|
|
Le pasteur flagellant était avare: lourdé ! |
|
|
| |
Theme(s)
Répression -
|
|
|
| |
20-02-2005 21:58
Auteur : Xavier-Pierre VIRGAE
|
|
| |
| |
Dans sa cure du bord du Léman, il n’en avait… cure : outre la satisfaction de ses très humains, masculins et fort répandus fantasmes, le pasteur flagellant, accusé d’abus de détresse, sous-payait son « esclave », une modeste immigrée. La hiérarchie de la Genève protestante lui jette la première pierre et le « lourde » séance tenante. |
|
| |
|
|
| |
Le pasteur genevois dissident qui punissait sa bonne à petits coups de fouet sur les fesses pour l’éduquer, n’a donc trouvé aucune commisération auprès de la Justice locale qui l’accuse d’abus de détresse. Outre ces petites corrections sur les fesses de la jouvencelle, le directeur de conscience, adepte de « l’éducation anglaise », rétribuait mal sa servante : moins de onze francs l’heure, ce qui est nettement en dessous du minimum syndical. Voici donc la douce enfant qui réclame les arriérés : pas moins de 7000 francs suisses.
De surcroît, le fesseur jure…ses grands dieux que ces corrections pédagogiques ne suscitaient en lui aucune émotion, a fortiori d’érection. Du pur altruisme, puisqu’on vous le dit !
Mais avant même que la Justice ne se penche (si l’on peut dire) sur le cas, voici les austères patrons de la Compagnie des pasteurs, du Conseil de l’Eglise et tout le gratin sévère et non moins théologique de Champel (le beau quartier de Genève) qui font fi de la présomption d’innocence et de l’exigence – si souvent prêchée – du pardon : le fouetteur est donc licencié sur-le-champ sans autre forme de procès.
« - Il n’avait pas communiqué avec nous depuis plusieurs semaines ! » se lamentent et expliquent les pontes de l’Eglise protestante genevoise à l’opinion publique pour justifier ce licenciement abrupt. Devant leur Mur des Lamentations, ils geignent et se morfondent en songeant à l’atteinte à la réputation de leur institution.
D’une pierre deux coups ( !), voici les censeurs qui, portés par leur élan vindicatif, retirent de surcroît la plume (et non le fouet) des mains du pécheur. En effet, ce dernier ne se contentait pas de prêcher le dimanche mais il officiait encore comme rédacteur en chef de l’organe ( !) officiel de l’Eglise : « La Vie Protestante ».
Probablement que les censeurs ne connaissaient pas l’adage : « Du gehst zu den Weibern… Vergiss die Peitsche nicht ! « (Quand tu vas « aux femmes », n’oublie pas ton fouet !)
A propos d’apophtegmes, l’avocat illustre mandaté pour défendre le pasteur, pourrait invoquer celui-ci , en latin :
« Castigabat orando ancillam sine voluptate… »
La chaire du prédicateur-flagellant était à l’évidence plus solide que sa propre chair, réputée faible.
Nul doute que les tribunes publiques du Tribunal seront bien garnies lors de l’éventuel procès. Pourquoi « éventuel » ? Parce que la procédure permet à Genève de régler les affaires judiciaires de moindre importance à l’abri de la curiosité malsaine des foules. A Champel, les vigiles du fantasme prient pour que le sort judiciaire du dissident soit réglé ainsi « sous le boisseau ».
A la réflexion, les protestants s’en tirent mieux avec leur Flagellant de Genève que jadis les catholiques avec la crise cardiaque mortelle, survenue en épectase à Paris, dans les bras d’une hétaïre, d’un authentique cardinal : Mgr Daniélou.
Xavier-Pierre VIRGAE
|
|
| |
|
|
| |
| > Castigabat orando ancillam...Joindre l'utile à l'agréable... |
|
|
|
 |
|
|
|
|
| |
> Ajouter un commentaire |
|
| |
|
|
|
|
>
Ajouter une traduction à cet article |
|
|
|
> Télécharger l'article au format .PDF |
|
|
|
> Envoyer cet article par e-mail |
|
|
| |
Première pierre à Xavier-Pierre ! |
2005-02-22 01:57 |
|
|
| |
Mon cher Xavier-Pierre,
Ce n'est pas sans quelque émotion que j'ai pris connaissance des soit-disantes vicissitudes du Flagellant de Genève: voyez-vous, le premier venu dirait «nul n'est parfait». Mais s'il fallait jeter la première pierre, je crois que c'est encore à vous que je la lancerai... N'avez-vous donc aucune honte à reprocher à un simple laquais du Synode de vivre à sa manière la fécondité et la créativité divines?
En effet, le fouet est le symbole du pouvoir judiciaire et de son droit d'infliger des châtiments. Les statues du dieu Min, en Egypte, le représentent le bras droit levé en équerre dans l'angle d'un fouet, fouet royal, symbole de terreur salutaire. Mais ce dieu était également lié aux cultes de la fécondité: l'autre bras glisse sous le vêtement et la main entoure la racine du phallus divin.
Le fouet est également l'insigne de certaines divinités grecques, tenant en respect les monstres infernaux. Au sanctuaire de Zeus, à Dodone, les lanières d'un fouet tenu par une statue d'enfant frappent au souffle du vent un chaudron sacré et le son qui en résulte est censé être l'oracle du dieu.
Mais, enfin, le fouet est aussi, comme la foudre, un symbole de l'énergie créatrice. Son rôle prend une ampleur cosmique dans le Véda: il transforme le lait en beurre, nourriture primordiale des vivants. Du barattage de la mer de lait sortent les germes de vie.
Fécondité, oracle divin, germes de vie: le fouet n'est pas ce que vous croyez. Et la servante flagellée est à coup sur un véritable instrument de dieu.
Tenez-vous le pour dit, non mais des fouets!
|
|
|
| |
De Monasterio
|
|
|
|
|
|
|
| |
> Ajouter un commentaire |
|
| |
|
|
|