|
|
G8 Evian - Pont d'Aubonne: procès de la police |
|
|
| |
Theme(s)
G8-évian - Répression -
|
|
|
| |
10-02-2006 16:02
Auteur : Groupe Aubonne Support
:: : http://www.aubonnebridge.net
|
|
| |
| |
Les dernières nouvelles avant le procès qui débutera lundi prochain, au Tribunal correctionnel de Nyon... et la fête de ce soir, vendredi 10 février à 20 h, au Rhino, à Genève.
Dans cet article: la déclaration du groupe Aubonne Support sur le procès de la police dans l’affaire d’Aubonne et le communiqué remis lors de la conférence de presse du 9 février 2006, à Lausanne
Sans oublier la fête au Rhino... histoire de commencer les préparatifs dans la bonne humeur!
|
|
| |
|
|
| |
Déclaration du groupe Aubonne Support sur le procès de la police dans l’affaire d’Aubonne
www.aubonnebridge.net
«Nous ne croyons pas à votre État de droit et nous n’avons pas confiance dans votre système judiciaire. Nous participons à cette pièce de théâtre, pour vous compliquer votre boulot de répression. Vous ne devez pas réussir à faire oublier la réalité si facilement.»
Chaque procès est une pièce de théâtre, dans laquelle au nom d’un peuple – qui n’existe pas sous cette forme – on prononce le «droit». Le droit et le non-droit, et la manière dont ces notions sont interprétées dans diverses situations, ce sont les dominants qui les définissent selon leur bon vouloir. La finalité de ce spectacle est de sauvegarder leur hégémonie, ainsi que le statu quo de l’injustice sociale et écologique.
La prison est la clé de la répression étatique. Sans l’outil «prison» – autrement dit, sans la possibilité d’intimider, de punir et de mettre les gens hors circuit – aucun État (ni aucune forme de capitalisme) ne peut subsister.
L’effort d’intenter un procès à la police est en contradiction avec le refus de l’État et de ses instances répressives. Comment pouvons-nous dire que la justice ne viendra jamais de l’État, tout en exigeant que l’action de la police sur le pont ait des conséquences juridiques?
Nous n’attendons pas la justice de la part de ce tribunal ni d’aucun autre. Nous ne croyons pas à leurs lois, à leurs punitions ni à leurs prisons.
Dès lors, pourquoi réclamer un droit auquel nous n’accordons aucune signification? C’est sûr, la contradiction nous donne des maux de tête… Et nous sommes bien conscients que le fait d’intenter un procès à la police est un acte réformiste.
Alors que des centaines de méfaits commis par l’État sont soigneusement dissimulés, est-ce que nous ne l’aidons pas à maintenir l’illusion d’une justice étatique, en obtenant que l’un de ces cas se retrouve au tribunal?
Nous aimerions expliquer brièvement, en cinq points, les raisons qui nous poussent à le faire et le sens que nous donnons à ce choix:
Jouer le rôle du grain de sable
Nous n’attendons rien de ce procès, bien que nous soyons prêts à retourner leurs armes contre eux. Nous voulons que les dominants attrapent des maux de tête. Nous voulons leur compliquer les choses et gripper leurs mécanismes de répression. La plus belle possibilité de lutter contre la répression serait certainement de fonctionner immédiatement en autogestion, dans tous les domaines. Mais jusque-là, nous considérons qu’il est pertinent d’employer les moyens inhérents à leur système: la médiatisation, ainsi que le prestige et la carrière personnels. La médiatisation que nous provoquons leur pose problème.
Faire vaciller les illusions
L’État s’efforce constamment de préserver l’image démocratique qu’il présente à la bourgeoisie. Pour les milieux politiques et pour l’opinion publique, l’affaire d’Aubonne est un «scandale». Ni plus ni moins. Elle est devenue un scandale à partir d’un travail de relations publiques et d’une médiatisation sans lesquels elle aurait été promptement enterrée. Un scandale est toujours un «cas exceptionnel», mais quand les scandales s’accumulent, les illusions de la loi et de l’ordre (le policier, «ton ami et serviteur») viennent à vaciller. La croyance dans un État de droit n’est plus si facile à entretenir.
Limiter le blanc-seing
Nous considérons également comme une bonne chose que les policiers et leur institution soient obligés de réfléchir un peu à leurs actes. Ils n’aiment pas que leur brutalité soit étalée au grand jour. Pour en arriver là, il faut presque toujours porter plainte (même s’il est rare qu’une affaire arrive jusqu’au tribunal et s’ils s’en sortent la plupart du temps grâce à leurs mensonges). Quand les «forces de l’ordre» se rendent compte qu’une plainte déposée par des militants peut donner lieu à un procès et que leur brutalité est au centre des conversations, leur impression d’avoir les mains libres et leur certitude de bénéficier d’une immunité totale sont ébranlées, et leur blanc-seing s’en trouve limité.
Contre l’oubli
Nous considérons qu’il est important de ne pas laisser la police répandre sa version dans l’opinion publique, en veillant à ce que les faits véritables soient connus et ne sombrent pas dans l’oubli. Dans bon nombre de cas, cela n’est pas possible hors des mouvements politiques, à cause de la censure médiatique. Dans le cas présent, la possibilité existe et nous voulons l’exploiter.
En ce qui nous concerne...
Enfin, les raisons personnelles jouent aussi un rôle, qui nous semble légitime. Un grand nombre d’activistes ont traversé des épreuves difficiles après l’affaire d’Aubonne, et le fait de voir au moins deux membres de la police transpirer pendant un interrogatoire représente tout simplement une satisfaction personnelle. Il est également possible que l’État suisse soit obligé de payer des dommages et intérêts – nous n’avons pas trop d’illusions à ce sujet, car jusqu’ici, il n’a jamais rien payé – mais si c’était le cas, ce serait vraiment bien de récupérer au moins quelques sous. Faible compensation pour ne plus jamais pouvoir courir ni grimper!
Voilà pour nos motivations… Oui, nous nous sentons un peu schizophrènes dans l’histoire, à nous retrouver assis à côté de leur procureur et à réclamer leur «justice». Malgré tout, nous pensons qu’il est juste et important d’emprunter cette voie pendant un moment, même si nous ne croyons pas à ce système.
On ne peut pas dire une fois pour toutes s’il est intelligent ou non de porter plainte contre la police. La décision doit toujours être prise au cas par cas, et par les personnes concernées. Ce qui est sûr, c’est que cette voie ne doit pas être la seule, et que la solidarité et la pression de la rue restent nos champs d’action privilégiés.
Si quelqu’un s’intéresse à l’aspect juridique de l’affaire d’Aubonne, un résumé est publié sur l’Internet. Nous avons tendance à considérer ces détails comme des broutilles, car ils détournent l’attention de la vraie problématique.
La résistance attirera toujours la répression.
Notre arme est notre solidarité et notre moteur est le désir de liberté.
Groupe Aubonne Support
***
Voir aussi le programme des réjouissances (fête au Rhino, ateliers, préparatifs, procès), dans l'article:
La police jugée dans l’affaire d’Aubonne - 13-15.2, Nyon
http://ch.indymedia.org/fr/2006/02/38296.shtml
***
Communiqué remis aux médias lors de la conférence de presse du 9 février 2006, à Lausanne
Des policiers encourent la prison pour avoir blessé les grimpeurs du pont d’Aubonne.
Du 13 au 15 février, trois juges présideront le procès de deux policiers qui ont failli tuer des grimpeurs, un Anglais et une Allemande, en coupant leur corde lors des manifestations contre le G8 d’Evian, en 2003. Plus de 25 témoins, dont des responsables du quartier général de la police et des manifestants présents sur le pont, présenteront des preuves au procès de Nyon. Les débats se concentreront sur une grande question: les policiers ont-ils ignoré ou suivi des ordres? Le verdict est attendu le jeudi, voire le vendredi.
Ce procès résulte de trois ans de pression publique et juridique, incluant une interpellation au Parlement helvétique, un appel devant la Haute Cour et une longue campagne visant à destituer le juge qui avait voulu clore l’affaire. Les forces de police suisses sont généralement bien protégées contre les accusations de violence et d’incompétence – c’est la première fois en plus de vingt ans qu’elles doivent faire face à de telles charges, à ce niveau de juridiction.
L’un des accusés est le sergent-major Claude Poget, de la gendarmerie vaudoise. Il était le plus gradé des policiers présents sur les lieux et il est accusé d’avoir provoqué la situation potentiellement fatale, dans laquelle des ordres et des règles cruciales de sécurité ont été ignorés. L’autre accusé est Michael Deiss, le gendarme schaffhousois qui a coupé la corde. Simplement chargé de conduire un véhicule de service, il a désobéi aux ordres en intervenant contre les manifestants et en coupant la corde.
Ils sont accusés de lésions corporelles simples et graves par négligence. «Lésions corporelles graves» pour avoir infligé des blessures sévères et persistantes à Martin Shaw, qui a subi de multiples fractures des vertèbres, du pelvis et une fracture ouverte du talon gauche. Il ne s’en remettra jamais complètement et ne pourra plus exercer son métier d’électricien. Les charges incluent des «lésions corporelles simples» envers Gesine Wenzel, qui a souffert d’un syndrome de stress post-traumatique pendant plus d’un an.
Les militants et leur avocat, Me Jean-Pierre Garbade, sont convaincus que la négligence n’est pas seule en cause dans cette affaire: «Nous comptons prouver au tribunal que la police savait que des personnes étaient suspendues dans le vide, avant que Poget et Deiss arrivent sur les lieux», a déclaré l’avocat.
«A partir du moment où ils sont arrivés, ils n’ont eu qu’un but: faire passer le convoi du G8, coûte que coûte. Le gradé a dit très distinctement: «J’en ai rien à foutre qu’ils se cassent la gueule!» se souvient une manifestante du pont, qui témoignera au procès.
Jean-Pierre Garbade a déposé une requête d’aggravation de l’accusation; d’abord, pour lésion corporelle avec dol éventuel, ce qui signifie qu’ils sont accusés d’avoir sciemment pris le risque de tuer les deux manifestants; et aussi pour mise en danger de la vie et de la santé d’autrui, en détruisant tous les dispositifs de sécurité mis en place par les manifestants.
«La manière dont la police a agi sur le pont ne fait que refléter celle dont le G8 se comporte, quand il impose de force sa politique néolibérale – sans aucun respect pour la vie. L’argent et le pouvoir prédominent sur les êtres humains et la planète», constate Martin Shaw.
Gesine Wenzel conclut: «Leur répression systématique est une réponse logique au fait que la résistance contre la mondialisation néolibérale s’amplifie. Nous avons la vision d’un monde où les peuples pourront vivre dans la liberté et l’autogestion. Et notre solidarité nous donne la force de lutter pour cette vision.»
Photos en haute résolution et vidéo à télécharger sur www.aubonne.ch.vu
***
Dans les épisodes précédents (les campagnes, la solidarité internationale, etc.) :
Première victoire dans l’affaire d’Aubonne
http://ch.indymedia.org/fr/2005/01/29797.shtml
G8 Evian - Justice pour Aubonne: le combat continue!
http://ch.indymedia.org/fr/2004/11/27564.shtml
G8- Evian : Non lieu pour la police dans le cas d'Aubonne
http://ch.indymedia.org/fr/2004/10/27153.shtml
Aubonne - Procès du 28 juin à Nyon et suite
http://ch.indymedia.org/fr/2004/06/24451.shtml
Genève - Procès Aubonne, rassemblement antirep
http://ch.indymedia.org/fr/2004/06/24342.shtml
G8 Evian - Procès des militants d'Aubonne
http://ch.indymedia.org/fr/2004/05/23341.shtml
G8 Evian - Aubonne - Journée d'action internationale
http://ch.indymedia.org/fr/2004/06/24220.shtml
Rassemblement anti-répression autour du procès Aubonne à GE
http://ch.indymedia.org/fr/2004/06/24211.shtml
Et une collection de liens sur le G8 d’Evian…
G8 Summit Evian June 2003 - Reports & Photos
http://www.nadir.org/nadir/initiativ/agp/free/evian/index.htm
|
|
| |
|
|
| |
| > AubonneBridge |
|
|
|
 |
|
| > Holding the rope |
|
|
|
 |
|
|
|
|
| |
> Ajouter un commentaire |
|
| |
|
|
|
|
>
Ajouter une traduction à cet article |
|
|
|
> Télécharger l'article au format .PDF |
|
|
|
> Envoyer cet article par e-mail |
|
|
| |
|
|
|