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Paris : attaque de la Croix-Rouge en solidarité
(Le 26 septembre 2009)
Attaque Croix-Rouge Paris
Indy nantes vendredi 25 septembre 2009 - 13:05
Alors qu’en Italie était appelées des journées de solidarité avec les 14 sans-papiers en procès à Milan pour la révolte du centre de rétention...
Dans la nuit du 21 au 22 septembre, la délégation de la Croix-Rouge du 9ème arrondissement de Paris a vu ses grandes vitrines brisées et ses murs taggés « EXPULSEUR DE SANS-PAPIERS » et « DEMASQUONS LES COLLABOS ». Sous couvert d’humanitaire la Croix-Rouge est un véritable auxiliaire de police. Elle se prétend neutre lorsqu’elle accompagne les expulsions de Roms, lorsqu’elle participe au fonctionnement de la zone d’attente zapi 3 à Roissy ou encore lorsqu’elle est présente dans les charters de sans-papiers expulsés. En Italie, la Croix-Rouge gère carrément 3 prisons pour étrangers (« Centre d’Identification et d’Expulsion »). Comme l’ont écrit les occupants de la Croix-Rouge de Turin, la neutralité choisit toujours son camp (voir http://nantes.indymedia.org/article/18176 ). C’est dans un de ces centres de rétention géré par la Croix-Rouge qu’a débuté une vague de révolte cet été. C’est pour cette révolte que 14 sans-papiers passent en ce moment en procès à Milan. De nombreux actes de solidarité se sont exprimés dans toute l’Italie à cette occasion (voir http://www.autistici.org/macerie/).
Par cette action nous voulons nous aussi manifester notre solidarité avec ces révoltés ainsi qu’avec tous ceux qui luttent à l’intérieur et à l’extérieur des centres de rétention contre la machine à expulser et le monde qui va avec.
Attaquons toutes les prisons, tous les matons !
Occupation de la Croix Rouge à Paris
Le mercredi 23 septembre, alors que se tient à Milan le procès de 14 sans-papiers inculpés pour une révolte qui a eu lieu au centre de rétention de Milan, une quarantaine de personnes ont occupé le siège de la Croix Rouge française situé 98 rue Didot dans le 14ème arrondissement. La Croix rouge gère plusieurs centres de rétention en Italie, notamment ceux de Milan, Rome et Turin. les jours précédents, diverses permanences et véhicules de la Croix Rouge avaient été recouverts d'affiches mettant en cause le rôle de cet organisme humanitaire neutre et impartial dans les expulsions et l'enfermement des sans-papiers. Au siège de la rue Didot une banderole "La Croix Rouge enferme, la Croix Rouge expulse" a été accrochée aux grilles extérieures et des tracts ont été distribués aux employés présents et affichés à l’extérieur. Après de longues "discussions", la Croix Rouge française a accepté de faxer le texte ci dessous à la Croix Rouge internationale. Croix Rouge: la neutralité choisit toujours son camp ! En Italie, depuis le 8 aout, la durée d'enfermement des personnes sans-papiers que l'Etat veut expulser est passée de 2 à 6 mois. Immédiatement, dans plusieurs centres de rétention les sans-papiers prisonniers se sont révoltés : émeutes, incendies, évasions collectives, grèves de la faim et de la soif. Plusieurs centres de rétention italiens sont gérés par la Croix rouge Gérer un centre de rétention ça signifie recevoir de l'argent du ministère. Ça signifie avoir en main les clefs des cages, les ouvrir et surtout les fermer. Garantir les droits humains dans les centres c'est ça : séparer les sans-papiers de la liberté. Selon les retenus qui « bénéficient » de l' « assistance » de la Croix Rouge, garantir les droits humains c'est aussi fermer les yeux sur les passages à tabac, négliger les problèmes de santé des prisonniers malades, se moquer des mutilations et des tentatives de suicide... En France aussi la Croix Rouge participe à l'enfermement et aux expulsions Elle cogère la zone d'attente de Roissy, prison où sont enfermés les étrangers auxquels l'accès au territoire français est refusé. Elle est présente aux côtés des flics dans les charters qui réalisent des expulsions collectives. Elle assiste les forces de l'ordre lors des expulsions de campements de Roms et durant les opérations de rapatriements. POUR LA LIBERTÉ DES 14 RETENUS INCULPÉS SUITE A LA RÉVOLTE DU CENTRE DE RÉTENTION DE MILAN POUR LA FERMETURE DES CENTRES DE RÉTENTION ET ZONES D'ATTENTE POUR L'ARRÊT DES EXPULSIONS POUR LA LIBERTÉ DE CIRCULATION ET D'INSTALLATION
Une affiche avec un texte reprenant le témoignage d'un retenu a également été distribuée, il est visible sur ce lien :
http://lille.indymedia.org/article17616.html
Croix Rouge : choisir son camp
Petite mise au pont concernant la gestion par la Croix Rouge de plusieurs centres de rétention en Italie. En italie, plusieurs retenus enfermés dans des CIE (centre d’identification et d’expulsion) mettent en cause l’attitude des employés de la Croix Rouge. En solidarité le siège de la Croix Rouge à Turin a été occupé, occupation qui a été condamnée par la CGIL, important syndicat de gauche en Italie. Voilà leur communiqué :
On ne tire pas sur la Croix Rouge dans la soirée d’hier un petit groupe de 16 anarchistes a occupé le siège de la Croix rouge italienne de Turin pour contester la fonction d’assistance confiée à la croix rouge internationale auprès des centres d’identification et d’expulsion (ex CPT) Être contre la politique raciste et xénophobe du gouvernement ne peut en aucune façon remettre en cause et accuser le travail des salariés de la Croix Rouge, qui, dans des conditions extrêmement difficiles garantissent l’assistance sanitaire aux centaines d’êtres humains reclus, dans des conditions insupportables, dans des centres qui ressemblent toujours plus à des camps de concentration Cela vaut la peine de rappeler que les salariés de la Croix Rouge n’appartiennent à aucun corps militaire ou armé. Au contraire, pour la majeure partie, ce sont des travailleurs précaires qui accomplissent leur devoir, luttent pour maintenir l’assistance civile et et publique à toutes les personnes en difficulté. Pour le reste il suffit de rappeler la fonction humanitaire que la Croix rouge internationale exerce en situation de frontières comme Lampedusa pour comprendre que l’esprit qui anime les salariés de la Croix Rouge n’est certainement pas celui des prisons de Guantanamo.
Suite à cela, un texte de mise au point a été fait, accompagné d’une vidéo à faire circuler sur le rôle de la Croix Rouge dans les centres d’expulsion et d’identification italiens. Les voici : Liens vers la vidéo :
http://www.autistici.org/macerie/?p...
http://www.youtube.com/watch?v=2169...
Quelques faits survenus ces derniers jours nous laissent supposer qu’il y a des choses équivoques sur le rôle exact que jouent à l’intérieur de la machine à expulser toute une série d’organisations humanitaires ou d’assistance qui détiennent la gestion des 13 centres d’identification et d’expulsion qui sont disseminés sur le territoire. Nous parlons de la Croix Rouge bien sur mais aussi de la Misericordia, des consortiums des coopératives Connecting People et Self pour parles des 1ers noms qui nous viennent à l’esprit. A chaque fois que cette question revient sur le tapis, il y a toujours quelqu’un pour dire « Mais pourquoi vous vous attaquez à eux », « Si ce n’était pas eux qui soignaient les retenus ?, qui le ferait ? ». Avant tout, quand on parle de la Croix Rouge on a presque l’impression que son rôle dans les centres se limite à organiser les gardes à l’infirmerie, à contrôler la date de péremption des médicaments et à veiller au rigoureux respect des « droits humains » dans les cages. Ce n’est pas comme ça.
Gérer un centre ça signifie avoir en adjudication la gestion complète. Ca signifie recevoir de l’argent du ministère et avec eux organiser la vie à l’intérieur – en dehors de la surveillance, confiée aux forces armées et à la police. La Croix Rouge qui gère les centres est responsable de tout et ce qu’elle ne fait pas directement de ses propres main, elle l’adjuge aux autres, gardant toujours la responsabilité principale. C’est la Croix Rouge qui doit se plaindre auprès de la Camst et de la Sodexho si dans la soupe des retenus il y a des cafards ou si les épinards qui sont servis sont périmés, pas la préfecture. Pareil pour la qualité des draps et de la propreté, c’est la Croix Rouge qui est responsable. La Croix rouge choisit comment dépenser l’argent des préfectures, comment organiser les services, opère certains choix en autonomie et d’autres en commun accord avec les responsables de la préfecture de police. Dans les centres en fait, la Croix Rouge est tellement affairée qu’elle n’a pas le temps de soigner l’infirmerie qui de fait est réduite à un distributeur automatique de psychotropes et calmants. Voilà en quoi consiste la fameuse « supervision humanitaire ». Expliquons nous avec une image précise : dans 2 des 3 centres gérés actuellement par la Croix Rouge en Italie, les salariés ont en main les clefs des cages. Ils les ouvrent les cages, quand il faut, et quand il faut, ils les ferment. A Ponte Galeria à Roma et à via Corelli à Milano, chaque jour et à chaque heure, à séparer un sans-papier de la liberté il y a un salarié de la Croix Rouge avec des clefs dans les mains. Et aussi au centre Brunelleschi à Turin, même si le trousseau de clefs ce sont les policiers qui matériellemnt le tiennent, le rôle des salriés de la Croix rouge dans les CIE est celui de gardiens de prison. Et meme si ce n’était pas vrai que les salariés de la Croix Rouge ferment les yeux sur les passages à tabac ou qu’ils y participent ; si ce n’était pas vrai qu’ils rient quand des retenus désespérés se mutilent et hurlent de douleur ; si également ils n’étaient pas complices des abus sexuels contre les détenues et négligeants face aux problèmes de santé même graves des prisonniers ; si tout cela n’était jamais arrivé, si Hassan n’était pas mort sous leurs yeux indifférents et Salah et Mabruka non plus, meme si tout cela n’était jamais arrivé, les salariés de la croix rouge travaillant dans les centres restent de toute façon des matons. L’ « impartialité », l’ « équidistance » de la Croix Rouge entre l’Etat et les reclus est entièrement déséquilibrée par la fidélité aux lois de l’Etat qui enferme. Être équidistant et impartial, si on est logique, cela veut dire évaluer la possibilité de violer les lois, d’ouvrir les cages. Il est évident que ça ne peut être comme ça et et que cette « équidistance « », cette « impartialité » ne sont que de vides artifices réthoriques. Quelqu’un affilié à la Croix Rouge qui voudrait donner de la substance à ces qualificatifs doit avoir la prétention que l’institution qu’il sert sorte des centres. Et la même chose vaut pour les salariés de la Misericordia de Modena ou Bologna, des coopérants de la “Connecting People” a Gorizia ou de ceux du consortium Self, de la cooperativa Albatros, de “Malgrado tutto”, de Sisifo, de la Blucoop… Notre discours n’est pas nouveau. Mais il est important de le clarifier vraiment maintenant, surtout envers ceux qui définissent les nouvelles lois sur l’immigration « lois raciales « » et « camps de concentration » les CIE. Il ne doit plus y avoir d’excuses ni d’équivoques : si les CIE sont vraiment toujours plus similaires aux camps de concentration, vouloir les gérer est une chose infâme et il faut le dire haut et fort. Face à un camp de concentration , la non collaboration est le minimum et il faut savoir la revendiquer, il faut lutter pour l’élargir et aller au-delà. Et si les nouvelles lois sont vraiment des « lois raciales » les pétitions et les cortèges ne servent à rien si en plus le gouvernement applique ces lois grâce à notre propre travail. Ou on choisit la non collaboration et puis l’opposition active, pratique et déterminée ou on finit dans un guépier fait de déclarations ronflantes et compromises, de beaux principes et de pratiques collabos, de discours aiguisés et d’équivoques intéressés. Un guépier dans lequel chaque tension éthique se perd et avec elle aussi le sens même des mots et de notre humanité.
(Tous les enregistrements et vidéo que nous vous joignons sont des enregistrements de coups de téléphone éffectués les 5 derniers mois avec les retenus des CIE de via Corelli, Ponte Galeria e corso Brunelleschi – tous les 3 gérés par la Croix rouge. Les conversations téléphoniques ont été retransmises en direct sur Radio Blackout de Torino et surRadiocane di Milano, ou archivées sur le site //Macerie su macerie//)
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