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Qu'est-ce que le marxisme ? |
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Theme(s)
Anticapitalisme / Antiglobalisation -
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17-10-2009 09:41
Auteur : Un sympathisant du CCI
:: : http://internationalism.org/500/
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Qu'est-ce que le marxisme ? |
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Ces derniers mois, ont fleuri sur les rayons des librairies des couvertures aux titres tapageurs sur lesquelles s’étalaient de grands portraits de Marx. Il y en a eu pour tous les goûts. Le biblique : “Marx est toujours vivant”. Le classique : “Marx, le retour” . L’emphatique : “Marx, les raisons d’une renaissance”. Le répétitif en manque d’imagination : “Le grand retour de Marx”. Ou le sobre mais en lettre majuscule : « MARX »1. Tous ces magazines, à leur façon et en pimentant le tout de quelques critiques, ont encensé le génie de ce « grand penseur » !
Cet amour soudain peut surprendre. Il y a quelques années encore, Marx était présenté comme le diable ! Françoise Giroud a d’ailleurs même écrit une biographie de Jenny Marx, la femme de Karl, en titrant tout bonnement : « Jenny Marx ou la femme du diable » ! C’est à lui qu’on devait les horreurs du stalinisme, les camps de travail en Sibérie et en Chine, les dictatures sanguinaires de Ceausescu ou de Pol Pot.
Alors pourquoi ce revirement ? C’est que la crise économique est passée par-là. La situation actuelle inquiète profondément la classe ouvrière. Et une partie d’entre elle, une petite partie, essaye de comprendre pourquoi le capitalisme est moribond, comment résister à la dégradation des conditions de vie, comment lutter et surtout – ce qui est le plus difficile aujourd’hui – savoir si oui ou non un autre monde est possible… Et tout naturellement, quelques-uns se tournent vers Marx. Les ventes du Capital ont d’ailleurs dernièrement connu un certain regain. Il ne s’agit pas d’un phénomène massif concernant toute la classe ouvrière mais quand même, ce début de réflexion minoritaire, et parfois souterrain, inquiète la bourgeoisie. La classe dominante a horreur que les ouvriers se mettent à penser par eux-mêmes ! Elle s’empresse toujours de les gaver de sa propagande, de ses mensonges et, aujourd’hui, de sa vision de Marx, de sa vision du marxisme.
Présenter Marx comme le diable ne suffisant plus aujourd’hui à repousser de son œuvre les plus curieux, la bourgeoisie a été contrainte de changer de tactique. Elle s’est faite doucereuse, aimable et révérencieuse, voire louangeuse avec le vieux barbu… pour mieux le dénaturer et le réduire à une icône inoffensive comme la momie de Lénine !
A en croire tous ces magazines, Marx était un génie de l’économie (n’avait-il pas dénoncé, bien avant Benoît XVI, le rôle funeste de l’argent, principal vecteur de l’injustice ?), un grand philosophe, un grand sociologue et même un précurseur de l’écologie ! La bourgeoisie est aujourd’hui prête à reconnaître tous les talents à Marx, tous sauf un, qu’il était un grand révolutionnaire, un combattant de la classe ouvrière ! Et le marxisme est une arme théorique forgée par la classe ouvrière pour renverser le capitalisme ! Ou, pour reprendre une expression de Lénine « Le marxisme est la théorie du mouvement libérateur du prolétariat. »2.
"Marx gagné au marxisme par la classe ouvrière !"
Marx n’est pas né communiste. Il l’est devenu. Et c’est la classe ouvrière qui l’y a « converti ». Jeune, Marx était même très critique envers les théories communistes. Voici ce qu’il en disait :
• On « ne saurait accorder aux idées communistes sous leur forme actuelle ne fût-ce qu'une réalité théorique, donc moins encore souhaiter leur réalisation pratique, ou simplement les tenir pour possibles »3.
• Ou encore, le communisme est « une abstraction dogmatique »4.
Au début, Marx jugeait donc les « idées communistes » idéalistes et dogmatiques. Pourquoi ?
Depuis qu’il y a des opprimés sur terre, les hommes rêvent d’un monde meilleur, d’une sorte de paradis sur terre, d’une communauté où tous les hommes seraient égaux et où régnerait la justice sociale. C’était vrai pour les esclaves. C’était vrai pour les serfs (les paysans). Dans la grande révolte de Spartacus contre l'Empire romain, les esclaves révoltés ont tenté d’établir des communautés. Les premières communautés chrétiennes prêchaient la fraternité humaine universelle et ont tenté d'instituer un communisme des biens. John Ball, l'un des leaders de la grande révolte des paysans en Angleterre en 1381 (et il y a eu de nombreuses révoltes paysannes contre le féodalisme) disait : « Rien ne pourra aller bien en Angleterre tant que tout ne sera pas géré en commun ; quand il n'y aura plus ni lords, ni vassaux… ». Seulement, il ne pouvait s’agir chaque fois que d’un beau rêve. Sous la Grèce ou la Rome antiques, au Moyen-Age, bâtir un monde communiste était impossible. Tout d’abord, la société ne produisait pas suffisamment pour satisfaire l’ensemble des besoins. Il ne pouvait y avoir qu’une minorité, qui en exploitant la majorité, pouvait vivre « confortablement ». Ensuite, il n’existait pas de force sociale suffisamment puissante pour bâtir un monde égalitaire : les esclaves ou les paysans ne pouvaient que se faire massacrer à chaque révolte. Bref, les « idées communistes » ne pouvaient être qu’utopiques.
Et la classe ouvrière, en tant que classe elle-aussi exploitée, a repris à son compte ces vieux rêves. Au 18è et au début du 19è siècles, elle a, en Angleterre, et surtout en France, tenté d’instaurer de-ci de-là des communautés. Des penseurs ont essayé d’élaborer, à partir de leur imagination, un monde parfait. C’est d’ailleurs pour ça qu’à « utopique », Marx ajoutait l’adjectif « dogmatique ». Ces « idées communistes » étaient « dogmatiques » parce qu’inventées de toute pièce à partir d’idéaux intemporels et immuables comme la Justice, le Bien, l’Egalité… elles ne se construisaient pas peu à peu, avec un aller-retour permanent entre la réalité matérielle et le cerveau des hommes mais la réalité était priée de se plier aux exigences de la pensée et à ses désirs de Justice, d’Egalité…
Mais alors, pourquoi Marx va-t-il finalement vouer sa vie au combat pour le communisme ? En fait, voir ce qu’est la classe ouvrière et vivre ses grèves, vont totalement le bouleverser. A travers les luttes des tisserands de Silésie de 1844 ou de celles du prolétariat, un peu plus tard, en France en 1848, Marx va découvrir ce qu’est la classe ouvrière, ce qu’est son combat. Et il va voir dans la réalité de ce combat le moteur indispensable à la transformation du monde, une promesse vivante pour l’avenir, une possibilité pour la première fois réelle d’aller vers le communisme. Voici quelques lignes qui montrent à quel point Marx fut frappé par ce qu’il vécut : « Lorsque les ouvriers communistes se réunissent, leur intention vise d'abord la théorie, la propagande, etc. Mais en même temps ils s'approprient par-là un besoin nouveau, le besoin de la société toute entière. (…). La compagnie, l'association, la conversation qui vise l'ensemble de la société les comblent ; pour eux la fraternité humaine n'est pas une phrase, mais une vérité, et, de leurs figures endurcies par le travail, la noblesse de l'humanité rayonne vers nous »5.
C’est un peu lyrique mais ce que voit Marx ici c’est que, contrairement aux classes exploitées du passé, le prolétariat est une classe qui travaille de manière associée. Cela veut dire, pour commencer, qu'elle ne peut défendre ses intérêts immédiats que par le moyen d'une lutte associée, en unissant ses forces. Mais cela veut dire aussi que la réponse finale à sa condition de classe exploitée ne peut résider que dans la création d'une réelle association humaine, d'une société fondée sur la libre coopération. Et surtout, cette « association » a pour la première fois « les moyens de ses ambitions » car elle peut s’appuyer sur les énormes progrès apporté par l'industrie capitaliste. Techniquement, l’abondance est possible. Avec les progrès apportés par le capitalisme, il est possible de satisfaire les besoins de toute l’humanité. C’est tout cela que Marx a vu grâce à la classe ouvrière.
"Le marxisme est une arme théorique qui ne pouvait être forgée que par la classe ouvrière"
Pour résumer, Marx, mais aussi évidemment Engels, en se plaçant du point de vu de la classe ouvrière et en faisant leur son combat révolutionnaire, en comparant d’un côté le potentiel du prolétariat et de l’autre les crises et les contradictions qui frappent le capitalisme, sont peu à peu parvenus à comprendre que le communisme devenait à la fois possible et nécessaire. Possible et nécessaire grâce :
1.au développement des forces productives, à l’échelle mondiale, sans lequel il ne peut y avoir d'abondance ni de pleine satisfaction des besoins humains ;
2.à la naissance du prolétariat, première classe exploitée qui, en affrontant ce capital mondial, sera conduit à être le fossoyeur du vieux monde ;
3.à la nature forcément éphémère du capitalisme.
Marx et Engels n’auraient jamais compris tout cela s’il n’avait pas été, avant tout, des combattants de la classe ouvrière ! En effet, seule une classe dont l'émancipation s'accompagne nécessairement de l'émancipation de toute l'humanité, dont la domination sur la société n'implique pas une nouvelle forme d'exploitation mais l'abolition de toute exploitation, pouvait avoir une approche marxiste de l’histoire humaine et des relations sociales. Toutes les autres classes en étaient, et en sont encore, forcément incapables. On l’a déjà dit, pour les esclaves ou les serfs, un autre monde ne pouvait être qu’imaginaire. Leur démarche, leur pensée, ne pouvait donc être à fortiori qu’utopiste, idéaliste. Quant aux classes dominantes, les maîtres, les nobles ou les bourgeois, il leur était et il leur est toujours impossible de regarder en face la réalité, d’étudier objectivement l’évolution de l’histoire humaine et leur propre monde car sinon ils seraient irrémédiablement contraints de voir que leur classe, leur monde, leurs privilèges étaient ou sont condamnés à disparaître.
La noblesse se croyait investie d’un devoir divin et donc éternel. Comment pouvait-elle comprendre quoi que ce soit à l’évolution des sociétés humaines ?
Un autre exemple, plus concret et d’actualité celui là. Marx est aujourd’hui salué par tous les économistes qui cherchent dans son célèbre Capital des solutions pour faire face à la crise actuelle. Cela ressemble fort à la quête du Graal, vaine et irrationnelle. Ces économistes pourront lire, et relire encore, toutes les pages du Capital, les tordre dans tous les sens, il n’en sortira pas une seule goutte d’eau de jouvence permettant au capitalisme de rester éternellement jeune. Au contraire ! Si Marx s’est plongé dans l’économie, c’est justement pour comprendre par quels mécanismes le capitalisme est rongé de l’intérieur et donc condamné à périr. Il ne s’agissait pas pour lui de trouver des remèdes aux maladies du capitalisme mais de le combattre et de préparer son renversement. Tous nos docteurs es sciences, et autres spécialistes de l’enfumage idéologique, ne pourront jamais rien comprendre aux ouvrages économiques de Marx car ses conclusions leur sont forcément inacceptables et même insoutenables !
Adopter une démarche scientifique et objective sur la question de l’histoire des sociétés humaines, sur la question sociale, signifie percevoir qu’il y a eu le communisme primitif, puis l’esclavagisme, puis le féodalisme, puis le capitalisme (et peut être ensuite le communisme) parce que nos capacités productives évoluaient, parce que donc la façon dont la société devait s’organiser pour produire – nos rapports de production – devaient évoluer de pair et qu’enfin tout cela s’est incarné à travers l’histoire de la lutte des classes. On comprend pourquoi le marxisme – cette « démarche scientifique et objective sur la question de l’histoire des sociétés humaines et sur la question sociale » - est forcément inaccessible à la bourgeoisie… Tout simplement parce que la conclusion logique de cette approche est que le capitalisme doit disparaître et les privilèges de la bourgeoisie avec !
"Le marxisme : une méthode scientifique révolutionnaire et vivante"
En nous parlant aujourd’hui, à tort et travers, de Marx et du marxisme, c’est tout cela que la bourgeoisie tente de cacher derrières ses mensonges et ses falsifications. Comme disait Lénine, « Les grands révolutionnaires ont toujours été persécutés durant leur vie : leur doctrine a toujours été en butte à la haine la plus féroce, aux campagnes de mensonge et de diffamation les plus ineptes de la part des classes oppresseuses. Après leur mort on tente de les convertir en icônes inoffensives, de les canoniser pour ainsi dire, d'entourer leur nom d'une auréole de gloire pour la consolation des classes opprimées et pour leur duperie, en même temps qu'on émascule la substance de leur enseignement révolutionnaire, qu'on en émousse le tranchant, qu'on l'avilit »6. Cette fin de phrase est particulièrement appropriée à la propagande actuelle : « …on émascule la substance de leur enseignement révolutionnaire, on en émousse le tranchant, on l'avilit ».
Nous devons donc, nous, au contraire affirmer que Marx était un combattant révolutionnaire. Et même plus : seul un militant révolutionnaire peut être marxiste. Cette unité entre la pensée et l'action est justement un des fondements du marxisme. C’est aussi ce que disait Marx : « Jusqu'ici les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières; il s'agit maintenant de le transformer »7 ! ou encore « Les conceptions théoriques des communistes ne reposent nullement sur des idées, des principes inventés ou découverts par tel ou tel réformateur du monde. Elles ne sont que l'expression générale des conditions réelles d'une lutte de classe existante, d'un mouvement historique qui s'opère sous nos yeux »8.
Le marxisme n’est ni une discipline universitaire ni une énième théorie sage et bien inoffensive, ni une utopie, ni une idéologie, ni un dogme. Au contraire ! Nous reprendrons ici le style flamboyant de Rosa Luxembourg en finissant par cette dernière citation : « Le marxisme n’est pas une chapelle où l’on se délivre des brevets d’ « expertise » et devant laquelle la masse de croyants doit manifester sa confiance aveugle. Le marxisme est une conception révolutionnaire du monde, appelée à lutter sans cesse pour acquérir des résultats nouveaux, une conception qui n’abhorre rien tant que les formules figées et définitives et qui n’éprouve sa force vivante que dans le cliquetis d’armes de l’autocritique et sous les coups de tonnerre de l’histoire. »9.
Pawel - Courant Communiste International
1 Respectivement : Challenges (décembre 2007), Courrier International (juillet 2008), le Magazine Littéraire (octobre 2008), Le Nouvel Observateur (août 2009), Le Point (spécial hors-série de juin/juillet 2009).
2 La faillite de la 2è Internationale, 1915.
3 Le communisme et la Allgemeine Zeitung d'Augsbourg.
4 Lettre à Ruge.
5 Manuscrits philosophiques et économiques de 1844.
6 Lénine, L'Etat et la Révolution.
7 Thèses sur Feuerbach.
8 Le Manifeste communiste.
9 Rosa Luxembourg, L'accumulation du capital.
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Quand Marx, Engels, Lénine "flinguaient" les anarchiste |
2009-10-19 13:50 |
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http://endehors.org/news/quand-marx-engels-lenine-flinguaient-les-anarchistes
Guy Q. (dit Justhom) a mis des guillemets à « flinguaient ». Il aurait peut-être pu s’en passer vu que Vladimir Illich Oulianov, autrement dit Lénine, le verbe fusiller, il savait le conjuguer et à tous les temps encore, quoiqu’il ait eu une préférence marquée pour l’impératif présent ! Ainsi flinguer, ce n’est pas au sens figuré qu’il faut le prendre avec le tsar rouge mais bien au sens premier ! Cependant la vérité historique (les grands mots, ça fait bien dans le tableau) nous oblige à reconnaître que Marx et Engels n’ont pas de sang sur les mains. Ce n’était peut-être pas l’envie qui leur manquait mais on ne va pas réécrire l’Histoire pour se donner raison. On peut toujours dire que, contrairement au satrape rouge, ils n’ont pas eu l’occasion d’exercer le pouvoir à leur façon, les faits sont là. On estimera, à juste titre, qu’ils ont une responsabilité morale puisque leurs théories et pratiques déjà dénoncées de leur vivant comme lourdes de dangers ont engendré les Staline, Mao, Pol-Pot et autres assassins de masse, il n’empêche que… Va donc pour les guillemets, même si c’est tentant de les enlever !
Pour autant, le mot flinguer ne nous gêne pas parce que c’est bien de cela dont il est question : feu sur les anarchistes ! Tel était l’un de leurs mots d’ordre préféré ! Et c’est le but de cette brochure que d’en causer. Elle n’a pas la prétention d’être exhaustive et de faire le tour complet du sujet. Simplement, derrière le coup de gueule, car c’en est aussi un, il s’agit de montrer que cette querelle (et le mot n’est pas assez fort vu son importance et les conséquences sur le mouvement ouvrier) entre les marxistes et les anarchistes (pour simplifier) ne s’est pas déroulée à la loyale, idées contre idées, arguments contre arguments. Le camp marxiste s’est livré à un pilonnage intensif à l’artillerie lourde de mensonges, calomnies, insultes etc. contre les antiautoritaires préfigurant déjà la phraséologie stalinienne, et ce, sans oublier les manœuvres malhonnêtes et autres coups fourrés. Mais c’est essentiellement sur l’argumentaire(teur) marxiste1 que cet opuscule s’attarde.
C’est d’ailleurs d’une certaine façon une curiosité : pour l’édification du lecteur(trice), l’auteur a choisi de reproduire in extenso de longs passages des écrits de Marx, Engels et Lénine. Du coup, voilà une brochure anarchiste qui fait la part belle à la phraséologie marxiste ! Il y a dedans autant, si ce n’est plus, de contenu marxien que de contenu libertaire ! Marxisme libertaire le retour ?! Que nenni ! C’est tout simplement la construction choisie qui veut ça… Et les susdits passages n’honorent pas spécialement leurs auteurs !
Pour terminer, un petit mot sur l’auteur (et collecteur) : avant d’être membre du groupe de Rouen de la Fédération anarchiste, il a longtemps été un militant actif du PCF (il a même fait la Haute École du Parti) et par conséquent, pour ce qui est du Marxisme, il sait de quoi il cause ! Par contre, il ne prétend pas être devenu un grand théoricien ou historien de l’anarchisme. C’est donc en toute modestie qu’il apporte sa contribution à « la cause » par cet ouvrage, qui se veut un simple outil de plus pour la formation (et l’édification au sens noble du terme) des militant(e)s anarchistes et des autres. A l’heure où règne la confusion des idées (qui, hélas, selon un air par trop connu, se vaudraient toutes), et où un certain facteur veut fonder un parti à la fois guevariste et libertaire (sic), ce n’est pas du luxe !
Eric Gava (FA Rouen)
Quatrième de couverture
Guy Q. (dit Justhom) est breton : c’est donc tout naturellement qu’il a commencé sa carrière professionnelle comme mousse dans la marine marchande ! Comme quoi les mythes ont toujours un fond de vérité… De vérité, il n’en sera pas beaucoup question dans cette brochure. De calomnies, de mensonges plus certainement, ceux déversés par Marx et ses héritiers sur le mouvement antiautoritaire en général et anarchiste en particulier ! Et ce n’est pas triste !
Justhom, encore lui, s’il est maintenant retraité, a terminé sa carrière professionnelle comme responsable d’une association d’insertion et chargé de cours à l’université, après avoir été directeur de cabinet d’un maire communiste, parce que lui-même militant communiste ayant fait les grandes écoles du Parti. Le Marxisme, il connaît donc. Il a connu plutôt. C’est en militant anarchiste qu’il nous offre cette brochure où il a collecté des écrits diffamatoires (entre autres qualificatifs) de Marx et de ses affidés et qu’il commente ensuite. Le titre ce cet opuscule est on ne peut plus clair et à sa lecture vous aurez vite compris qu’il est justifié.
Et ce n’est pas que de l’histoire ancienne. On sait les conséquences pour le mouvement ouvrier et révolutionnaire de cette opposition entre Marx et Bakounine, entre ces deux conceptions du socialisme et ce que cette prédominance du Marxisme-léninisme a donné… Et que l’on continue de payer encore aujourd’hui ! En lisant cette brochure, qui n’hésite pas à reproduire des passages entiers d’écrits de Marx, Engels ou Lénine afin que l’on puisse juger sur pièces, on aura vite senti que les pratiques totalitaires étaient déjà inscrites dès les premiers pas du Marxisme et que les Lénine, Trotski, Staline, Mao et autres tyrans rouges n’ont fait que de les continuer en mille fois pire car ils étaient, eux, au pouvoir !
100 pages pour 6 euros
couverture d'Aurelio
à commander à Publico ou sur le le site des EML :
http://editions.federation-anarchiste.org |
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bob rené
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Quelques questions sur le commentaire précédent… |
2009-10-19 17:25 |
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On peut constater que le texte ci-dessus part d'un certain nombre de présupposés, évidemment non formulés, mais que nous allons aider son auteur à préciser à l'aide de quelques questions.
- En quoi Staline et Mao étaient-ils marxistes ? Non seulement il s'agit là de quelque chose de non-fondé par le texte, mais il serait intéressant de le démontrer... On peut également poser une autre question : en quel honneur l'appartenance passée de l'auteur du livre au PCF lui décerne-t-elle un brevet de marxisme ? Il faudrait démontrer que le PCF est marxiste, et ça risque de ne pas être facile...
- Si les Bolcheviks ont effectivement réprimé les anarchistes, il convient de faire la part de ce qu'ils ont fait et des RAISONS pour lesquelles ils l'ont fait, ce qui n'est jamais précisé par les intéressés, et pour cause ! quand on sait de quoi il s'agit. Autant à mon sens, les répressions contre Kronstadt - qui n'était pas anarchiste, c'est un mythe ! -, ou de Makhno sont inexcusables et injustifiables d'un point de vue révolutionnaire, autant la raison mise en avant par Victor Serge pour le désarmement des anarchistes de Moscou par exemple n'a jamais été démentie de façon convaincante, précisément parce qu'elle est vraie...
- Les anarchistes auraient-ils pu faire la Révolution en Russie, ou en Allemagne, ou en Finlande, ou en Hongrie, ou en Bavière... comme les communistes l'ont fait ? Je ne peux que constater qu'un anarchiste comme Gustave Hervé est devenu un nationaliste enragé, que Kropotkine a pris parti pour la Triple Entente et que même Voline était contre la paix de Brest-Litovsk, c'est-à-dire qu'ils ont tous pris parti POUR la guerre impérialiste. Et ils auraient fait la révolution en 1917 ?...
- Pour quelle raison la Ière Internationale - et pas Marx tout seul, restons sérieux ! - a-t-elle exclu Bakounine ET LES MEMBRES DE SON ALLIANCE ? Pour rivalité de « chef » ? Il est intéressant là encore de constater qu'aucun anarchiste ne se risque à hasarder une réponse...
- Une dernière pour la route : en quoi le marxisme est-il « autoritaire », alors que depuis 1871 il prône LA DESTRUCTION DE L'ÉTAT ? Et en quoi l'anarchisme est-il « antiautoritaire » lorsque la plupart des ses groupes officiels fonctionnent sans aucune démocratie interne ? Le premier exemple vient de loin : Bakounine ne partageait pas la direction de son « Alliance »...
Dès qu'une réponse basée sur autre chose que des inepties et des mythes sera formulée par René Bob, on pourra continuer la discussion... |
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Vieux Sympathisant de la GC internationaliste
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commentaire sur le commentaire... |
2009-10-19 21:05 |
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t'as oublié de nous parler de la misogynie de Proudhon.
la discussion tu vas la continuer tout seul, j'ai bien l'impression que tu manques d'honnêteté intellectuelle... (et de politesse, mais ça...)
"en quoi le marxisme est-il « autoritaire »?"
hahaha
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bob rené
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Quand on n'a rien à dire… |
2009-10-19 21:33 |
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… Je vais « continuer la discussion tout seul » ? Ça prouve que la volonté de discuter existe au moins d'un côté…
Qu'on m'accuse de malhonnêteté intellectuelle, c'est une chose ; c'en est une autre de le prouver ! Et visiblement ça n'a pas l'air facile…
Dernière chose : quand je lis le tas d'INEPTIES et de LIEUX COMMUNS contenus dans la présentation de cette brochure mise en premier commentaire, qui ne peut pour avancer ce qu'elle dit que déformer si stupidement ce qu'est le marxisme que les anarchistes honnêtes - j'en connais - le reconnaîtraient sans peine, je crois que la malhonnêteté intellectuelle n'est pas du côté que pense Bob René !
Mais le conformisme intellectuel est si confortable !… |
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VSGCI
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2009-10-19 22:03 |
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manque de politesse, c'est bien c'que je disais :-) |
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bob rené
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Le marxisme est anti-autoritaire ! |
2009-10-22 14:05 |
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Contrairement aux élucubrations anti-marxistes primaires et de la plus mauvaise foi de Bob, (qui par ailleurs n'a certainement jamais ouvert une seule page des travaux de Marx et Engels et s'enferme, de ce fait, dans une critique stérile d'une rare pauvreté intéllectuelle sans argumentaires valables), Marx comme Enbgels ont, au sein de l'AIT, confirmé que la lutte du prolétariat pour sa totale émancipation se devait de passer par la destruction de toute forme d'Etat et gouvernement. Lire "La Guerre civile en France" (une étude fondamentale de K. Marx sur la Commune de Paris) sur http://www.marxists.org/francais/ait/1871/05/km18710530.htm dont voici un petit passage explicite au sein de la partie IV :
"...Qu'après la plus terrible guerre des temps modernes, le vaincu et le vainqueur fraternisent pour massacrer en commun le prolétariat, cet événement inouï prouve, non pas comme Bismarck le pense, l'écrasement définitif d'une nouvelle société montante, mais la désagrégation complète de la vieille société bourgeoise. Le plus haut effort d'héroïsme dont la vieille société soit encore capable est une guerre nationale; et il est maintenant prouvé qu'elle est une pure mystification des gouvernements, destinée à retarder la lutte des classes, et on se débarrasse de cette mystification, aussitôt que cette lutte de classes éclate en guerre civile. La domination de classe ne peut plus se cacher sous un uniforme national, les gouvernements nationaux ne font qu'un contre le prolétariat !..."
Karl Marx à l'AIT (Londres le 30 Mai 1871)
Ce n'est qu'un petit exemple...
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Prolo
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In bis... |
2009-10-22 14:09 |
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"Le philistin social-démocrate a été récemment saisi d'une terreur salutaire en entendant prononcer le mot de dictature du prolétariat. Eh bien, messieurs, voulez-vous savoir de quoi cette dictature a l'air ? Regardez la Commune de Paris. C'était la dictature du prolétariat." (F. Engels)
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Prolo
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2009-10-24 06:14 |
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j'crois qu'on a un petit problème de définition du marxisme (il y en a tellement) à moins que ce soit avec la définition de non-autoritaire? on sait jamais...
pour la dictature du prolétariat j'préfère même pas intervenir pour pas trop te mettre dans l'embarras :-)
si tu pouvais juste essayer d'arrêter de m'insulter ça serait cool. |
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bob rené
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L'argumentaire par le vide... |
2009-10-24 10:00 |
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Eh oui ! Bob est le champion de l'argumentaire par le vide, le néant et une parano risible au possible envers tous ceux qui osent le contrarier par leurs questions dont il n'a jamais les réponses (... Cesse de m'insulter...). Là Bob, faut arrêter la politique et se consacrer au tricot c'est moins risqué et sans contrariétés !
Au passage, je confirme que le marxisme est anti-autoritaire et que le capitalisme d'Etat des idéologies stalinienne, trotskiste, maoïste, castriste, chaviste, etc. ne sont aucunement marxistes mais nationalistes et bourgeoises de gôche.
Par ailleurs Bob devrait relire ses fondamentaux libertaires, car le terme de "Dictature du prolétariat" fut pleinement accepté à la fois par les anarchistes russes et ukrainiens, mais aussi allemands avec la FAUD et espagnoles avec la CNT, avant, durant et après la première guerre mondiale pendant la période allant de sa création jusqu'à 1921; idem avec les américains des IWW (Lire John Reed in "Dix jours qui ébranlèrent le monde"). |
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Prolo
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2009-10-24 17:43 |
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la centralisation est autoritaire ou non-autoritaire? la réponse est simple pour ceux qui s'intéresse à la liberté...
(tu continues les insultes, ça te défoule, ben continue :-) |
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bob rené
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Sur les questions en cours… |
2009-10-24 19:02 |
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Si on peut demander à Bob René ce qu'est la politesse, je crois effectivement qu'il y aura un différent avec lui : apparemment, il ne cherche pas la politesse mais la déférence, ce qui n'est pas la même chose.
Ceci dit, il a raison de dire que l'attaque ad hominem n'a rien à faire ici ; on s'attaque à des idées, pas à ceux qui les véhiculent du fait qu'il n'ont rien inventé et ne sont que les porteurs de ce qu'ils affirment. Ceci pour recadrer la façon de débattre.
Le centralisme n'a rien à voir avec la question autoritaire/anti-autoritaire, qui est une problématique spécifiquement anarchiste. Le marxisme n'a jamais posé le problème ainsi, vu qu'il pose les questions en termes de classes et non d'individus. La lutte ouvrière se centralise d'elle-même, elle est avant tout une lutte collective et n'a donc absolument que faire d'être autoritaire ou anti-autoritaire. La classe ouvrière n'a que son unité et sa conscience à opposer à la bourgeoisie ; on n'est pas du tout sur une problématique dominant/dominé, chère à l'anarchisme comme à quelques groupes marxistes comme Socialisme ou Barbarie, mais dans un affrontement entre exploités et exploiteurs, ce qui est politiquement beaucoup plus clair.
Le marxisme n'ayant RIEN À VOIR avec les dictatures bourgeoises et capitalistes qui existaient dans les Pays de l'Est, il a depuis la Commune affirmé que la destruction de l'État est un objectif de la révolution communiste, tout comme à terme la disparition des classes sociales, de l'économie marchande, de la propriété sous toutes ses formes, des États et des frontières. Le texte du CCI aborde en partie toutes ces questions.
Donc, dès que Bob René nous a expliqué ce qu'il appelle « l'autoritarisme » du marxisme, nous pourrons essayer de le convaincre que ça n'a jamais existé. De même, s'il croit mettre un marxiste « dans l'embarras » sur la question de la dictature du prolétariat, c'est qu'il ne comprend pas ce que c'est.
Quant à sa définition de la liberté, je suis également très intéressé à la connaître… |
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VSGCI
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2009-10-24 19:27 |
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centralisation autoritaire ou non-autoritaire? toujours pas de réponse... :-) |
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bob rené
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Mais si, il y a une réponse : |
2009-10-24 20:52 |
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… il faut juste savoir lire ce que j'ai écrit : la question n'a aucun sens !
Donc, comme le disait Marx, ce n'est pas dans la RÉPONSE qu'il y a un problème, mais dans la QUESTION !
Dès que Bob René aura regardé comment les marxistes posent la question, il saura qu'il n'y a pas de réponse à sa question. |
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VSGCI
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2009-10-25 02:31 |
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quand il s'agit d'être précis sur les différences entre politesse et déférence (merci j'ai appris un nouveau mot :-) le cerveau fonctionne, mais pour la question cruciale on a droit a des réponses à coté de la plaque. c'est dommage, ça me laisse penser que: - soit tu as lu beaucoup de bouquins, sûrement très intéressants, mais apparemment pas les bons :-) - soit les limites de ton honnêteté intellectuel sont atteintes depuis un bon bout de temps.
la question de l'organisation est juste centrale (fédérations, centralisation) c'est d'ailleurs ce qui a provoqué l'exclusion de Bakounine en 187... je sais plus quelle année (il est trop tard pour qu'je consulte mes notes). dans le mouvement anarchistes elle est toujours source de tension (entre anarchistes individualistes, anarchistes communistes plus ou moins organisé, anarcho-syndicalistes) je serai tenté de te dire : "hé, mec! on a une révolution à faire, on a pas le temps de s'attarder sur les détails, en plus il 2h du mat et j'suis crevé..."
mais non! il faut savoir pourquoi on se bat, non? tu crois pas? moi, par exemple, j'me bat pour ma liberté. et une fois conquise (complètement, on a le droit de rêver) je la lâcherais plus, sauf cas exceptionnel à un délégué avec un MANDAT très PRÉCIS, pour une durée la plus COURTE possible et RÉVOCABLE A TOUT INSTANT... le reste n'étant à mes yeux qu'autoritarisme.
bonne nuit :-) |
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bob rené
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Pour info... |
2009-10-25 10:13 |
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Bob, les organisations de la Gauche communiste, dont le Courant Communiste International ( www.internationalism.org ), qui se réclament du marxisme sont, comme toi, pour la liberté individuelle et collective pleine et entière, pour la destruction totale du capitalisme sous toutes ses formes (libérale avec les démocraties bourgeoises comme autocratiques et/ou d'Etat : stalinisme, trotskisme, maoïsme, juchéïsme, fascisme, etc.). Ce qui implique la mise-à-bas de tous les Etats, gouvernements, bureaucraties/tehcnocraties, frontières, drapeaux nationaux, hymnes patriotiques, police/justice/armée... Pour l'internationalisme prolétarien et le communisme !
Les systèmes qui se sont réclamés (ou se réclament toujours) du marxisme et du communisme (URSS, pays de l'Est, Chine, Cuba, Corée du Nord...) ne furent (et ne sont) pas plus marxistes que communistes mais de purs représentants d'une forme particulièrement violente, abjecte et autoritaire du capitalisme d'Etat: aile gauche du Capital tout court.
Par bien des points la Gauche communiste se retrouve sur des positions proches avec certains milieux libertaires internationalistes et absolument pas en symbiose avec l'extrême gauche qui n'est qu'une partie des factions de la bourgeoisie par son idéologie étatiste et indirectement philo-capitaliste ! |
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Prolo
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C'est bien de poser des questions, … |
2009-10-25 10:27 |
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… encore mieux d'y répondre, et c'est même pour ça que c'est important de lire ! Qu'est-ce que « ta liberté » ? Si la réponse est subjective, elle est sans valeur, vu que personne ne peut se retrouver sur tes vues particulières. Personne ne se battra pour défendre « tes » vues personnelles. C'est d'ailleurs ce qui fait la force de la bourgeoisie : tant qu'elle arrive à scinder les intérêts communs des exploités, elle est forte. Dès que ces mêmes exploités comprennent qu'ils ont des buts communs et COLLECTIFS, ils deviennent forts.
Quant à des réponses « à côté de la plaque », je vais juste me permettre une remarque : ce n'est pas parce que tu ne les COMPRENDS PAS qu'elles sont « malhonnêtes » ou hors de propos ; la question des délégués élus et révocables par l'ensemble de la classe ouvrière révolutionnaire réunie en conseils ouvriers fait partie du programme communiste depuis 1905, et celui qui à l'époque a le mieux compris de quoi il s'agissait est Trotsky ; quels anarchistes ont écrit sur la question ? Et qu'en ont-ils dit ? Ce sont des leçons des révolutions passées dont nous parlons, particulièrement de la Révolution russe qui fait tousser bien du monde...
Le fond de la question est là. Il est aussi de préciser les conditions de la révolution : qui la fera ? Contre qui ? À l'aide de quels outils ? Pour venir à bout de quoi ? Dans quels buts ?
Pour l'instant, on en est d'après ce que tu dis à : je ferais MA révolution tout seul pour gagner MA liberté. La belle affaire ! D'autre part, je remarque que d'un strict point de vue sémantique ta définition de « l'autoritarisme » est NÉGATIVE : fondamentalement, on ne sait pas ce que c'est, et partant on ne peut pas se défendre contre.
Il serait donc bon d'être un peu plus précis dans tes propos, qui pour l'instant, à tous points de vue, ne vont pas loin... |
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VSGCI
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Eh oui ! |
2009-10-25 16:14 |
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Bob, je suis parfaitement en accord avec les positions de VSGCI et aimerais, en effet, que tu acceptes de répondre à ses questions, nécessaires à un véritable débat critique, positif et qualitif.
L'incantatoire ne fait rien avancer d'un pouce. Tu es libertaire et critique envers le marxisme ce qui est ton droit. Le problème, c'est que tes premiers arguments issus de l'ouvrage d'un ex stalinien du PCF (ce qui faisait de lui un national-franchouillard populiste et non un marxiste), devenu subitement anar, ne sont pas recevables car totalement orientés vers l'idéologie dominante bourgeoise qui confond "volontairement" marxisme/communisme avec toutes les déviances du capitalisme d'Etat (de l'ex URSS au Venezuela de Chavez tout en passant par la Corée du Nord) ! |
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Prolo
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2009-10-25 16:15 |
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@prolo merci pour l'info mais on la connaissait déjà :-)
@VSGCI toujours à coté de la plaque :-) si je peux me permettre une remarque à mon tour: il faut pas te sentir obligé d'extrapoler mes propos, à moins que ce soit le seul moyen que tu aies trouver pour faire durer la discussion et pouvoir la diriger dans une autre direction... ça serait triste, non?
(mieux vaut ne pas aller bien loin mais dans la bonne direction... :-)
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bob rené
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« Extrapoler sur mes propos »… ? |
2009-10-27 08:12 |
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Effectivement, il n'y a pas de discussion, mais ce n'est pas de mon fait.
En ce qui concerne « l'extrapolation », le caractère « à côté de la plaque » des idées et l'absence d'arguments, je laisse n'importe quel lecteur de bonne foi faire la part de ce qui revient à chacun : le texte mis en premier commentaire par rapport au texte du CCI, les interventions de Bob René et les miennes.
Chaque discussion a une portée bien plus importante que ce qui revient à chacun des intervenants. Je constate que la tactique de Bob René consiste à personnaliser les idées et le débat, et à surtout éviter de répondre aux questions qu'on lui pose.
Il a bien raison d'ailleurs de le faire : c'est la seule façon pour lui d'éviter de montrer la réalité de ses positions politiques... |
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VSGCI
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2009-10-27 16:52 |
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@prolo on aimerait tous avoir des réponses à nos questions...
@VSGCI t'inquiète pas, aux lecteurs on leur dira que le "vieux" il a donné le maximum :-) et que si ya pas de discussion c'est pas de sa faute... |
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bob rené
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On peut le prendre à la rigolade,… |
2009-10-27 20:52 |
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… c'est sûr. Mais le texte mis en premier commentaire ne m'a pas trop donné envie de rire, et je ne sais toujours pas pourquoi il a été posté ! Ce n'est pas que ça m'interpelle plus que ça, les marxistes authentiques ont toujours été calomniés par tout le monde, et ce texte est un tissu de calomnies contre le marxisme, mais il n'empêche que quand on va chercher un texte aussi répugnant pour le diffuser, on assume derrière en défendant sa démarche, ou alors on avoue clairement qu'on l'a fait par pure ignorance !
Donc, quand on accuse quelqu'un de malhonnêteté intellectuelle, il vaut mieux ne pas avoir ce genre de démarche derrière soi ! |
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VSGCI
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2009-10-28 02:14 |
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la démarche se justifie très simplement: pour se faire une opinion, il est intéressant de bien connaître le sujet et les différents points de vues... non? il me semble que c'est comme ça qu'on développe son esprit critique. on peut aussi en débattre, mais pour ça il faut avoir envie de le faire, avec politesse (et pas déférence) et surtout honnêteté intellectuelle.
la rigolade c'est tout ce qui nous reste face à des vieux de vielle qui manient trop bien la langue de bois et l'insulte... :-)
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bob rené
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« La langue de bois et l'insulte ?» |
2009-10-28 08:35 |
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Le premier texte manie à la fois les deux ! Donc, je le répète, quand on met ce genre de saloperie pour commenter un texte qui n'appelle AUCUNEMENT un tel traitement, on évite de parler de malhonnêteté intellectuelle derrière !
D'autant que le malhonnête, je le répète aussi, c'est celui qui insinue des idées mais refuse de les défendre ouvertement ! Le premier texte N'EST PAS de Bob René, c'est une citation. En quoi il est adapté au texte qu'il est supposé commenter, c'est la question que je pose. Où est la réponse ?
De plus, j'aimerais avoir un exemple d'insulte de ma part ! J'aimerais avoir un exemple de malhonnêteté intellectuelle dans un de mes commentaires ! Je crains d'avoir absolument raison sur un autre point : le dénommé Bob René considère qu'il n'est pas « poli » qu'on lui attribue des positions politiques et qu'on lui dise ce qu'elles signifient ; ce n'est effectivement pas la politesse, mais bien la déférence qu'il recherche !
Le pompon pour la fin : « pour se faire une opinion, il est intéressant de bien connaître le sujet et les différents points de vue... Il me semble que c'est comme ça qu'on développe son esprit critique. On peut aussi en débattre, mais pour ça il faut avoir envie de le faire » ; avec le premier texte mis en commentaire, pourri de lieux communs et de mensonges purs et simples ? Avec ce texte malhonnête, insultant et qui ne connaît RIEN au marxisme ? Avec Bob René, qui n'a AUCUN ESPRIT CRITIQUE dès lors qu'on parle de ses propres positions politiques, qu'il évite soigneusement de mettre en avant ? Avec un Bob René qui n'a même pas le courage de défendre le texte qu'il a mis en commentaire ? Avec un Bob René qui évite soigneusement de répondre à toute question, qui n'assume ni ses propres commentaires ni ses propres positions politiques ? Avec un Bob René, qui n'a JAMAIS VOULU DÉBATTRE ni de de ce qu'il écrivait, ni de ce qu'on lui répondait ?
Décidément, on assiste là à un beau cas de retournement : le dénommé Bob René me reproche sa propre pratique ! C'est effectivement un bon motif de rigolade !… |
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VSGCI
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2009-10-29 21:23 |
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"Le centralisme n'a rien à voir avec la question autoritaire/anti-autoritaire" VSGCI
on est toujours bloqué ici, alors arrête ton cirque :-) |
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bob rené
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« Que j'arrête mon cirque » ? |
2009-10-30 07:26 |
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Bob René se révèle une fois de plus un grand comique, mais évite toujours de répondre aux questions qu'on lui pose ! Et surtout, il affirme une idée qu'il ne démontre toujours pas et reste dans le domaine du lieu commun et de l'ignorance. Il ne démontre en tout cas aucunement que j'ai tort !
Effectivement, le centralisme n'a RIEN À VOIR avec la question autoritaire/anti-autoritaire ; on n'est pas ici dans des rapports de hiérarchie, mais dans le fonctionnement profond d'une classe sociale qui travaille de façon associée et collective. Le centralisme est le fonctionnement d'une classe exploitée, n'ayant par conséquent pas d'intérêts divergents en son sein, qui décide en commun de ce qu'elle doit faire et se donne les moyens d'avoir un poids dans le rapport de force avec la bourgeoisie. Ce que Lénine a appelé le centralisme démocratique s'est révélé être une impasse : ce n'était pas la classe qui se centralisait, c'était le Parti qui centralisait pour elle. Le Parti communiste n'est pas la classe ouvrière, il ne peut donc se substituer à elle. Nous avons là une leçon centrale de la Révolution russe.
Par conséquent, les leçons que l'on peut tirer de la Révolution russe sont bien celles que Trotsky tirait déjà en 1905 (avant de revenir sur ses positions de l'époque) : les conseils ouvriers, c'est-à-dire la classe ouvrière autonome politiquement qui se donne les moyens d'une centralisation de sa réflexion et de ses décisions, la classe ouvrière révolutionnaire pour être clair, sont la forme enfin trouvée de la prise du pouvoir par le prolétariat, ce que Marx appelait la dictature du prolétariat. C'est dans ce cadre et UNIQUEMENT dans ce cadre qu'on peut comprendre à quoi servent des délégués élus et révocables, ce que le dénommé Bob René s'est bien gardé de dire : les délégués sont l'expression du collectif que sont les conseils ouvriers, ils expriment la volonté de la classe. C'est par exemple ce qui s'est passé en Pologne en 1980, ou ce qui se passait dans le Soviet de Petrograd en 1905, ou ce qui s'est passé dans les Soviets russes en 1917 jusqu'à leur totale émasculation à l'été 1918. C'est même en tout petit ce qui se passe dans n'importe quelle lutte ouvrière où l'AG est souveraine !
Donc le centralisme n'a absolument RIEN À VOIR avec la question autorité/anti-autorité ; poser le problème ainsi est sous-entendre que le centralisme, c'est ce que les staliniens en disent : c'est FAUX ! J'aime beaucoup l'idée que Bob René est l'un des défenseurs des idées du Stalinisme... Quant à l'alternative autorité/anti-autorité, c'est une conception anarchiste qui politiquement ne signifie pas grand-chose, parce qu'elle n'est pas fondée d'un point de vue social : d'où sort l'autorité ? Quels sont sa nature sociale, son contenu politique, ses buts, ses moyens d'agir, son idéologie ? Voilà des questions sur lesquelles l'idéaliste Bob René, qui en plus nous prend pour des imbéciles, pourrait essayer de répondre, s'il n'est pas trop fatigué et si « sa révolution » personnelle ne lui prend pas trop de temps - bien que nous soyons là en train de discuter des perspectives révolutionnaires, et que comme le disait Lénine « sans théorie révolutionnaire, pas de pratique révolutionnaire ».
J'aimerais beaucoup entendre la théorie révolutionnaire de Bob René... |
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VSGCI
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Le problème... |
2009-10-30 09:52 |
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VSGCI, le problème c'est que Bob René n'a aucune idée de ce qu'est le communisme, le marxisme et l'idéal révolutionnaire si ce n'est de la pure incantation qui n'engage que lui via la lecture d'un navet rédigé par un ex stalinien (c'est dire si la source est fiable (sic) ). Je ne sais même pas si il est capable de dire ce qu'est l'anarchie, et ce dans toutes ses composantes... Eh oui ! je sais, Bob René va encore me dire, pour seule réponse, d'arrêter de l'insulter... Mot dont là aussi il n'a aucune idée ni sens de l'expression sémantique et encyclopédique ! |
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Prolo
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2009-10-30 17:54 |
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"Le centralisme est le fonctionnement d'une classe exploitée, n'ayant par conséquent pas d'intérêts divergents en son sein" VSGCI
pas de divergences... l'orthodoxie... et les défenseurs de l'orthodoxie. tu vois qu'on avance :-)
«Prétendre qu’un groupe d’individus, même les plus intelligents et les mieux intentionnés, seront capables de devenir la pensée, l’âme, la volonté dirigeante et unificatrice du mouvement révolutionnaire et de l’organisation économique du prolétariat de tous les pays, c’est une telle hérésie contre le sens commun et contre l’expérience historique, qu’on se demande avec étonnement comment un homme aussi intelligent que M. Marx a pu la concevoir. (...) Le peuple dépourvu d’instruction sera libéré du soin de gouverner, il sera entièrement enrégimenté dans un troupeau commun de peuple gouverné. La belle émancipation que voilà! (...) Ils (Marx et ses amis) concentreront tous les pouvoirs entre de fortes mains. (...) Cette révolution consistera dans l’expropriation de toutes les terres et de tout le capital par l’État, qui, pour pouvoir remplir sa grande mission économique aussi bien que politique, devra être nécessairement très puissant et très fortement concentré. L’État administrera et dirigera la culture de la terre au moyen de ses ingénieurs appointés et commandant à des armées de travailleurs ruraux, organisés et disciplinés par cette culture. En même temps, sur la ruine de toutes les banques existantes, il établira une banque unique, commanditaire de tout le travail et de tout le commerce national. (...) En réalité, ce serait pour le prolétariat un régime de casernes, où la masse uniformisée des travailleurs et travailleuses s’éveillerait, s’endormirait, travaillerait et vivrait au tambour... A l’intérieur, ce sera l’esclavage, à l’extérieur la guerre sans trêve » [Bakounine]
Bakounine aussi était un défenseur des idées du stalinisme :-)
@Prolo l'anarchie est très facile à définir mais la définition ne contient pas les infinités de façon de la vivre. c'est peut-être ça qui te dérange... mais c'est pas une raison pour m'insulter :-) |
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bob rené
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Réponse aux falsifications... |
2009-10-31 10:09 |
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"...Les faits nouveaux obligèrent à soumettre toute l'histoire du passé à un nouvel examen et il apparut que toute histoire passée, à l'exception des origines, était l'histoire de luttes de classes, que ces classes sociales en lutte l'une contre l'autre sont toujours des produits des rapports de production et d'échange, en un mot des rapports économiques de leur époque; que, par conséquent, la structure économique de la société constitue chaque fois la base réelle qui permet, en dernière analyse, d'expliquer toute la superstructure des institutions juridiques et politiques, aussi bien que des idées religieuses, philosophiques et autres de chaque période historique. Hegel avait libéré de la métaphysique la conception de l'histoire, il l'avait rendue dialectique, mais sa conception de l'histoire était essentiellement idéaliste. Maintenant l'idéalisme était chassé de son dernier refuge, la conception de l'histoire; une conception matérialiste de l'histoire était donnée et la voie était trouvée pour expliquer la conscience des hommes en partant de leur être, au lieu d'expliquer leur être en partant de leur conscience, comme on l'avait fait jusqu'alors.
En conséquence, le socialisme n'apparaissait plus maintenant comme une découverte fortuite de tel ou tel esprit de génie, mais comme le produit nécessaire de la lutte de deux classes produites par l'histoire, le prolétariat et la bourgeoisie. Sa tâche ne consistait plus à fabriquer un système social aussi parfait que possible, mais à étudier le développement historique de l'économie qui avait engendré d'une façon nécessaire ces classes et leur antagonisme, et à découvrir dans la situation économique ainsi créée les moyens de résoudre le conflit. Mais le socialisme antérieur était tout aussi incompatible avec cette conception matérialiste de l'histoire que la conception de la nature du matérialisme français l'était avec la dialectique et les sciences modernes de la nature. Certes, le socialisme antérieur critiquait le mode de production capitaliste existant et ses conséquences, mais il ne pouvait pas l'expliquer, ni par conséquent en venir à bout; il ne pouvait que le rejeter purement et simplement comme mauvais. Plus il s'emportait avec violence contre l'exploitation de la classe ouvrière qui en est inséparable, moins il était en mesure d'indiquer avec netteté en quoi consiste cette exploitation et quelle en est la source. Or le problème était, d'une part, de représenter ce mode de production capitaliste dans sa connexion historique et sa nécessité pour une période déterminée de l'histoire, avec par conséquent, la nécessité de sa chute, d'autre part, de mettre à nu aussi son caractère interne encore caché. C'est ce que fit la découverte de la plus value. Il fut prouvé que l'appropriation de travail non payé est la forme fondamentale du mode de production capitaliste et de l'exploitation de l'ouvrier qui en résulte; que même lorsque le capitalisme paie la force de travail de son ouvrier à la pleine valeur qu'elle a sur le marché en tant que marchandise, il en tire pourtant plus de valeur qu'il n'en a payé pour elle; et que cette plus-value constitue, en dernière analyse, la somme de valeur d'où provient la masse de capital sans cesse croissante accumulée entre les mains des classes possédantes. La marche de la production capitaliste, aussi bien que de la production de capital, se trouvait expliquée.
Ces deux grandes découvertes: la conception matérialiste de l histoire et la révélation du mystère de la production capitaliste au moyen de la plus value, nous les devons à Marx. C'est grâce à elles que le socialisme est devenu une science, qu'il s'agit maintenant d'élaborer dans tous ses détails et ses connexions...
...III -- Révolution prolétarienne. Résolution des contradictions: le prolétariat s'empare du pouvoir public et, en vertu de ce pouvoir, transforme les moyens de production sociaux qui échappent des mains de la bourgeoisie en propriété publique. Par cet acte, il libère les moyens de production de leur qualité antérieure de capital et donne à leur caractère social pleine liberté de s'imposer. Une production sociale suivant un plan arrêté à l'avance est désormais possible. Le développement de la production fait de l'existence ultérieure de classes sociales différentes un anachronisme. Dans la mesure où l'anarchie de la production sociale disparaît, l'autorité politique de l'Ètat entre en sommeil. Les hommes, enfin maîtres de leur propre socialisation, deviennent aussi par là même, maîtres de la nature, maîtres d'eux mêmes, libres.
Accomplir cet acte libérateur du monde, voilà la mission historique du prolétariat moderne. En approfondir les conditions historiques et par là, la nature même, et ainsi donner à la classe qui a mission d'agir, classe aujourd'hui opprimée, la conscience des conditions et de la nature de sa propre action, voilà la tâche du socialisme scientifique, expression théorique du mouvement prolétarien."
In : "Socialisme Utopique et Socialisme Scientifique" de Friedrich Engels - 1880
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Prolo
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De l'autorité ou non... |
2009-10-31 10:45 |
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"De l'autorité
Ces derniers temps, certains socialistes ont entrepris une véritable croisade contre ce qu'ils appellent le principe d'autorité [1]. Il leur suffit de dire que tel ou tel acte est autoritaire pour le condamner. On abuse de ce procédé tout à fait sommaire au point qu'il est devenu nécessaire de s'en préoccuper. Autorité, dans le sens où l'on emploie ce terme, signifie soumission de la volonté d'autrui à la nôtre. Mais autorité implique, d'autre part, subordination [2]. Or, comme ces deux termes sonnent mal et que le rapport qu'ils expriment est désagréable pour celui qui est subordonné à l'autre, on s'est demandé s'il n'était pas possible de s'en passer et dans le cadre des rapports sociaux actuels de créer un autre état social dans quel l'autorité n'aurait plus d'objet, et disparaîtrait donc.
Voyons ce qu'il en est dans la réalité. Si nous considérons les conditions économiques industrielles et agraires qui forment la base de l'actuelle société bourgeoise, nous trouvons qu'elles tendent à substituer l'action combinée des individus à leur action isolée. L'industrie moderne a pris la place des petits ateliers de producteurs isolés, et développe les grandes fabriques et entreprises, dans lesquelles des centaines d'ouvriers surveillent des machines compliquées, mues par la vapeur. Les coches et autres voitures circulant sur les grandes routes ont fait place aux chemins de fer, comme les vaisseaux à rames ou à voiles ont été remplacés par les navires à vapeur. L'agriculture elle-même tombe progressivement sous la domination de la machine et de la vapeur, tandis que lentement, mais inexorablement, les petits paysans cèdent la place aux gros capitalistes qui font cultiver de grandes surfaces par des ouvriers salariés.
Partout, l'action combinée et l'enchaînement d'activités et de procédés dépendant les uns des autres se substituent à l'action indépendante des individus isolés. Mais qui dit action combinée dit aussi organisation. Or, est-il possible d'avoir une organisation sans autorité ?
Supposons qu'une révolution sociale ait détrôné les capitalistes, dont l'autorité préside aujourd'hui à la production et à la circulation des richesses. Supposons, pour nous placer entièrement au point de vue des anti-autoritaires, que la terre et les instruments de travail soient devenus propriété collective des travailleurs qui les emploient. L'autorité aura-t-elle disparu, ou bien n'aura-t-elle fait que changer de forme ? C'est ce que nous allons voir.
Prenons comme exemple une filature de coton. Pour que le coton se transforme en fil, il doit subir au moins six opérations successives et différentes qui, la plupart du temps, s'effectuent dans des locaux différents. En outre, il faut un ingénieur pour tenir les machines en marche et les surveiller, des mécaniciens, chargés des réparations courantes, et un grand nombre d'ouvriers pour le transport des produits d'un atelier à l'autre, etc. Tous ces travailleurs hommes, femmes et enfants sont obligés de commencer et de finir leur travail à des heures déterminées par l'autorité de la vapeur qui n'a cure de l'autonomie des individus.
Il est donc indispensable, dès le principe, que les ouvriers s'entendent sur les heures de travail et, celles-ci étant fixées, s'y conforment tous sans exception. Ensuite, à tout moment et partout, se posent des questions de détail sur les procédés de fabrication, la répartition du matériel, etc., qu'il faut résoudre sur l'heure sous peine de voir s'arrêter aussitôt toute la production. Qu'elles soient réglées par un délégué qui est à la tête de chaque secteur d'activité ou par une décision de la majorité, si c'est possible, il n'en demeure pas moins que la volonté de chacun devra s'y soumettre. Autrement dit, les questions seront résolues par voie autoritaire.
Le machinisme automatisé d'une grande fabrique est beaucoup plus tyrannique que ne l'ont été les petits capitalistes qui emploient les ouvriers [3]. Du moins en ce qui concerne les heures de travail, on peut écrire sur la porte de ces fabriques : Lasciate ogni autonomia, voi ch'entrate ! (« Renoncez à toute autonomie, vous qui entrez [4] ! ») Si l'homme, avec la science et son génie inventif, s'est soumis les forces de la nature, celles-ci se sont vengées en le soumettant à son tour, lui qui les exploite, à un véritable despotisme, absolument indépendant de tout état social. Vouloir abolir l'autorité dans la grande industrie, c'est vouloir supprimer l'industrie elle-même. C'est détruire la filature à vapeur pour en revenir à la quenouille.
Prenons un autre exemple, celui du chemin de fer. Ici, la coopération d'un grand nombre d'individus est absolument indispensable, coopération qui doit avoir lieu à des heures précises pour qu'il n'y ait pas d'accidents. Ici encore, la première condition de toute l'entreprise est une volonté supérieure qui commande toute question subordonnée, et cela est vrai dans l'hypothèse où elle est représentée par un délégué aussi bien que dans celle où un comité est élu pour exécuter les décisions de la majorité des intéressés. En effet, dans un cas comme dans l'autre, on a affaire à une autorité bien tranchée. Bien plus, qu'adviendrait-il du premier train si l'on abolissait l'autorité des employés de chemin de fer sur messieurs les voyageurs ?
Nulle part la nécessité de l'autorité et d'une autorité absolue n'est plus impérieuse que sur un navire en pleine mer. Là, à l'heure du péril, la vie de tous dépend de l'obéissance instantanée et fidèle de tous à la volonté d'un seul.
À chaque fois que je présente ces arguments aux anti-autoritaires les plus enragés, ils ne savent faire qu'une seule réponse : « Bah ! c'est exact, mais il ne s'agit pas là d'une autorité que nous conférons à un délégué, mais d'une fonction ! » Ces messieurs croient avoir changé les choses quand ils en ont changé le nom. C'est se moquer tout simplement du monde.
Quoi qu'il en soit, nous avons vu que, d'une part, une certaine autorité (peu importe comment elle est déléguée) et, d'autre part, une certaine subordination s'imposent à nous, indépendamment de toute organisation sociale, de par les conditions matérielles dans lesquelles nous produisons et faisons circuler les produits.
Nous avons vu, en outre, que les conditions matérielles de la production et de la circulation s'entrelacent fatalement toujours davantage avec la grande industrie et l'agriculture moderne, de sorte que le champ d'action de cette autorité s'étend chaque jour un peu plus. Il est donc absurde de parler de l'autorité comme d'un principe absolument mauvais, et de l'autonomie comme d'un principe parfaitement bon.
L'autorité et l'autonomie sont des notions relatives, et leur importance varie selon les diverses phases de l'évolution sociale.
Si les autonomistes se contentaient de dire que l'organisation sociale de l'avenir ne tolérera l'autorité que dans les limites qui lui sont tracées par les conditions mêmes de la production, nous pourrions nous entendre avec eux.
Cependant, ils sont aveugles pour tous les faits qui rendent l'autorité nécessaire, et ils partent en guerre contre cette notion.
Pourquoi les anti-autoritaires ne se bornent-ils pas à crier contre l'autorité politique, l'État ? Tous les socialistes sont d'accord sur le fait que l'État politique et, avec lui, l'autorité politique disparaîtront à la suite de la révolution sociale future, autrement dit que les fonctions publiques perdront leur caractère politique et se transformeront en simples administrations veillant aux véritables intérêts sociaux. Mais les anti-autoritaires demandent que l'État politique autoritaire soit aboli d'un seul coup, avant même que ne soient supprimées les conditions sociales qui l'ont fait naître. Ils réclament que le premier acte de la révolution sociale soit l'abolition de l'autorité.
Ont-ils jamais vu une révolution, ces messieurs ?
Une révolution est certainement la chose la plus autoritaire qui soit, c'est l'acte par lequel une fraction de la population impose sa volonté à l'autre au moyen de fusils, de baïonnettes et de canons, moyens autoritaires s'il en est; et le parti victorieux, s'il ne veut pas avoir combattu en vain, doit continuer à dominer avec la terreur que ses armes inspirent aux réactionnaires. La Commune de Paris eût-elle pu se maintenir un seul jour si elle n'avait pas usé de l'autorité d'un peuple en armes contre la bourgeoisie ? Ne faut-il pas, au contraire, la critiquer de ce qu'elle ait fait trop peu usage de son autorité ?
Donc, de deux choses l'une : ou bien les anti-autoritaires ne savent pas ce qu'ils disent et, dans ce cas, ils ne font que semer la confusion, ou bien ils le savent et, dans ce cas, ils trahissent la cause du prolétariat. De toute façon, ils servent la réaction.
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Notes
[1] Cf. Engels, in Almanacco republicano, décembre 1873. Engels avait envoyé cet article à Bignami dès novembre 1872, mais celui-ci ayant été arrêté, l'article fut sans doute confisqué, et Engels dut réécrire son article.
[2] En distinguant entre l'autorité d'une volonté qui impose une décision à une autre, ce qui est inévitable dès lors que l'on vit en société et que l'on collabore à une même œuvre, et l'autorité qui entraîne subordination et assujettissement, c'est-à-dire structure sociale (politique) de contrainte, Engels distingue entre les sociétés de l'exploitation de l'homme par l'homme et celles où cette exploitation a cessé.
[3] Dans les Fondements de la critique de l'économie politique, t. I, p. 93-102, Marx démontre que l'individu perd de plus en plus son autonomie et son indépendance, tandis que les liens sociaux et l'organisation économique et sociale s'imbriquent et s'intègrent à mesure que les forces productives et l'humanité s'accroissent et se multiplient. Il explique, en outre, que les rapports sociaux étant aliénés et extérieurs à l'homme, c'est-à-dire réifiés, face à la masse humaine vidée de ses réalisations dans la société capitaliste, il peut sembler que les individus forment une entité à part : « La dépendance mutuelle et universelle des individus, alors qu 'ils restent indifférents les uns aux autres telles est actuellement la caractéristique de leurs liens sociaux. Ces liens sociaux s'expriment dans la valeur d'échange… » (p. 93-94.)
[4] Paraphrase de l'inscription apposée à la porte de l'Enfer de Dante (cf. La Divine Comédie : « L'Enfer », chant III, vers 9) : Lasciate ogni speranza, voi ch'entrate !"
K. Marx - F. Engels Questions d'organisation
Luttes de tendances et dissolution de l'Internationale
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Prolo
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De l'autorité ou non (suite)... |
2009-10-31 10:49 |
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"Le Congrès de Sonvilier et l'Internationale
Point n'est besoin d'épiloguer sur la situation présente de l'Association des travailleurs [1]. D'une part, les grandioses événements de Paris lui ont donné une puissance et une extension qu'elle n'avait jamais eu auparavant; de l'autre, nous trouvons coalisés contre elle à peu près tous les gouvernements européens. Thiers et Gortchakoff, Bismarck et Benst, Victor-Emmanuel et le pape, l'Espagne et la Belgique. Toute la meute est lâchée sur l'Internationale. Toutes les puissances du vieux monde, cours martiales et cours d'assises, bourgeois et hobereaux, rivalisent d'ardeur à la curée et, sur l'ensemble du continent, on ne trouvera guère de lieu où l'on n'ait pas tout tenté pour mettre hors la loi la grande fraternité ouvrière, cause de toutes les terreurs.
Au moment où les puissances de l'ancienne société provoquent une fatale désorganisation générale, où l'unité et la cohésion sont plus nécessaires que jamais, c'est précisément ce moment que choisit, pour jeter un brandon de discorde sous forme d'une circulaire publique, un petit groupe d'Internationaux, dont le nombre, dans un coin perdu de Suisse, rétrécit de leur propre aveu tous les jours. Ces gens s'intitulant Fédération du Jura sont pour la plupart ceux-là mêmes qui, sous la conduite de Bakounine, se sont depuis plus de deux ans appliqués sans relâche à saper l'unité en Suisse romande et à compromettre la coopération au sein de l'Internationale par le moyen d'une intense correspondance privée avec quelques illustres de leurs affidés dans divers pays. Tant que ces intrigues se limitaient à la Suisse, ou se tramaient en silence, nous n'avons pas voulu lui accorder davantage de publicité. Mais cette circulaire nous force à parler.
Le 12 novembre, lors de son Congrès de Sonvilier, la fédération du Jura, s'appuyant sur le fait que le Conseil général n'avait pas convoqué cette année de congrès, mais seulement une conférence, a décidé d'adresser une circulaire à toutes les sections adhérentes à l'Internationale. Imprimée à grand tirage, elle fut lancée aux quatre coins du monde, afin d'inviter les autres sections à réclamer la convocation immédiate d'un congrès. Pour nous, du moins en Allemagne et en Autriche, les raisons sont évidentes pour lesquelles le congrès devait être remplacé par une conférence. Nous ne pouvions pas nous réunir en congrès sans qu'au retour nos délégués ne fussent immédiatement appréhendés et mis à l'ombre. Les délégués d'Espagne, d'Italie et de France se seraient trouvés dans le même cas. En revanche, une conférence, dont les débats ne sont pas publics et se limitent à des questions administratives, était parfaitement possible, le nom des participants n'étant pas divulgué. Une telle conférence présentait, certes, l'inconvénient de ne pouvoir ni trancher la question de principe, ni modifier les statuts, ni, plus généralement, décider d'actes relatifs à la juridiction. Elle devait se borner à des décisions administratives en vue d'un meilleur fonctionnement de l'organisation telle qu'elle avait été établie par les statuts et les résolutions des congrès. Toutefois, la situation exigeait des mesures d'urgence; il s'agissait de faire face à une crise momentanée, et une conférence y suffisait.
Les attaques contre la conférence n'étaient cependant qu'un prétexte. La circulaire n'en parle d'ailleurs qu'incidemment. Au contraire, elle assure même que le mal est plus profond. Elle affirme que, selon les statuts et les premières résolutions des congrès, l'Internationale n'est rien d'autre qu'une « libre fédération de sections autonomes », dont le but est l'émancipation des travailleurs par les travailleurs eux-mêmes, « en dehors de toute autorité dirigeante même si elle émane du libre consentement de tous ». En conséquence, le Conseil général ne devrait être qu'un « simple bureau de statistique et de correspondance ». Cette base initiale aurait été aussitôt faussée, d'abord par le droit accordé au Conseil général de décider lui-même de l'admission de nouveaux membres, et plus encore par les résolutions du Congrès de Bâle, accordant au Conseil général le droit de suspendre toute section jusqu'au prochain congrès et de régler provisoirement les différends jusqu'à ce que ce congrès se soit prononcé. Le Conseil général se trouverait ainsi investi d'une dangereuse puissance. La libre association de sections autonomes serait transformée en une organisation hiérarchique et autoritaire de « sections disciplinées », les sections étant « placées entièrement sous la main du Conseil général qui peut, à son gré, refuser leur admission ou bien suspendre leurs activités ».
Nos lecteurs allemands savent trop bien la valeur d'une organisation capable de se défendre pour ne pas trouver tout cela fort surprenant. D'autant que les théories pleinement épanouies de Monsieur Bakounine n'ont pas encore pénétré en Allemagne. Une société ouvrière qui a inscrit sur ses drapeaux et pris pour devise la lutte pour l'émancipation de la classe des travailleurs devrait avoir à sa tête non pas un comité exécutif, mais un simple bureau de statistique et de correspondance ! En fait, la lutte pour l'émancipation de la classe ouvrière n'est qu'un simple prétexte pour Bakounine et ses compagnons; le but véritable est tout autre.
« La société future ne doit être rien d'autre que l'universalisation de l'organisation que l'Internationale se sera donnée. Nous devons avoir soin de rapprocher le plus possible cette organisation de notre idéal... L'Internationale, embryon de la société future de l'humanité, est tenue d'être, dès maintenant, l'image fidèle de nos principes de liberté et de fédération, et de rejeter de son sein tout principe tendant à l'autorité et à la dictature. » À nous autres Allemands, on nous reproche notre mysticisme; mais nous n'atteignons pas, et de loin, à celui qu'on vient de voir. L'Internationale, embryon d'une société future, dont seraient exclus les fusillades de Versailles, les cours martiales, les armées permanentes, la censure du courrier, le procès criminel de Brunswick ! Nous défendons aujourd'hui notre peau par tous les moyens; le prolétariat, lui, devrait s'organiser non pas d'après les nécessités de la lutte qui lui est imposée chaque jour, à chaque heure, mais d'après la vague représentation que certains esprits chimériques se font d'une société de l'avenir ! Voyons donc ce qu'il en serait de notre propre organisation allemande si elle était taillée sur ce patron. Loin de combattre les gouvernements et la bourgeoisie, nous spéculerions tant et plus afin de savoir si chaque article de nos statuts, chaque résolution de nos congrès, est ou non un fidèle reflet de la société future.
Aux lieu et place de notre comité exécutif, nous aurions un simple bureau de statistique et de correspondance, qui ne saurait comment venir à bout des sections autonomes, autonomes au point qu'elles n'auraient jamais à reconnaître l'autorité dirigeante, née de leur propre consentement ! Car elles manqueraient, ce faisant, à leur premier devoir : être avant tout un embryon de la société future. Pas question de rassembler des forces, pas question d'action en commun ! Si, dans une section quelconque, la minorité s'adaptait à la majorité, elle commettrait là un crime contre les principes de la liberté et endosserait un principe conduisant à l'autorité et à la dictature ! Si Stieber et tous les siens, si tout le Cabinet noir, si l'ensemble des officiers prussiens entraient sur ordre dans l'organisation social-démocrate afin de la ruiner, le comité ou mieux le bureau de statistique et de correspondance ne devrait surtout pas défendre son existence, car ce serait instituer un type d'organisation hiérarchique et autoritaire! Et surtout pas de sections disciplinées ! Surtout pas de discipline de parti, pas de concentration des forces sur un objectif, surtout pas d'armes de combat ! Qu'en serait-il autrement de l'embryon de société future ? Bref, où en arriverions-nous avec cette organisation nouvelle ? À l'organisation lâche et soumise des premiers chrétiens, celle des esclaves qui acceptaient et remerciaient pour chaque coup de pied reçu, et n'obtinrent la victoire de leur religion qu'après trois siècles de bassesses une méthode révolutionnaire qu'en vérité le prolétariat n'imitera pas ! Les premiers chrétiens tiraient de leur représentation du ciel le modèle de leur organisation; nous devrions à l'instar prendre pour modèle le ciel social de l'avenir dont Monsieur Bakounine nous propose l'image; au lieu de combattre, prier et espérer. Et les gens qui nous prêchent ces folies se donnent pour les seuls révolutionnaires véritables.
Pour en revenir maintenant à l'Internationale, il n'y a rien qui presse. Le Conseil général a le devoir d'exécuter les résolutions du Congrès de Bâle jusqu'à ce qu'un nouveau congrès en adopte d'autres; ce devoir, il l'accomplira ! Le Conseil général n'a pas craint d'expulser les Tolain et les Durand, il saura faire en sorte que tout accès à l'Internationale demeure interdit aux Stieber et consorts, même si Monsieur Bakounine devait trouver cette mesure dictatoriale.
Mais comment en est-on venu à prendre ces fâcheuses résolutions de Bâle ? Très simplement. Elles furent proposées par les délégués belges et n'eurent pas d'avocat plus chaleureux que Bakounine et ses amis, et notamment Schwitzguebel et Guillaume les signataires de la présente circulaire. Les choses étaient alors différentes, certes. Ces messieurs espéraient alors obtenir la majorité et voir passer entre leurs mains le Conseil général ! Dès lors, ils ont tout fait pour renforcer ses pouvoirs. Et à présent ? Eh bien, tout est changé, et voilà que les raisins sont amers. Le Conseil général doit être réduit aux dimensions d'un simple bureau de statistique et de correspondance, afin de ne pas avoir à blesser la pudeur de la société future de Bakounine !
Ces gens, qui sont des sectaires professionnels, ne forment, avec leur doctrine de christianisme primitif et mystique, qu'une minorité insignifiante dans l'Internationale. Ils ont le front de reprocher aux membres du Conseil général de vouloir « faire prédominer dans l'Internationale leur programme particulier, leur doctrine personnelle; ils tiennent leurs idées particulières pour la théorie officielle qui, seule, a droit de cité dans l'Internationale ». C'est tout de même un peu fort ! Quiconque a eu l'occasion de suivre l'histoire interne de l'Internationale sait que ces mêmes gens se sont, depuis près de trois ans, essentiellement préoccupés de faire reconnaître leur doctrine sectaire comme le programme de l'Association; comme ils n'y sont pas arrivés, ils se sont efforcés de faire passer subrepticement les phrases bakouninistes pour le programme de l'Internationale. Le Conseil général s'est contenté de protester contre ses efforts de substitution, mais il n'a pas contesté jusqu'à présent à leurs auteurs le droit d'appartenir à l'Internationale, non plus celui de diffuser à loisir, telles quelles, leurs calembredaines sectaires. Nous attendons de savoir comment le Conseil général prendra cette nouvelle circulaire.
Ces gens se sont prouvé brillamment à eux-mêmes ce qu'ils étaient capables de faire avec leur nouvelle organisation. Partout où l'Internationale n'a pas rencontré la résistance violente des gouvernements réactionnaires, elle a, depuis la Commune de Paris, progressé à pas de géant. Dans le Jura suisse où ces messieurs ont toutes facilités pour agir depuis un an et demi, que voyons-nous ? Leurs propres rapports au Congrès de Sonvilier vont nous l'apprendre : « Ces événements terribles, qui nous ont en partie démoralisés, devaient exercer en partie également une influence bienfaisante sur nos sections [...]; puis il y a le début du gigantesque combat que le prolétariat doit livrer à la bourgeoisie et, en conséquence, le moment de la réflexion [...]; les uns s'en vont et dissimulent leur lâcheté, les autres n'en adhèrent que plus fermement aux principes rénovateurs de l'Internationale. Tel est le fait dominant dans l'histoire actuelle de l'Internationale en général, et de notre fédération en particulier. » (La Révolution sociale de Genève, 23 novembre.)
Voilà bien une nouvelle version de ce qui s'est passé dans l'ensemble de l'Internationale ! En réalité, cela ne concerne que la fédération du Jura. Écoutons un peu ces messieurs. La section de Moutiers a le moins souffert, mais n'en a pas pour autant réalisé quelque chose
« Bien qu'aucune action nouvelle n'ait été fondée, nous dit-on, il faut espérer cependant », etc.; et pourtant cette section était « tout particulièrement favorisée par l'excellent esprit de la population ». La section de Grange est réduite à un petit noyau d'ouvriers ! Deux sections de Brienne n'ont jamais répondu aux lettres du comité; tout aussi peu les sections de Neuchâtel et l'une des sections de Locle. La troisième section de Brienne est « momentanément morte »... bien que « tout espoir de voir revivre l'Internationale à Brienne ne soit pas perdu ». La section de Saint-Blaise est morte, et celle du Val de Raz a disparu, nul ne sait trop comment. La section centrale de Locle, qui s'est désagrégée au cours de longues luttes fratricides, a cependant été remise sur pied non sans mal, dans le but déclaré de participer aux élections du congrès; celle de La Chaux-de-Fonds est dans une situation critique. La section des horlogers de Courtelary est en train de se transformer en coopérative après avoir adopté les statuts de la coopérative suisse des horlogers, c'est-à-dire le statut d'une société non affiliée à l'Internationale. La section centrale du même district a suspendu ses activités, parce que ses membres de Saint-Imier et de Sonvilier s'étaient constitués en sections distinctes (ce qui n'a nullement empêché cette section centrale de se faire représenter au congrès par deux délégués aux côtés de ceux de Saint-Imier et de Sonvilier). La section de Cortébert, après une brillante existence, a dû se dissoudre à la suite des intrigues de la bourgeoisie locale. Il en est de même à Corgémont. À Genève enfin, il ne subsiste plus qu'une section.
Voilà l'œuvre des représentants de la libre fédération des sections autonomes, avec un bureau de statistique et de correspondance à leur tête ! Voilà ce qu'en un an et demi ils ont fait d'une fédération ni étendue ni nombreuse certes, mais encore florissante. Et cela dans un pays où ils ont toute liberté d'action, alors que, partout ailleurs, l'Internationale faisait des progrès de géant. Au moment même où ils nous présentent le lamentable tableau de leur échec et où ils lancent ce cri d'angoisse provoqué par leur situation désespérée et ruineuse, ils se présentent devant nous avec la prétention d'arracher l'Internationale à la voie qu'elle a suivie jusqu'ici et qui l'a fait devenir ce qu'elle est, pour l'engager dans la voie qui a fait dégringoler la fédération du Jura de son état de relative prospérité à sa dissolution complète.
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Notes
[1] Cf. Engels, Der Volksstaat, 10 janvier 1872, Cet article d’Engels répond à la Circulaire de toutes les fédérations de l'Association internationale des travailleurs adoptée par le Congrès de Sonvilier (novembre 1871) de la fédération jurassienne et dirigée contre les résolutions de la Conférence de Londres (septembre 1871)."
K. Marx - F. Engels Questions d'organisation
Luttes de tendances et dissolution de l'Internationale
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Prolo
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Sur les sous-entendus et la périphrase... |
2009-10-31 22:10 |
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Que voilà une façon confortable de répondre : la périphrase et le sous-entendu, non expliqué bien entendu, et l'idée que « la définition de l'anarchie ne contient pas les infinités de façon de la vivre ». Malheureusement pour M. Bob René, il n'y a qu'un réalité, et il n'y a pas trente-six façons de détruire la société bourgeoise ! C'est bien pourquoi quand il me disait dans un de ses commentaires « on a une révolution à faire », je suis extrêmement curieux de savoir de quoi il parle !
Il est également intéressant de voir M. Bob René nous citer Bakounine, qui en matière « d'autoritarisme » se posait un peu là au sein de son Alliance, dont je crois qu'il ne partageait pas la direction ! On peut également se poser des questions sur la politique du personnage, qui dans ses fondements philosophiques ne se distinguait pas de ce que racontaient les Jésuites : la fin justifie les moyens ! Quant à son nationalisme, il est également très avéré. C'est bien pourquoi il est très clairvoyant pour nous expliquer ce qu'est une dictature... bourgeoise !
Sauf que tout ce qu'il attribue ici à Marx est FAUX, et la simple lecture de « La guerre civile en France » suffit à le démontrer. La question de l'État notamment ici attribuee à Marx est absolument mensongère, et Lénine, 35 ans plus tard, l'a répété dans « L'État et la révolution ». Mais à écouter Bob René, il paraît que je ne lis pas les bons livres, alors... J'aimerais savoir s'il n'a rien d'autre que l'indigeste prose de Bakounine - que j'ai lu, du reste, il y a longtemps ! - à nous proposer !
En tout cas, s'il y a une chose à tirer de cette intervention du bakouniniste Bob René, c'est que, comme son maître à penser, il n'a rien d'autre à proposer que l'affirmation gratuite et non démontrée et l'absence de toute position politique claire et affirmée. |
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VSGCI
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2009-11-01 05:10 |
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même à deux vous arrivez pas à vous en sortir :-) |
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bob rené
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« Nous en sortir » ? Et nous « sortir » de quoi ? |
2009-11-01 07:44 |
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Ce serait à moi de démontrer que l'opposition autorité/anti-autorité a une validité ? Alors que le dénommé Bob René NE MONTRE RIEN, NE DÉMONTRE RIEN ?
J'ai demandé de justifier le premier commentaire. Réponse : silence radio !
J'ai expliqué que l'opposition autorité/anti-autorité est une démarche purement anarchiste, et qu'elle n'a aucune réalité pour le marxisme. Quelle est la réponse ? Un texte anarchiste ! Et sans l'ombre d'une explication, évidemment !
Bob René n'avance PAS UNE IDÉE, PAS UN ARGUMENT. La seule chose qu'il nous dit, c'est : je ne suis pas convaincu. Ce dont je ne me soucie réellement pas une seconde, vu qu'il est incapable de comprendre les arguments des marxistes. Ce qui aurait été intéressant, c'est d'avoir un débat sur la question. Il ne peut y en avoir : Bob René refuse n'a que des lieux communs et des sous-entendus à mettre en avant.
J'en reviens donc à ce fameux texte du début, parce que toute la question est là : à part vomir sur le marxisme dont il ne sait RIEN, Bob René est bon à quoi ? À défendre « l'alliance des peuples slaves et latins » contre les « peuples germaniques et anglo-saxons », comme le faisait Bakounine ? À faire le travail de la bourgeoisie en assimilant communisme et dictature, comme le fait son premier commentaire ? À faire « sa » révolution tout seul dans son coin, comme ses commentaires le laissent entendre ? À nous sortir une rengaine de la démocratie bourgeoise selon laquelle toutes les idées se valent, puisqu'il y a de si nombreuses façons de « vivre l'anarchisme » ?...
Quelle est la crédibilité politique d'un tel personnage ? La même que celle de James Guillaume devant la commission d'enquête de l'Internationale en 1872, lorsqu'il refusait de répondre aux questions parce qu'il savait bien que, de toute façon, il n'avait rien à répondre... |
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VSGCI
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Bakounine ou le combat simpliste d'un plagiaire |
2009-11-01 11:38 |
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Bakounine est l'archétype même d'un ego démesuré, d'un parasite envers ses proches, dont tous les écrits furent à la fois des copier/coller permanent (j'invite les libertaires comme les autres à n'acheter que "Le Socialisme libertaire" et "Théorie(s) générale(s) de la Révolution", car dans ces deux médiocres livres il y a la totalité des multiples doublons de l'auteur), mais aussi des oeuvres de plagiaire permanent envers certains travaux de Marx et Engels, qu'il déformait à ses seules fins... Bob René peut nous sortir tous les poncifs de Bakounine, cet aristo parvenu réactionnaire et "AUTORITAIRE", dont l'unique finalité fut : Y'a qu'à... se finalisant par un rien d'anarchie primaire ! |
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Prolo
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