosophe),
Eric Hazan (éditeur et écrivain),
Stathis Kouvelakis (philosophe),
Philippe Marlière (politiste),
Dominique Natanson (co-président de l’Union juive française pour la paix),
Olivier Neveux (universitaire),
Ugo Palheta (sociologue),
Geneviève Rail (universitaire, Simone de Beauvoir Institute and Womens Studies, Canada),
Catherine Samary (économiste),
Michèle Sibony (Union juive française pour la paix),
Isabelle Stengers (philosophe),
Julien Théry (historien),
Rémy Toulouse (éditeur).
 
  antifa  
    image 2017-07-14 13:32    
  de nombreuses personnes qui crient à l'islamophobie sont "Sexiste, fasciste ... " donc cette image est à prendre avec des pincettes  
  image  
    Fusillez Bouteldja ! 2017-07-19 10:35    
  Avons-nous toujours les ennemis qu’on mérite ? En règle générale, il est probable qu’il faille s’y résoudre mais la nouvelle charge éditocratique qui s’est récemment abattue en canon sur Houria Bouteldja nous oblige à reconsidérer sérieusement la question.

Depuis la publication dans Le Monde, le 20 juin, d’une tribune signée par une vingtaine d’intellectuels en défense d’Houria Bouteldja et de l’antiracisme politique (1) – suite à un article retors de Jean Birnbaum publié quelques jours plus tôt (2) – pas un jour n'a vu pointer son zénith sans qu’une tribune indignée, un tweet offusqué ou des paroles outrées n’aient été produits par la clique étendue de nos contempteurs les plus zélés. Citons pêle-mêle quelques-uns de ces frondeurs de salon : Laurent Bouvet, William Goldnadel, Manuel Valls, Alain Finkielkraut, Didier Leschi, Robert Redecker, Élisabeth Lévy, Alexandre Devecchio, Marielle Macé, François Dubet, Jack Dion… À bien considérer cette liste, on pourrait légitimement se demander s’il est vraiment besoin de s’y attarder. Après tout, ce ne sont là que les convulsions têtues d’une fin de règne. De la droite « ultra-républicaine » à la gauche toquée de laïcité bigote, inconditionnellement charliesque jusqu’à la limite infranchissable du crime de lèse-nation (3), , liés de manière éternelle à Israël (4), tous ceux qui se remettent à peine de la gifle reçue par leur éviction du jeu politique dès le premier tour des présidentielles, tous ceux là se sont empressés d’y aller de leur petit commentaire public.

Bien sûr, c’est céder un peu trop rapidement au sarcasme militant que de ne voir dans ce bataillon ultra-républicain qu’un amas de ressentimenteux déchus. Ils signent tous les jours des tribunes dans les journaux de référence (souvent pour dire à quel point ils n’en signent pas assez), défilent sur les plateaux de télévision et n’ont pas cessé de jouir de leur petit rond de serviette dans les officines du pouvoir. Les manettes de ce qui définit le politiquement correct et l’incorrect ne leur ont pas encore été confisquées. Loin de là. Mais l’on ne peut tout de même s’empêcher de voir quelque chose comme un réflexe de survie dans cette spasmodique levée de boucliers. Fin de règne, disions-nous.

Et que l’on s’épargne – de grâce ! – de convoquer les sempiternels monstres gramscistes de l’entre-deux-mondes qui auront traversé désormais toutes les bouches, à l’appui des thèses les plus diverses. L’entre-deux-mondes permanent des rapports de forces impose toujours à la vitalité d’une nouvelle force politique l’épreuve de sa négation en la forme d’une contre-offensive adverse moribonde. Ainsi, s’il est vrai que nous avançons à mesure qu’ils reculent, la bataille n’est jamais linéaire, ni jamais achevée et il faudra nous garder de tomber trop vite dans un optimisme narquois.

Néanmoins, les faits sont là. L’élection d’Emmanuel Macron, – dont on n’éprouve pas pour autant d’espérance particulière –, aura eu ce mérite non-négligeable d’avoir souffleté avec vigueur leurs champions: Manuel Valls pour la gauche ultra-laïque, François Fillon pour la droite ultra-républicaine. Renvoyés tout deux dans les affres de l’infamie, – Pénélope Gate pour l’un, félonie politique ajoutée à l’affaire de la tricherie d’Évry pour l’autre, nos tribuns du Figaro, Marianne et Causeur se retrouvent orphelins d’une incarnation politique crédible. Pire encore, la multiplication des candidatures autonomes issues de l’immigration et des quartiers populaires durant les législatives – dont la percée électorale du candidat Samy Debah, ex-président du CCIF, à Sarcelles – et l’entrée du loup antiraciste dans la bergerie de l’Assemblée nationale, Danièle Obono, ne présagent rien de moins bon pour eux. Ce qui évidemment n’est pas sans conséquence dans la surenchère nationale-républicaine dont ils font preuve, espérant sans doute ainsi conjurer le sort de leur déclin – ce qui, comme s’en amuse souvent la malicieuse Histoire, les y entraîne plus sûrement. Pour saisir la réalité d’un tel diagnostic, il suffit de se pencher à l’évidence sur le contenu des attaques proférées contre Houria Bouteldja et le mouvement qu’elle incarne. Et c’est tout l’embêtant dans cette affaire.

À ce stade, je dois vous faire une confidence. En tant que militante décoloniale, j’ai toujours trouvé à nos « ennemis déclarés » – les nationaux-républicains, patriotes, néocons et laïcards – un certain charme. Sans doute à cause du mépris insolent qu’ils affichaient à l’égard de la moraline proprette de gauche, bonne consciente et bonne pensante, irréprochablement progressiste et qui, toujours à la lutte politique à la loyale, préfère se dérober derrière tantôt un confort moral paternalisant, tantôt un dogmatisme dévot qui hurlait à l’ignominie pour peu qu’on lui chatouillât les narines. Peut-être aussi, étais-je troublée par cette propension que nous avions alors en commun d’appeler un chat un chat et de ne pas trembler devant le verbe – ce qui parfois nous faisait tenir quasiment les mêmes phrases dont nous tirions cependant l’un et l’autre des conclusions radicalement opposées. Comme illustration efficace, je rappellerais « la France de race blanche » de Nadine Morano, formule que nous aurions pu cosigner mais qui, bien sûr, de notre point de vue recouvrait une réalité sociale qui justifiait alors notre action politique quand elle était, dans la bouche de Morano, une revendication de conservation proprement raciste.
Autre exemple, la rhétorique du « grand-remplacement » que la gauche traditionnelle se fatigue à démonter à coup de relativisation de la puissance démographique postcoloniale alors qu’elle est devenue un mot de ralliement, volontairement charrieur, – faut-il vraiment préciser que les décoloniaux ne sont traversés par nul occulte projet d’éradication biologique ? Allons, par les temps qui courent, mille précautions en valent mieux qu’une ! – un slogan que les « grands-remplaçants » de l’antiracisme politique s’attribuent volontiers. Par là, ils veulent signifier non pas que les Noirs et les Arabes tyranniseront un jour la planète mais que, l’histoire et la maturité politique aidant, les milieux de l’immigration finiront bien par constituer une force politique assez conséquente pour renverser et remplacer ce système racialisé au profit d’un monde plus égalitaire, où les races sociales n’organiseraient plus hiérarchiquement la société. Autrement dit, une société effectivement sans races.

Ainsi, l’idée fantasmée de débattre avec des ennemis qui n’auraient pas peur de discuter du fond du problème, assumant à l’occasion un clivage d’intérêts clair et revendiqué me semblait (naïvement) plus enthousiasmante que l’idée d’une interminable circonvolution sémantique et principielle avec — pardonnez-moi l’expression – des gauchistes flippés d’eux-mêmes.

La « polémique Houria Bouteldja », a rompu le charme. Je suis désormais persuadée d’une chose : Houria Bouteldja mérite mieux. Qu’on s’entende bien, je ne dis pas qu’elle ne devrait pas être l’objet d’une controverse passionnée – sans la polémique, la politique serait une erreur – ce que je dis, c’est qu’elle mérite des adversaires à sa hauteur. Et, croyez-le ou non, le manque de ces derniers, quand il ne m’engouffre pas dans un ennui abyssal, me désole profondément. Je sais ce sentiment partagé par les militants ou sympathisants de mon espèce. Il y a dans les réponses formulées ici et là aux attaques qui nous sont adressées sous la forme de « ah » et de « oh » indignés, l’expression d’une lassitude collective. Disons-le plus simplement : aucune, sans exception, des attaques proférées récemment à l’encontre d’Houria Bouteldja et son livre Les Blancs, les Juifs et Nous. Pour une politique de l’amour révolutionnaire n’a été autre chose que malhonnêteté intellectuelle, bêtise crasse, manipulation, et indignation boursoufflée. Je m’attarderai sur ce dernier jugement : l’indignation boursoufflée. Car si ces ennemis déclarés, que jusqu’ici ma nature jouteuse aimé détester, ont perdu de leur faste, c’est précisément à cause de cet affolement hébété, cette hypersensibilité pleurnicharde de petits rois outragés qui les pousse à juxtaposer tous les superlatifs de l’indignation mondaine sans jamais oser nous affronter sur le fond : « c’est infâme », « c’est ignoble », « c’est horrible », « comment cela est-il possible ?! », « combien de temps devons-nous supporter cela ?! ». Les cris d’orfraie étant poussés, il n’est dès lors plus question de discuter. Et les conséquences d’une telle posture fin-de-non-recevoiriste posent immanquablement les jalons du terrorisme intellectuel à l’endroit où Laurent Bouvet s’émeut du « crime contre la pensée » (5) que le soutien à Houria Boutedja signifierait.

En vérité, cela est à peine une stratégie. Les âmes de bonne foi se disputent souvent l’interprétation d’une telle censure : font-ils exprès de lire l’exact opposé de ce qui est écrit, de tronquer, mutiler, déformer les propos d’Houria Bouteldja ou sont-ils si étriqués pour ne rien comprendre de la rationalité d’une pensée qui s’élabore en-dehors de leur logiciel politique ? Ont-il une claire conscience de leurs intérêts menacés – leurs petits privilèges – ou bien pensent-ils vraiment qu’Houria Bouteldja est raciste, antisémite, homophobe, sexiste ? Et tout cela sans jamais avoir été condamnée ? Ou bien encore pensent-ils qu’elle est assez fine pour être tout cela en creux, dans un implicite malin où les lois ne peuvent venir la débusquer ? De toute évidence, il y a un peu de tout cela dans cette chasse à la sorcière. Je ne crois pas qu’ils ne croient pas ce qu’ils disent, hormis quelques malentendus feints et contre-sens délibérés. Le livre d’Houria Bouteldja n’a rien d’intuitif. Il ne caresse pas les consciences satisfaites. Il les gifle sans ménagement. Pour certains, le traitement est efficace. « Ça fait du bien », comme après une douche glaciale. Pour d’autres, c’est l’outrage. Comment ose-t-elle ? Pourquoi tant de haine ? Trop sonnés par un courant qu’ils n’ont pas vu arriver, ils n’ont pas eu le temps de renouveler leurs défenses. Le sens de l’histoire a changé quand ils avaient le dos tourné. Les sujets postcoloniaux et les quartiers populaires ont mûri. Ils savent prendre à leur charge la défense de leurs intérêts. Il en est même qui prétendent faire de la politique et proposer à ce pays un projet digne de notre époque. La contre-révolution coloniale, lancée sous les oripeaux de la 5e République, est de plus en plus tourmentée. L’antiracisme politique, bannière derrière laquelle se rassemblent nombre de collectifs, organisations, leaders d’opinions autonomes issus de l’immigration et des quartiers, avance habilement ses pions, bouscule une partie de l’extrême-gauche pour faire des alliances stratégiques comme une vraie force organisée. Les deux marches de la dignité, en 2015 et en 2017, ont rassemblé près de 30 000 personnes dans les rues de Paris contre les violences policières et le racisme d’État. Amal Bentounsi, porte-parole du collectif Urgence Notre Police assassine, vient de faire condamner le policier qui a tué son frère, après une interminable bataille judiciaire et politique. Le CCIF recrute de plus en plus d’adhérents désireux de lutter efficacement contre l’islamophobie structurelle. Le collectif afro-féministe Mwasi sort victorieux d’un bras de fer engagé avec la maire de Paris Anne Hidalgo qui voulait interdire le festival Nyansapo, la ridiculisant au passage. Danièle Obono, incarnation d’un espoir de basculement de l’extrême-gauche vers l’antiracisme, refuse de s’écrier « Vive la France » et jouit du soutien de toute sa famille politique qui n’a pas tardé à riposter pour la défendre. Les avancées décoloniales sont incontestables et Houria Bouteldja participe de cette force. Élaborant les contours stratégiques et conceptuels de cet antiracisme décolonial, elle en est l’une des intellectuelles organiques les plus engagées. En cela, elle doit être terrassée sans aucune forme de procès.

Pour ceux-là qui ont hurlé avec les loups et pour d’autres qui ont toujours veillé à maintenir un cordon sanitaire autour du Parti des Indigènes de la République, Houria Bouteldja est l’incarnation du mal radical, une monstruosité politique, une apatride catégorielle sans attache. Elle n’est ni à gauche, ni à droite. Ni à l’extrême-gauche, ni à l’extrême droite. Ni au centre ni dans les limbes soraliennes. Ni anticapitaliste, ni libérale. Ni progressiste ni rétrograde. Ni mondialiste ni patriote. En tant que figure du Mal, elle impose une déroute aux déterminations logiques qui permettent d’établir un chef d’accusation. Elle est coupable de tout, c’est-à-dire de rien. Et c’est sans doute cela que la construction du « démon Houria Bouteldja » a de plus intéressant. Les philosophes qui ont étudié la question du « mal » savent comme il passe rapidement du statut d’accusé à celui d’accusateur. Ils disent : comment expliquer que le bien, au nom duquel on prétend accuser le mal, n’ait pas été assez bien pour évincer ce mal ? Traduction : comment expliquer que cette République si parfaite au nom de laquelle les amis de Finkielkraut condamnent Houria Bouteldja ait pu produire Houria Bouteldja ? Comment est-il possible que les valeurs si rondement pleines de la République aient permis qu’émerge un jour une figure politique qui vient à les nier ? On m’accusera de rhétoriser mais il est peu d’occasion où la philosophie nous permette de saisir aussi bien la réalité. Chez Spinoza, par exemple, le mal c’est à la fois ce que l’on peut accuser impunément, sans risque, et un aveu d’impuissance. La préoccupation du mal traduirait ainsi une pensée régressive, celle d’une âme diminuée dans sa puissance d’agir et qui régresse de l’action, de l’intelligence et du savoir. Si j’étais taquine, je parlerais de « crime contre la pensée ».

Qui donc blâme se blâme. Et Houria Bouteldja ne s’appartient plus. Elle est désormais sa cause et quiconque feint de ne pas le comprendre, préférant user de mille détours pour ne pas avoir à se solidariser tout à fait n’amoindrit les risques de son engagement qu’à court terme. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’elle dit, mais je soutiens Houria Bouteldja – a-t-on jamais eu besoin d’apporter une telle profession de foi pour exprimer son soutien à une personne ? Quelqu’un a-t-il vraiment pensé un jour que soutenir Houria Bouteldja, c’est soutenir chacun de ses soupirs et de ses silences ? À moins d’accorder quelque crédit à certaines thèses détraquées qui fantasment Houria Bouteldja comme un gourou. Qu’on ne se méprenne pas, je n’accuse pas ceux qui ont le courage de se mouiller de ne pas plonger dans l’eau. Cependant, il n’est pas inutile de relever ce chantage à la respectabilité qui veut maintenir Houria Bouteldja dans l’isolement le plus complet. « La radicale solitude, le rejet qui force à vivre dans l'abjection, l'implacable censure, la clandestinité, (…) sont les stigmates de l'intellectuel engagé, marques douloureuses de sa grandeur. »(6) Et c’est Robert Redecker qui le dit ! Celui-là même qui reproche aux intellectuels comme Annie Ernaux d’avoir fait le choix du confort en se solidarisant avec Houria Bouteldja, encanaillés à l’engagement politique sans risque. Un confort qui leur a valu d’être la cible répétée d’un tir groupé de l’intelligentsia française. Remarquez, peut-être que Robert Redecker s’imagine vivre, lui, dans l’abjection et l’implacable censure. L’art de la faire à l’envers : à ce jeu-là, ils sont champions.

Heureusement, il arrive parfois qu’une rose éclot au milieu des épines. Et parmi les torchons larmoyants et grotesques du Figaro, Marianne, Causeur et du Monde, Claude Askolovitch aura sauvé l’honneur. Fidèle à sa clairvoyance habituelle, – celui avec qui nos désaccords passés ne nous empêchent pas de reconnaître le courage avec lequel il négocie son « tournant » idéologique – n’aura pas signé de papier sur l’affaire Houria Bouteldja. C’était sans doute trop espéré. En revanche, il a publié une tribune remarquable sur l’affaire Danièle Obono, incontestablement ce qui s’est dit de mieux. (7) Qu’il me pardonne que j’ose prétendre accélérer sa marche en invitant mes lecteurs, en guise de conclusion, à méditer sur ses propos : « On peut être en désaccord avec Madame Obono, la récuser politiquement, la disputer, en détail ou globalement, la soutenir en conscience. Mais la nier est une hérésie, et souhaiter qu’elle disparaisse, une infamie hypocrite. Ce qui la justifie existe, et sans elle, qui en parle? Cela fait partie du pays. (…) On ne prendra pas Madame Obono comme l’expression de la vérité ultime des noirs en France. Mais comme une parole politique, d’opposition fondamentale, fondamentale comme le nègre de l’immense Césaire, qui pouvait aussi bien mettre à nu la France que l’aimer et lui donner des mots. Au mieux de son assouplissement, Danièle Obono pourra être une Taubira plus immédiate. Ou elle ne s’assouplira pas, et ce sera aussi bien. »

Un jour peut-être, Monsieur Askolovitch, vous oserez remplacer dans ce passage si bien senti « Madame Obono » par « Madame Bouteldja » et ce sera aussi bien.

Louisa Yousfi



1) Vers l’émancipation, contre la calomnie. En soutien à Houria Bouteldja et à l’antiracisme politique
 http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/06/19/vers-l-emancipation-contre-la-calomnie-en-soutien-a-houria-bouteldja-et-a-l-antiracisme-politique_5147623_3232.html

2) La gauche déchirée par le « racisme antiraciste »
 http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/06/09/la-gauche-dechiree-par-le-racisme-antiraciste_5141086_3232.html?xtmc=houria_bouteldja&xtcr=2

3) Céline Pina : «Nique la France» : peut-on être député d'une nation que l'on déteste?
 http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/06/22/31003-20170622ARTFIG00289--nique-la-france-peut-on-etre-depute-d-une-nation-que-l-on-deteste.php

4) Manuel Valls : « Je suis lié de manière éternelle à Israël »
 https://oumma.com/manuel-valls-je-suis-lie-de-maniere-eternelle-a-israel/

5) Bouvet : « Que des universitaires défendent Houria Bouteldja est un crime contre l'esprit »
 http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/06/23/31003-20170623ARTFIG00122-bouvet-que-des-universitaires-defendent-houria-bouteldja-est-un-crime-contre-l-esprit.php

6) Affaire Houria Bouteldja : la pétition, hologramme de « l'intellectuel de confort »
 http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/06/23/31003-20170623ARTFIG00337-affaire-houria-bouteldja-la-petition-hologramme-de-l-intellectuel-de-confort.php

7) Niquer la France n'est pas rédhibitoire
 http://www.slate.fr/story/147543/obono-nique-la-france

 
  Haro !  
    tur-fu 2017-07-19 15:17    
  qui soutient les fascistes et autoritaires musulman-e-s s'en mordra les doigts  
  tur-fu  
    certes, certes... 2017-07-23 20:00    
  en effet tur-fu...ces connards sont d'une naiveté pathétique  
  sehja  
  > Ajouter un commentaire  
 
Prends l'information en mains
Text Paraphysique de la haine
25-07-2017 06:11 - Patrice Faubert
Text Paraphysique de pathognomonie
23-07-2017 09:07 - Patrice Faubert
Text Stéréotypie des idéologies dominantes
20-07-2017 07:24 - Patrice Faubert
Text L'anarchie contre l'idéologie
17-07-2017 06:01 - Patrice Faubert
Text L'anarchie contre l'idéologie
17-07-2017 05:58 - Patrice Faubert
Image Misère du « subversivisme »
17-07-2017 04:20 - Freddy GomeZ
Text libertaires, l’intersectionnalité, les races, l’islamophobie
17-07-2017 00:58 - http://www.grand-angle-libertaire.net
10 commentaires
Text Biomorphisme anéchoïque
15-07-2017 09:34 - Patrice Faubert
Text « races sociales », racialisme, racisme
13-07-2017 13:40 - LadJ&dprintemps
7 commentaires
Text Impostures d'impostures
13-07-2017 06:19 - Patrice Faubert
Text Oui la race ça nous agace et ça nous emmerde !
12-07-2017 13:05 - Antifascistes multiculturalistes et internati
8 commentaires
Image Les Français juifs seraient-ils des citoyens à part ?
11-07-2017 09:22 - UJFP
1 commentaire
Text Enfants du smartphone, enfants de l'iPhone
10-07-2017 05:33 - Patrice Faubert
Text Paraphysique de blablalogie
09-07-2017 08:01 - Patrice Faubert
Text Houria Bouteldja Je combats mon intégration
08-07-2017 00:46 - Olivier Mukuna
5 commentaires
Text L’homme (de gauche) qui croyait à la barbarie
07-07-2017 17:34 - Najate Zouggari
3 commentaires
Text Défendre la liberté d’expression partout en France !
07-07-2017 13:11 - Khamsa fi 3aynkoum
5 commentaires
Text Paraphysique des cerveaux nazifiés
07-07-2017 06:00 - Patrice Faubert
Text Paraphysique de la synarchie
05-07-2017 09:49 - Patrice Faubert
Text Députés macronistes qui n'ont rien à envier au FN
03-07-2017 13:45 - Jerôme Martin
2 commentaires
Image Cinq réponses au « débat sur l’identité nationale »
03-07-2017 13:35 - Pierre Tevanian, Sylvie Tissot
3 commentaires
Text Insupportable ingérence du CRIF
03-07-2017 13:26 - AFPS
Text Manifeste pour un antiracisme politique
03-07-2017 10:55 - Eric Fassin
3 commentaires
Text Biopsychosociologie de la vie marchande ou Pornification
03-07-2017 05:50 - Patrice Faubert
Text Emmanuel Macron soutient la légitimité de Bachar Al-Assad
01-07-2017 17:01 - Revolution et libertés
1 commentaire
Text L’anti-racisme dit « politique » : normalisation, religiosit
30-06-2017 10:27 - Fleurs
2 commentaires
Text Les résultats de l'islam politique aux législatives 2017 [Fr
30-06-2017 10:21 - Carla Parisi
Text Homophobie décoloniale : Être l’homo du PIR, ou ne pas l’êtr
30-06-2017 09:41 - Les amis de Juliette et du printemps
2 commentaires
Text Les positions bourgeoises de l’UJFP
30-06-2017 09:33 - -
6 commentaires
Text Les soupapes de sécurité
30-06-2017 06:28 - Patrice Faubert
Image Être Sioniste & Antisémite
29-06-2017 14:48 - YASSER LOUATI
6 commentaires
Text Utiliser le mot « race » ?
29-06-2017 14:40 - mignon chaton
3 commentaires
Image Gaza : un crime contre l'humanité
29-06-2017 14:28 - Bureau national de l’UJFP
2 commentaires
Text Soutien à Houria Bouteldja et à l’antiracisme politique
29-06-2017 13:32 - UJFP
Image Non, l’antiracisme politique n’est pas racialiste !
29-06-2017 13:23 - Les ennemis de Juliette
Text Halitose
27-06-2017 06:27 - Patrice Faubert
Text Verbatim
25-06-2017 07:48 - Patrice Faubert
Text Assemblée en mixité révolutionnaire et non-mixité de classe
24-06-2017 01:45 - révolutionnaires contre le racialisme et son
2 commentaires
Image Une note de lecture critique de « La fabrique du musulman»
22-06-2017 23:33 - souslaplagelespaves.noblogs.org
3 commentaires
Text Allo ?
22-06-2017 11:24 - Faubert Patrice
Image La non-mixité : une nécessité politique
21-06-2017 15:09 - anti-sexisme
1 commentaire
Image Gaza : vers un nouveau massacre, pire que les précédents
21-06-2017 14:17 - Gideon Levy
Text Contre obsession religieuse raciale - fabrique du « musulman
21-06-2017 14:10 - Nedjib Sidi Moussa
7 commentaires
Text Le fantôme d'Ernest Coeurderoy
20-06-2017 06:39 - Patrice Faubert
Text Psychosomatique de radioactivité
18-06-2017 09:51 - Patrice Faubert
Text La fausse conscience, conscience de l'imposture
16-06-2017 07:11 - Patrice Faubert
Image L’ islamisme n’ est pas une Religion !
15-06-2017 18:24 - Des portes paroles du collectif
7 commentaires
Image L’islamophobie n’est pas une opinion
14-06-2017 22:02 - iaata
1 commentaire
Text Déficit informationnel ou mur de Kardashev
14-06-2017 09:46 - Patrice Faubert
Text Décines : pas d’islamistes au centre culturel !
14-06-2017 01:46 - collectif "ILS N’AURONT PAS NOTRE SILENCE "
3 commentaires
>> Archives newswire <<