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EVO MORALES La déferlante Dimanche, le syndicaliste ayamara Evo Morales est devenu le premier indigène a accéder à la présidence de la Bolivia. Fait historique dans l’histoire de la démocratie récente. Mais également pour tout le continent sud américain. Evo Morales a écrasé son principal adversaire Tuto Quiroga en obtenant la majorité abolue. En 2002, Morales avait obtenu 20% des suffrages. Morales avait clos sa campagne jeudi dernier dans son fief de Cochamba dans un stade qui avait fair le plein pour l’occasion. Vendredi, visiblement marqué par la fatigue d’une campagne éreintante, Evo s’est encore prêté de bonne grâce à toutes les sollicitations et a vu défiler les équipes de TV internacionales dans son modeste bureau sis au 2e étage du siège du Syndicat des cocaleros sur la place Sucre, en face du siège de son parti, le MAS, le mouvement vers le socialismo. Samedi, il s’est rendu dans le Chapare, en compagnie d’une centaine de représentants de la presse internationale accourus pour couvrir un événement politique qui va changer du tout au tout l’histoire du pays le plus pauvre d’Amérique du Sud, mais aussi peser de tout son poids sur le continent. Fan du Che Guevara, dont il porte le portrait en médaillon, Morales a aussi rendu hommage à Bolivar: “C’est la victoire de tout le peuple bolivien. Nous allons reconstruite la patrie”.
C’est dans son fief du Chapare, la partie tropicale du department de Cochabamba que le citoyen Evo a passé une journée de détente. Partageant ses repas avec les journalistes, il a pratiqué la pelota avec quelques amis. Grand passionné de sport, Morales doit cependant faire l’impasse sur le football qu’il adore, en raison d’une récente operation des ligaments du genou effectuée à la Havane. “Le sport est un excellent outil de développement social et éducatif. Le nouveau gouvernement va renforcer son soutien aux jeunes principalement, pour les doter de meilleures structures et les encourager à pratiquer le sport”. Evo est supporter de la selection et des clubs boliviens. Mais il ne cache pas son admiration pour le Real Madrid, le Brésil et Ronaldo. Morales ne s’embarrasse pas de service de sécurité et reste d’un abord très facile. Il a fair fi, au cours de la campagne, de nombreuses menaces d’attentats voire de mort sur sa personne:”Je ne réponds pas à ces basses manoeuvres de déstabilisation et de satanisation”. La campagne a été rude et nos adversaires ont pratiqué la sâle guerre de la diffamation. Mais nous ne sommes pas rentrés dans ce jeu là”. Dimanche matin, Evo Morales, entouré de toute la population de la petite ville de Vila 14 sieptembre, des medias et des délégues de l’OEA mandatés pour contrôler le bon déroulement de la campagne et de l’élection, a rejoint le bureau de vote. Sous les crépitements des flash il a déposé son bulletin dans l’urne. Par ailleurs, plus d’un million de citoyens ont été privés de leur droit de vote, faute de s’être inscrits dans les délais impartis par un décret du Corte nacional, principalement dans les campagnes de La Paz, Orouro et Cochabamba. Cet énorme couac administratif n’a pas empêché la déferlante bleue blanche et noire, les couleurs du MAS sur tout le pays. Dans la foulée, il s’est adressé aux media, lancant un appel clair aux détracteurs de la production de coca, matière première de la cocaine, dont la Bolivia est le troisième producteur. “ Nous voulons combattre les narco-trafiquants autant que les Américains mais nous n’acceptons pas leur ingérance en matière de pénalisation de la culture de coca. La feuille de coca est un instrument politique. La coca fait partie de notre culture et de notre pharmacopée. Il est exclu que les Etats Unis utilisent ce prétexte pour venir se mêler de nos affaires”. Morales représente le pire cauchemar pour le néo libéralisme. Il ne cache pas son amitié avec le populista Hugo Chavez ou avec Fidel Castro: “Mon message à Bush est clair. S’il veut revendiquer la démocratie, il doit sortir ses troupes d’Irak sans délai et retirer toutes les bases militaires US en Amérique du Sud.” Dans l’après midi, Morales a rallié la Paz en avion pour y retrouver son vice président Alvaro Garcia Linera, sociologue, analyste politique très présent dans les médias, ex-dirigeant de l’Armée guérillera Tupac Katari (EGTK). Une fois les résultats connus, le président s’est rendu à Cochabamba, au siège du syndicat des cocaleros, où il s’est adressé pour la première fois au peuple bolivien : « C’est une nouvelle histoire pour tout le peuple. Nous sommes présidents. L’époque de la discrimination, du racisme est terminée. Nous ne laisserons plus personne se faire traiter comme des animaux ». Redouté pour son programme de nationalisation des hydrocarbures par les investisseurs étrangers, Morales rassure : « Nous voulons rompre les contrats illégaux passés entre les anciens gouvernements et les compagnies étrangères mais en aucun cas nous voulons exclure toutes les personnes et entreprises qui souhaitent reconstruire la Bolivie pour les Boliviens ». Quid de la première dame ? Evo Morales, qui a fêté ses 46 ans le 27 octobre dernier, est célibataire. Il avait promis de présenter sa fiancée et même de l’épouser avant son accession á la présidence, en janvier, histoire de donner à la Bolivie une première dame. Or lundi matin, au cours d'une grande conférence de presse qui a réuni une nouvelle fois toutela presse, Evo est complètement resté muet à ce sujet. Les rumeurs vont bon train et on lui prête une liaison avec une Suissesse établie à la Paz depuis 5 ans et en passe de naturalisation…Il est reparti en avion pour la Paz dans l'après midi, pour entamer sa grande mission. Nadine Crausaz
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