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Comprendre Cuba : Revolution et Désinformation |
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11-08-2005 18:42
Auteur : Dru Oja Jay (Dominique)
:: : http://groups.google.ch/group/fr.soc.politique/msg/1a1df2cd4fb40a04?hl=fr
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Critique du livre : Cuba: A revolution in motion ("une révolution en mouvement") écrit par Isaac Saney - aux éditions Fernwood Books, 2003
critique rédigée par Dru Oja Jay |
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Article en anglais:
http://dominionpaper.ca/featur es/2003/12/22/understand.html
Une petite île-nation. Des cigares que les américains doivent passer en fraude dans leur propre pays, une musique sublime jouée par des petits vieux. Des vacances aux Caraïbes ; de vieux bâtiments. Ils ont eu une révolution, il y a quelques années. Des types nommés Che Guevara et Fidel Castro étaient impliqués. Il y en avait d'autres, mais quels étaient leurs noms déjà ? Ils ont renversé Batista, le type qui avait un téléphone en or massif dans le film le Parrain II. Ils avaient pas mal d'idéaux au début, mais ont fini par se transformer en une dictature communiste corrompue de plus. Castro le despote règne d'un poing de fer, et jette en prison tous ceux qui osent le défier. Le pays reste pauvre à cause d'une politique socialiste inefficace d'un autre age. Les États-Unis et les autres font passer le temps, en attendant la mort de Castro pour rétablir la démocratie et libérer le peuple cubain de son poigne autoritaire.
A part les cigares et la musique, voilà quelques uns des clichés sur Cuba qu'Isaac Saney, professeur d'histoire à Dalhousie, aimerait bien vous débarrasser.
Dans son livre "Cuba : A revolution in motion", Saney se propose non seulement de contrer la désinformation sur Cuba, mais de dresser un portrait totalement différent du pays. Cuba, dit-il en contradiction avec pratiquement tout ce que nous croyons savoir sur ce pays, est à bien des égards une source d'inspiration et représente un modèle alternatif de développement pour la plupart des nations du monde. Et comme si cela ne suffisait pas, Saney réussit à argumenter - de manière convaincante - que Cuba est plus démocratique que la plupart des pays occidentaux.
Tout au long du livre, Saney insiste auprès du lecteur pour tenir compte du contexte à Cuba. Après la révolution de 1959, les États-Unis (le premier partenaire commercial de Cuba à l'époque) coupèrent tous les liens économiques et retirèrent tous leurs biens, en imposant un blocus économique contre l'île. Les compagnies US, et les compagnies qui traitaient directement avec les États-Unis étaient (et sont toujours) interdits de faire du commerce avec Cuba, fermant ainsi pratiquement tout le marché occidental à l'industrie cubaine. Les navires qui accostent dans un port cubain sont interdits d'entrée aux États-Unis pendant une période de six mois, ce qui rend le transport de marchandises très coûteux. Grâce à la domination du marché pharmaceutique par les États-Unis, de nombreux médicaments sont inaccessibles pour les Cubains ; d'autres sont hors de prix.
"les pauvres et les défavorisés, encouragés par l'exemple cubain, exigent à présent le droit à une vie meilleure." Telle était la louange formulée par l'administration Kennedy qui décida que la "menace d'un bon exemple" pouvait remettre en cause la domination états-unienne en occident. Depuis, la politique suivie par les États-Unis a toujours visé précisément et explicitement le démantèlement du gouvernement révolutionnaire.
En plus de l'embargo économique, les États-Unis ont financé des décennies de campagnes terroristes et de harcèlement contre le gouvernement révolutionnaire cubain. Saney nous offre un grand nombre d'exemples bien documentés, y compris l'échec de l'invasion de la Baie des Cochons, de nombreux attentats à la bombe commis pas des agents financés par les États-Unis, des usages étonnants de la guerre bactériologique par la CIA, de nombreux détournement d'avions, et une opération bizarre de la CIA ayant recours à "une technologie futuriste de modification du climat". Kennedy, quant à lui, instaura un programme d'aide massif destiné à fournir une aide financière aux pays d'Amérique latine, aide accordée à la condition que les pays bénéficiaires rompent leurs relations économiques avec Cuba.
Dans ces conditions, et avec un programme socialiste de redistribution des terres et des richesses en place, l'économie Cubaine connut une croissance de 6 % par an entre 1971 et 1989. Dans le même temps, la croissance de la région d'Amérique centrale était de 3.6 % par an. Afin de maintenir son économie en marche, Cuba développa des relations commerciales étroites avec l'Union Soviétique et les pays du COMECON. A cause du blocus, le développement économique de Cuba dépendait étroitement de ces relations avec les pays du COMECON.
Après la chute de l'Union Soviétique et du COMECON, le désastre économique à Cuba atteignit des proportions gigantesques. En 1992, le niveau des échanges avec les pays de l'ex-COMECON représentait moins de 7% du niveau de 1989. Dans le même temps, le PNB cubain chuta de plus de 35%, les revenus par habitant de 39%, et les capacités d'achat à l'étranger chuta de 8.1 milliards de dollars à 2.2 milliards. Sans pétrole et par manque de matériel, l'agriculture cubaine fut décimée ; les coupures de courant étaient fréquentes, la faim et la sous-alimentation étaient répandues. Pendant ce temps, les États-Unis ont accru le financement des terroristes anti-castristes, tout en cherchant à asséner un coup fatal à l'économie cubaine par le renforcement de l'embargo. Selon l'élu du Congrès Robert Torricelli, auteur de la loi "Cuban Democracy Act", le but de la politique états-unienne était de "provoquer des ravages sur l'île". En vertu de la loi Helms-Burton, votée à la même période, les étrangers qui faisaient du commerce avec Cuba se voyaient refuser leur visa d'entrée pour les États-Unis.
Face à une crise qui frappait tous les secteurs, Cuba a été contrainte de réorganiser toute son économie en tenant compte de la pénurie de ressources et d'un besoin urgent de nouveaux partenaires commerciaux. Saney affirme que Cuba, confrontée à une crise majeure qui aurait plongé d'autres pays dans un totalitarisme réactionnaire ou le chaos, est devenue en fait plus démocratique.
Saney prend en exemple les réunions publiques et les consultations organisées par le gouvernement cubain à une échelle inconnue ici au Canada ou aux États-Unis, la décentralisation du pouvoir, et les coupes opérées dans la bureaucratie centralisée comme autant de preuves de cette tendance. En réponse à la "période spéciale" qui a suivi l'effondrement économique, Cuba a radicalement transformé ses industries. L'agriculture, notamment, s'est transformée à partir d'une industrie de monocultures dépendantes des pesticides pour devenir un ensemble de fermes organiques locales dirigées par de petites équipes qui occupent des postes à tour de rôle d'une manière très égalitariste. Par nécessité, le pays a grandement réduit sa dépendance au pétrole importé en encourageant l'usage de la bicyclette et d'autre technologies plus économiques. En adoptant une variété de solutions innovantes et en développant le tourisme, Cuba a réussi un début de redressement de son économie.
Affirmer que Cuba est démocratique provoquerait plus d'un sarcasme chez les occidentaux. Après tout, il est bien connu que le pays est une dictature. Lorsque d'éminents intellectuels progressistes, le gouvernement Canadien, Human Rights Watch, la BBC, le Globe and Mail (grand quotidien canadien - ndt) et d'innombrables groupes idéologiques diverses s'accordent pour dire que Cuba est fondamentalement un endroit non-démocratique, la tâche qui consiste à leur expliquer qu'ils se trompent lourdement n'est pas facile du tout.
Saney aborde la question de front. Tout en expliquant calmement, d'un ton pédagogique, il ponctue chaque chapitre avec des défis destinés à provoquer une compréhension plutôt qu'une adhésion. C'est ainsi qu'il ouvre le chapitre sur la gouvernance : "La tâche primordiale pour tous les observateurs et spécialistes de Cuba, toutes tendances confondues, est d'expliquer la résistance de la révolution Cubaine devant l'effondrement économique au début des années 90, un effondrement qui aurait balayé pratiquement n'importe quel système sans laisser de traces". En d'autres termes, si Castro est ce despote horrible, alors pourquoi a-t-il toujours le soutien de la majorité de la population ?
Saney analyse les trois dernières élections - 1993, 1998 et 2003 - qui furent ouvertes aux observateurs et journalistes étrangers. Ces trois dernières élections se sont révélées être des plébiscites pour la révolution. Plus de 90% de l'électorat cubain - le vote est à bulletin secret et n'est pas obligatoire - s'est présenté à chaque élection et, à chaque élection, plus de 90% ont élu la totalité des 601 candidats nationaux en signe de solidarité avec le gouvernement et la constitution révolutionnaire (une explication du processus est donnée). Et ceci alors que les radios financées par les États-Unis à Miami (qui émettent illégalement vers Cuba) exhortent les Cubains 24/24h de raturer leur bulletin ou de boycotter les élections. Après chaque élection, d'éminents dissidents reconnaissent que la Révolution Cubaine a reçu un nouveau mandat de la part du peuple Cubain.
La gouvernance à Cuba est basée sur le rejet du jeu électoral politicien conventionnel qui crée une "classe de politiciens" et provoque le "divorce entre l'économie et la politique". Au lieu de cela, le Parti Communiste au pouvoir joue le rôle de guide, en "canalisant la pluralité" des opinions et des intérêts. Bien qu'exerçant une influence, le Parti Communiste ne détient pas de pouvoir administratif direct. (...). Il est interdit au Parti Communiste de participer au processus de sélection des candidats. (...) Pour être élu à l'Assemblée Nationale, chaque candidat - Fidel Castro inclus - doit obtenir plus de 50% des voix dans sa circonscription.
Saney affirme que les critiques devraient au moins reconnaître que le système actuel est le plus démocratique que Cuba ait jamais connu. Fidel Castro a déclaré que cette tendance à la "parlementarisation de la société" court-circuite les divisions du "modèle dominant" en occident, créant "une démocratie qui unit les gens et donne corps à ce qui est le plus important et essentiel, à savoir la participation publique aux enjeux fondamentaux". Saney, apparemment, est d'accord. Il conclut le chapitre avec une remarque qui paraitra réellement étrange aux oreilles occidentales : "(à Cuba) ceux qui ont le plus d'argent n'ont pas de pouvoir politique, puisqu'ils n'ont aucun soutien parmi la population et, pour cette raison, ne présentent pas de candidats aux élections."
Ce sont peut-être les "enjeux fondamentaux" dont parle Castro qui déclenchent les critiques contre Cuba. Dans la constitution cubaine, certaines choses ne sont pas négociables, comme par exemple l'accès universel aux soins, la redistribution des richesses par le socialisme et l'éducation gratuite.
Afin de préserver des valeurs fondamentales de la révolution, le gouvernement cubain a du parfois prendre des mesures extrêmes contre les terroristes et autres agents financés par les États-Unis, y compris la peine capitale et de longues peines de prison. Certains procès récents ont été particulièrement expéditifs, parfois conclus en moins d'une journée.
Saney interpelle le lecteur et lui demande de prendre en compte le contexte du terrorisme incessant financé par les États-Unis, l'étranglement économique et les attaques militaires occasionnels. Un contexte qui a provoqué chez les Cubains, dit il, une "mentalité d'assiégé". Cependant, cette mentalité, "fondée sur des menaces très réelles et constantes", est une sorte de "paranoïa rationnelle". Dans la longue liste d'agressions US on trouve des tentatives d'assassinat (parmi lesquelles des tentatives de la CIA d'engager des hommes de main de la Mafia pour assassiner Castro), des attentats à la bombe, une "campagne de propagande et de désinformation" et le blocus.
Selon la "loi 88" cubaine (votée en 1996), les personnes qui collaborent avec les efforts des États-Unis pour renverser la révolution Cubaine peuvent être condamnés à des peines de prison. Des lois similaires aux États-Unis ou au Canada sont encore plus sévères. Certains des "dissidents" les plus célèbres n'ont pas nié les accusations mais se sont défendus en affirmant que c'était leur droit d'être payés par le gouvernement des États-Unis pour renverser le gouvernement Cubain. En 2002, le gouvernement des États-Unis a fourni 8.99 milliards de dollars aux groupes oeuvrant contre le gouvernement Cubain.
Peut-être que les 72 "dissidents" accusés et condamnés au début de l'année n'étaient tous dans ce cas. Peut-être pas. Saney ne prétend pas que Cuba soit parfaite, mais propose de porter un regard attentif aux réalités du pays. Est-ce que la concentration du pouvoir à Cuba tend parfois vers un autoritarisme ? Est-ce que la société cubaine croit à certains mythes qui parfois ne reflètent pas les réalités du moment ? C'est possible - à Cuba comme dans n'importe quel autre pays - mais le travail de Saney constitue une injonction puissante à tous ceux qui jugerait à la légère tout un pays.
En vérité, il est pratiquement impossible de parler de Cuba avec précision sans remettre en cause la campagne de désinformation efficace qui entoure ce pays. Margaret Wente, du quotidien Globe and Mail, est un exemple typique :
"le gouvernement Cubain, bien sur, rejette la responsabilité de la vague de répression sur les États-Unis. Elle dit que le chef de la diplomatie des États-Unis à Cuba a illégalement financé et soutenu des dissidents. Certains commentateurs reprochent aussi aux États-Unis une attitude ouvertement provocatrice. (Parmi d'autres activités illégales, le diplomate a crée une petite bibliothèque et a permis aux journalistes cubains d'accéder à Internet.) D'autres reprochent aux États-Unis de ne pas lever l'embargo, un geste qui aurait pu inciter El Jefe à être plus gentil.
M. Suchlicki accuse Fidel. "Fidel n'aime pas l'opposition. Il n'aime pas les dissidents. C'est un tyran," dit il. Et (Fidel) pense à sa propre mortalité. A 76 ans, le temps lui est compté. "Il se débarrasse de toute opposition pour dégager la voie à son frère, Raul."
L'infrastructure intellectuelle qui a été érigée afin de démentir systématiquement les faits les plus évidents et déformer les motivations du gouvernement cubain est une énorme réussite en tant que telle et vaut très certainement le coup d'être étudiée.
Aucun livre ne peut à lui tout seul réfuter toutes les critiques contre Cuba, et il est raisonnable de dire que c'est mieux ainsi. Ce que Saney a fait, avec un ton à lui et une recherche approfondie, c'est de fournir au lecteur l'occasion de se remettre en cause pour comprendre Cuba.
(...)
Alors que certains livres insistent sur certains excès d'autoritarisme (et Saney pourrait rétorquer qu'ils ont été analysés "hors contexte") , "Cuba : a revolution in motion" se concentre sur les réussites de Cuba face à l'adversité et présente le tout comme une alternative séduisante à l'idéologie dominante du libre marché. Au-delà d'un argumentaire contre toutes les critiques, le livre de Saney défend l'idée que Cuba est à bien des égards une source d'inspiration pour tous ceux à travers le monde qui aspirent à une justice sociale.
Dans un ordre mondial où - selon la Banque Mondiale - les pauvres portent la plus grosse partie du fardeau économique, il me parait raisonnable de conclure avec la même phrase que Saney conclut son livre (et prononcée par le Vice-président Carlos Lage) : "Chaque jour dans le monde 200 millions d'enfants dorment dans la rue. Pas un seul n'est cubain."
http://www.confidentiel.net/recherche.php3?recherche=cuba
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| > Nature |
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Être cubain ou ne pas être |
2005-08-12 11:49 |
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"S’il est au monde un pays, ou il est véritablement possible d’être humain, Cuba est ce pays. Bien qu’elle soit passée par toutes sortes de bouleversements, de circonstances implacablement négatives, depuis la domination coloniale jusqu’aux harcèlements qu’elle subit aujourd’hui, l’histoire Cubaine garde une racine intacte, que l’on ne peut arracher et qui toujours continue de fleurir. Pour cette raison, je dis que Cuba est un état d’esprit. Que l’on peut être Cubain sans être né à Cuba. Et qu’en ce sens, je suis Cubain.
José Saramago, Prix Nobel de littérature 1998. |
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Dominique
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| Web:
http://www.confidentiel.net/article.php3?id_article=100#forum542
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La propagande mensongère pro-cubaine |
2005-08-12 14:29 |
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C'est marrant Dominique. Tu parles de Marx comme étant un grand homme, un modèle pour le communisme.
Or Cuba n'est pas un Etat communiste qui suit les idées de Marx.
Je te cite le manifeste du parti communiste de Marx: "Il est évident, du reste, qu'avec l'abolition des rapports de production actuels, la communauté des femmes qui en dérive, c'est-à-dire la prostitution officielle et non officielle, disparaîtra."
Or, à Cuba, on en est bien loin ... Au contraire, la prostitution se développe de plus en plus ...
On ne parle pas des riches étrangers qui viennent dans le pays et qui ont accès à toutes les riches dont le peuple cubain est privé ... Paradoxal non ? Des bourgeois étrangers et des prolétaires cubains vivant côte à côte ? Pas vraiment de disparition des classes sociales ou de dictature du prolétariat comme prôné par Marx.
Ensuite, la monnaie existe toujours, et comble du paradoxe, c'est le dollar américain !
Dominique, on te paye pour faire l'apologie du régime dictatorial de Cuba ou bien ?
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Papa Noël
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comprendre cuba: dictature et répression |
2005-08-12 14:36 |
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La situation des droits humains à Cuba s’est fortement dégradée en 2003. À la mi-mars, les autorités ont mené une campagne de répression sans précédent contre le mouvement dissident. Soixante-quinze militants de longue date ont été arrêtés, soumis à des procès inéquitables et condamnés à de lourdes peines dont certaines allaient jusqu’à vingt-huit ans d’emprisonnement. Amnesty International considérait ces personnes comme des prisonniers d’opinion. En avril, trois hommes déclarés coupables dans une affaire de détournement de ferry ont été fusillés par un peloton d’exécution, ce qui a mis fin au moratoire de facto qui était en vigueur depuis trois ans. Les autorités cubaines ont fait l’objet de critiques de plus en plus vives de la part de la communauté internationale, y compris de pays et de personnes qui leur étaient jusqu’alors favorables. Le gouvernement a présenté la répression comme une réponse nécessaire face à la menace pour la sécurité nationale posée par les États-Unis. Cette année encore, l’embargo américain et les mesures similaires qui en découlent ont eu des effets négatifs sur l’ensemble des droits humains à Cuba.
Prisonniers d’opinion
Quatre-vingt-quatre prisonniers d’opinion étaient toujours détenus, dont sept étaient en attente de jugement à la fin de l’année.
Campagne de répression en mars
En mars, la campagne de répression menée par le gouvernement a abouti à l’emprisonnement de la plupart des chefs de file du mouvement dissident, notamment des enseignants, des bibliothécaires, des journalistes, du personnel médical, ainsi que des militants politiques et des défenseurs des droits humains. Seules quelques personnalités très connues ont été épargnées.
Les personnes détenues ont été traduites en justice sans délai et soumises à des procès expéditifs et inéquitables. La plupart ont été inculpées en vertu de l’article 91 du Code pénal cubain pour “actes contre l’indépendance ou l’intégrité territoriale de l’État” ou en vertu de la Loi pour la protection de l’indépendance nationale et de l’économie de Cuba, qui n’avait encore jamais été appliquée. Ce texte prévoit des peines de prison sévères pour toute personne reconnue coupable de soutenir la politique des États-Unis au détriment de Cuba. Les principaux chefs d’inculpation comprenaient la participation à des interviews pour Radio Martí, une station de radio émettant à destination de Cuba et financée par les États-Unis, la réception de matériel ou de fonds dont le gouvernement américain serait à l’origine, ou encore le maintien de contacts avec des responsables de la Section des intérêts américains à La Havane, que les autorités cubaines avaient accusée de comportement subversif et provocateur. À la fin de l’année, toutes les condamnations avaient été ratifiées par la Cour suprême populaire, ce qui, conformément au droit cubain, excluait toute possibilité d’appel. Après avoir examiné en détail les éléments retenus contre eux, Amnesty International a considéré que ces 75 dissidents étaient des prisonniers d’opinion.
Marcelo López Bañobre, membre de la Comisión Cubana de Derechos Humanos y Reconciliación Nacional (CCDHRN, Commission cubaine des droits humains et de la réconciliation nationale), a été condamné à une peine de quinze ans d’emprisonnement pour avoir, entre autres, “transmis des informations à des organisations internationales comme Amnesty International”. Préoccupations concernant la santé
L’état de santé de nombreux prisonniers d’opinion demeurait préoccupant. Selon les informations reçues, certains n’étaient pas autorisés à recevoir les soins médicaux dont ils avaient besoin et étaient détenus dans des conditions éprouvantes. Les possibilités de contact avec les familles étaient limitées, la plupart des prisonniers étant détenus loin de leur province d’origine.
Roberto de Miranda Hernández, âgé de cinquante-six ans, aurait eu une crise cardiaque, des douleurs cardiaques et un ulcère à l’estomac pendant sa détention. L’état de santé d’Oscar Manuel Espinosa Chepe, soixante-trois ans, s’est détérioré après son arrestation, à tel point qu’une greffe du foie sera probablement nécessaire. Les familles des deux hommes ont affirmé que les conditions carcérales avaient contribué à aggraver leur maladie. Libérations
Un petit nombre de prisonniers d’opinion ont été libérés en 2003.
Yosvany Aguilar Camejo, José Aguilar Hernández et Carlos Oquendo Rodríguez ont été libérés le 11 octobre après vingt mois de détention. Des trois, Carlos Oquendo Rodríguez était le seul à avoir été jugé et condamné. Bernardo Arévalo Padrón a été libéré en novembre après avoir passé six ans derrière les barreaux pour “outrage” envers le président Castro et le vice-président Carlos Lage. Eddy Alfredo Mena González, condamné en 2000 à cinq années d’emprisonnement notamment pour “outrage” et “troubles à l’ordre public”, a lui aussi été remis en liberté. Reprise des exécutions
Le 11 avril, les autorités ont mis un terme au moratoire de facto sur les exécutions en vigueur depuis trois ans: Lorenzo Enrique Copello Castillo, Bárbaro Leodán Sevilla García et Jorge Luis Martínez Isaac ont été passés par les armes. Ils appartenaient au groupe de personnes condamnées pour avoir détourné un ferry cubain avec plusieurs dizaines de passagers à son bord. L’affaire s’était réglée sans recours à la violence. Les trois hommes, traduits en justice et déclarés coupables en vertu de la législation “antiterroriste”, ont vu leurs appels rejetés, le tout en moins d’une semaine. En conséquence, de profondes inquiétudes ont été exprimées quant à l’équité de la procédure. Le président Castro a déclaré que ces exécutions étaient nécessaires pour mettre fin aux détournements et porter un coup d’arrêt à la crise migratoire qui s’intensifiait entre Cuba et les États-Unis. Fin 2003, 50 prisonniers étaient toujours sous le coup d’une condamnation à la peine capitale.
La Communauté internationale
Les Nations unies
En avril, la Commission des droits de l’homme des Nations unies a salué les efforts de Cuba pour promouvoir les droits économiques et sociaux et adopté une résolution invitant le gouvernement cubain à réaliser des progrès similaires dans le domaine des droits civils et politiques. Elle a aussi exhorté le gouvernement cubain à recevoir la visite de la représentante personnelle du haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. Le gouvernement a répondu qu’il n’acceptait pas le mandat de la résolution et qu’il n’autoriserait pas la représentante du haut-commissaire à se rendre sur l’île.
En novembre, pour la douzième année consécutive, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution demandant aux États-Unis la levée de l’embargo contre Cuba.
Relations avec les États-Unis
En mars, le gouvernement américain a encore durci les restrictions imposées aux déplacements entre la Floride (États-Unis) et Cuba.
Le gouvernement cubain a vigoureusement protesté contre l’expulsion de Floride de 14 diplomates accusés de s’être livrés à des “activités inappropriées”, contre l’inclusion de Cuba dans le rapport annuel des États-Unis sur le trafic des personnes, et contre les nouvelles allégations du gouvernement des États-Unies concernant l’existence d’un programme cubain d’armes biologiques.
Au mois d’août, les États-Unis ont procédé au renvoi forcé de 12 personnes qui avaient, semble-t-il, détourné un ferry. Cette mesure a été critiquée par la communauté des Cubains en exil et par le gouverneur de la Floride, Jeb Bush. Dans un geste interprété par certains comme une réaction à ces critiques, le gouvernement américain a annoncé la création d’une commission pour une transition vers la démocratie à Cuba, ainsi que des améliorations en matière de diffusion d’émissions et de distribution de documents imprimés à destination de l’île. Au mois d’octobre, l’Agence des États-Unis pour le développement international a annoncé un accroissement de son aide aux dissidents cubains.
L’Union européenne (UE)
La vague de répression de mars est survenue alors que l’UE venait tout juste d’ouvrir son premier bureau à Cuba. L’UE a condamné la campagne de répression des autorités en avril, juin et juillet. En juin, elle a annoncé plusieurs mesures en réaction à ces événements; elle a notamment invité des dissidents à des célébrations de fêtes nationales et réduit les échanges culturels et diplomatiques de haut niveau, tout en maintenant les liens économiques. En réponse, Fidel Castro et le premier vice-président du Conseil des ministres et ministre des Forces armées révolutionnaires, Raúl Castro, ont pris la tête de manifestations devant les ambassades d’Espagne et d’Italie, accusées d’être à l’origine de ces mesures. L’accord qui avait institué le Centre culturel espagnol à La Havane a également été suspendu. En août, les autorités cubaines ont adressé une lettre à l’UE dans laquelle elles lui signifiaient que le pays n’accepterait plus aucune aide au développement de l’UE ou de ses États membres; elles marquaient ainsi leur rejet des conditions imposées en matière d’amélioration de la situation des droits humains. L’UE a déploré cette décision. Cependant, elle a réitéré son engagement à fournir une aide au peuple cubain et demandé la suspension immédiate de l’embargo imposé par les États-Unis contre Cuba.
Le mouvement dissident
Les activités de l’opposition étaient au point mort depuis l’emprisonnement de certains militants occupant une position intermédiaire dans le mouvement. En avril, des procès ont révélé que 12 agents de la Sûreté de l’État avaient infiltré l’opposition, depuis plusieurs années pour certains. Ces révélations, de même que la publication de deux livres concernant des activités présumées de la Sûreté de l’État au sein du mouvement dissident, ont été perçues comme des tentatives visant à susciter la suspicion et la méfiance parmi les opposants encore en liberté.
En octobre, Oswaldo Payá Sardiñas, dirigeant du Movimiento Cristiano Liberación (Mouvement chrétien “Libération”), groupe politique non officiel, a lancé la première grande initiative d’opposition après la vague de répression de mars. Il a déposé à l’Assemblée nationale plus de 14000 nouvelles signatures appuyant le projet Varela, une pétition en faveur d’un référendum portant sur des réformes politiques et économiques. Le Comité des affaires constitutionnelles et juridiques du Parlement cubain avait déclaré cette initiative inconstitutionnelle en janvier. Au mois de décembre, Oswaldo Payá a présenté un plan national pour la transition vers la démocratie afin qu’il fasse l’objet d’un débat public.
Des restrictions à tout déplacement en dehors de Cuba ont continué d’être imposées aux dissidents les plus en vue. En juin, Elizardo Sánchez Santacruz, Vladimiro Roca Antùnez, Manuel Cuesta Morúa et Oswaldo Payá Sardiñas se sont vu refuser l’autorisation de se rendre en Italie pour participer à un séminaire sur le mouvement d’opposition démocratique à Cuba, organisé par un parti politique italien. La demande de Vladimiro Roca d’aller au Mexique en juillet pour suivre les élections fédérales de ce pays a également été rejetée. Enfin, Oswaldo Payá n’a pas pu assister à une session du Parlement européen à laquelle il avait été invité.
Visites d’Amnesty International
La dernière visite d’Amnesty International à Cuba remonte à l’année 1988. Le gouvernement n’a pas répondu aux demandes répétées que lui a adressées l’organisation en vue d’obtenir l’autorisation de se rendre dans le pays.
* Convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ** Protocole facultatif à la Convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes
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démocrate
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Les pro-cubains silencieux |
2005-08-13 04:34 |
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C'est marrant, à chaque fois que l'on parle de la dictature à Cuba et de ses méfaits, les pro-cubains restent silencieux.
Comme si face à la vérité, ils n'avaient rien à dire.
Ou qu'ils se voilaient la face ... |
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Papa Noël
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par contre.... |
2005-08-15 09:42 |
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par contre en manif, ils-elles font les fier(e)s avec leur beau drapeau cubain...à dégueuler...
mouarf vas y encourage l'inégalité ! (mieux vaut etre du bon coté politique que de faire un travail de critique n'est-ce pas messieurs les rouges ?) |
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antinanti
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Aller vivre à Cuba ! |
2005-08-15 12:34 |
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"Par contre en manif, ils-elles font les fier(e)s avec leur beau drapeau cubain...à dégueuler... "
C'est marrant, il font l'apologie de Cuba et critiquent la Suisse, mais ils vont pas vivre dans le paradis communiste !
C'est dire la mauvaise foi !
Si c'était si bien, moi j'hésiterai pas un instant ! Je quitterais la Suisse, pays de m..., pour aller dans le pays le plus paradisiaque du monde !
Mais ils savent quelle est la réalité là-bas ... Bande d'hypocrites ! |
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Papa Noël
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oooooohhhhhhh |
2005-08-27 03:22 |
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Quelle rigolade ! Je viens de voir le FAQ des communistes genevois ! Leur modèle c'est Cuba !
http://www.lescommunistes.org/article.php3?id_article=449
Vraiment n'importe quoi !
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Père fouettard
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Tous solidaires ! |
2006-03-07 01:03 |
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C'est curieux mais Hitler fut soutenu dés les années 20 et jusqu'en plein milieu de la 2ème guerre par les grands capitalistes des 2 bords de l'Arlantique.
Ces mêmes fachistes s'évertuent depuis des lustres à reconquérir un petit pays pauvre: Cuba. Leur désespoir est hilarant car ils ne peuvent rien quand tout un peuple est solidaire.
La devise des fachos est toujours la même: divisez pour reîgner. On peut dire qu'ils ont bien réussi leur coup avec le multipartisme à l'occidentale qui divise les peuples et soumet la politique à l'économie.
Juste pour mémoire: à Cuba, le seul parti politique de l'île n'a ni le droit de participer aux élections ni le droit de prendre parti sur celle-ci, ceci pour la simple raison que dans la démocratie cubaine, les décisions sont prises par la base, dans les quartiers, les entreprises, etc., et les politiciens ne sont que de simples gestionnaires des décisiions prisent par cette base. Ces politiciens ne reçoivent aucun avantage de leur fonction, et ils sont automatiquement limogeables en tout temps en cas de référundum contre eux. |
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Anti fachos !
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