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Pour lire l'appel de cette action : http://www.indymedia.ch/fr/2003/06/11939.shtml
Lettre déposée à la Chancellerie d'Etat de Neuchâtel
Neuchâtel, le 24 juin 2003
Mesdames, Messieurs,
Nous sommes venus aujourd'hui afin d'exprimer publiquement notre dégoût après les récentes violations de droits humains qui se sont produites en Suisse. Ces abus violents, perpétrés soit par les forces de police suisses soit par des forces étrangères opérant sous juridiction suisse, ont de manière répétée enfreint la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme des Nations Unies. Nous mettons en cause ces outrages et l'impunité subséquente dont bénéficient les forces de police opérant sous mandat suisse.
En tant qu'Etat membre de l'Assemblée Générale des Nations Unies, la Suisse est dans l'obligation de "promouvoir le respect de ces droits et libertés par des mesures progressives, nationales et internationales, afin d'assurer leur reconnaissance et application universelle et effective".
Depuis la semaine dernière, de nombreuses personnes à travers le monde ont activement interpellé l'Etat suisse. Tous présentaient des revendications analogues : que les Autorités suisses reconnaissent ces violations de protocoles internationaux et agissent en conséquence pour déterminer les responsabilités.
Nous attirons l'attention en particulier sur: L'article 8 de la DUDH, qui déclare: Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi. L'article 10 qui déclare: Toute personne a le droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.
En accord avec nos droits, reconnus par ces articles de la DUDH, nous demandons que l'Etat suisse reconnaisse la nécessité de mettre en place les actions suivantes: - l'ouverture immédiate par les autorités suisses d'une enquête publique et indépendante, concernant les mesures de sécurité et de police mises en place à l'occasion du sommet du g8, puis l'application de ces conclusions. Le groupe d'enquête devrait être contrôlé ou mis en place par la commission juridique, "Droits humains et mondialisation". - la suspension immédiate des officiers de police, et de leurs supérieurs présents, quand la corde d'escalade a été coupée au blocage du pont d'Aubonne (ce qui a causé les graves blessures de Martin Shaw) et lors du tir intentionnel sur le journaliste indépendant Guy Smallman. - la prise en charge totale des frais médicaux et juridiques des personnes dont la gravité des blessures nécessite un traitement médical sur le long terme. Celle-ci doit également inclure le paiement de toutes compensations justifiables. Par ailleurs, nous accusons l'Etat suisse d'être contrevenu aux articles 5, 19 et 20 de la DUDH pendant les opérations de police et de sécurité entourant le sommet du G8.
Pour spécifier: L'article 20 de la DUDH déclare: Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques.
La police suisse est contrevenue à cet article le 1er juin. Le camp de la Bourdonette, officiellement reconnu, a été encerclé par la police suisse, qui a procédé à la détention illégale de 312 personnes, dont 19 mineurs. Aucunes charges ne furent retenues contre l'un d'entre eux et aucunes raisons données pour leur détention. C'est un exemple de contravention des autorités suisses à cet article. L'article 5 de la DUDH déclare: Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Le 1er juin, la police suisse a coupé une corde d'escalade qui suspendait 2 activistes à un pont d'autoroute. Un de ces activistes, Martin Shaw, qui a fait une chute de 20 mètres, est toujours hospitalisé avec entre autres blessures le dos, le pied et le bassin cassé. L'autre grimpeur a dû rester pendu à une corde non sécurisée, sa vie balançant dans les mains d'autres manifestants, qui l'ont rattrapé avant la chute. Elle reste traumatisée par cet événement. Dans les moments suivants cet acte de brutalité, une preuve vidéo montre que la police présente n'a fait qu'un petit effort ou, pas d'effort du tout pour aider. Que ce soit dans l'assistance médicale à Martin Shaw qui est resté seul et en danger permanent dans la rivière de l'Aubonne, soit au sauvetage de l'autre grimpeur. Il est clair que le geste de couper la corde d'escalade qui est le seul lien d'un citoyen entre la vie et la mort est un traitement cruel, dégradant et inhumain. C'est seulement par une heureuse coïncidence que les autorités suisses ne sont pas poursuivies aujourd'hui en contravention du plus crucial des articles de la DUDH, l'article 3, qui déclare: Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. C'est une chance inouïe que les deux grimpeurs ne soient pas morts, ce qui était le résultat le plus probable du fait de couper la corde. L'article 19 de la DUDH déclare: Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. Le 1er juin, la police à Genève a investi et fermé le centre de l'Usine, un espace officiellement reconnu qui était utilisé comme bureau et station de diffusion par un groupe de journalistes et de travailleurs médias indépendants. Ce collectif média international, connu sous le nom Independent Media Centre, est largement reconnu comme l'une des peu nombreuses voix restantes de la presse internationale réellement libre. Ils fonctionnent à l'écart des cartels des barons médiatiques tels que Murdoch ou Berlusconi, et ainsi sont libres de présenter ce qu'ils voient indépendamment de tout agenda éditorial. Pour cette raison, ils sont souvent la cible des autorités. Nous demandons le droit à une presse libre et indépendante. Nous demandons qu'ils soient en mesure de travailler sans être restreints par la brutalité et la peur et qu'ils soient reconnus comme indépendants et non partisans plutôt que visés comme la pierre angulaire des mouvements sociaux post-néolibéraux. Le même jour, dans un incident séparé, Guy Smallman, un photographe indépendant était victime d'un tir intentionnel. Couvrant la fin d'une manifestation pacifique à Genève, la foule, Smallman parmi eux a été encerclée et confrontée à plusieurs unités de police allemande, opérant sous commandement suisse. Pendant le chaos qui a suivi, qui selon des témoignages indépendants, aurait été créé et provoqué par la police, Smallman a été atteint à bout portant par une grenade assourdissante. Cette attaque l'a conduit à l'hôpital avec de graves blessures à la jambe gauche. Il faudra 18 mois pour qu'il récupère une mobilité complète ou presque. Un porte parole du syndicat national des journalistes du Royaume-Uni a déclaré, "Une fois encore la police a utilisé l'opportunité d'un désordre public pour viser un journaliste en activité. Nous avons adressé de fortes protestations au gouvernement suisse qui a apparemment invité la police d'une puissance étrangère à attaquer une manifestation." Ces incidents incroyables sont seulement quatre des mieux documentés et publiés parmi une myriade d'épisodes similaires. L'Etat suisse s'est montré complice du nombre grandissant d'atteintes aux droits humains dans le monde, perpétrés au nom du rationalisme, de la liberté et de la justice économique néolibérale. Nous demandons à l'Etat suisse de démontrer sa capacité à être une institution responsable ayant le désir et la volonté de rendre ses forces et employés responsables. Nous demandons aux autorités suisses de remplir ses responsabilités découlant du droit et des protocoles internationaux. Il est fondamental pour tout Etat démocratique qui se respecte d'entretenir un environnement positif pour toutes formes de dialogue, protestation et action politique. Il est fondamental pour tout Etat démocratique qui se respecte d'encourager un environnement positif pour toutes formes de médias libres et indépendants ainsi que pour la circulation d'informations politiques sans restrictions. Durant les récentes semaines, comme dans le passé, la Suisse s'est montrée peu disposée, sinon opposée à l'application de ces valeurs humaines basiques et à d'autres. Genève prétend être l'une des plus anciennes démocraties du monde moderne, la Confédération Helvétique devrait nous donner l'exemple.
Dans les prochaines semaines le gouvernement suisse et ses cantons vont recevoir des dossiers complets incluant toutes les violations de droits humains enregistrées pendant les événements et manifestations du sommet g8. Nous attendons et demandons que ce dossier soit traité avec respect, et que ces informations soient considérées à la lumière de l'esprit de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme des Nations Unies. Nous demandons justice et responsabilité. Nous demandons à ce que nos droits reconnus par le droit international soient appliqués. nous ne resterons pas silencieux. Ni par la violence, ni par la coercition, ni par l'intimidation. Collectif antirépression NE Au nom des habitants de la ville de Neuchâtel
Tract distribué aux éluEs
NOUS MANIFESTONS AFIN DE DENONCER LA POLITIQUE REPRESSIVE ET LA BRUTALITE POLICIERE DURANT LE DERNIER SOMMET DU G8.
CETTE MANIFESTATION, AINSI QU'UNE VAGUE D'ACTIONS ET DE PROTESTATIONS INTERNATIONALES VISENT A RECLAMER DES DEDOMMAGEMENTS POUR LES PERSONNES GRAVEMENT BLESSEES DU FAIT DE LA BRUTALITE POLICIERE, AINSI QU'A REVENDIQUER UNE ENQUETE INDEPENDANTE POUR SAVOIR DANS QUELLE MESURE LES RESPONSABILITES DE LA POLICE SE CONFONDENT AVEC L'APATHIE DU GOUVERNEMENT.
LES MANIFESTATIONS CONTINUENT POUR REVENDIQUER LES POINTS SUIVANTS :
QUE LES AUTORITES SUISSES OUVRENT ET COOPERENT A UNE ENQUETE PUBLIQUE ET INDEPENDANTE SUR LA STRATEGIE EMPLOYEE PAR LES FORCES DE POLICE ET LE SYSTEME DE SECURITE MIS EN PLACE POUR LE G8. CETTE ENQUETE DEVRAIT ETRE OUVERTE ET SURVEILLEE PAR UNE COMMISSION LEGALE DE "DROITS HUMAINS ET MONDIALISATION".
QUE LES AUTORITES SUISSES CONCERNEES ET RESPONSABLES PRENNENT EN CHARGE LES FRAIS MEDICAUX ET LEGAUX DES PERSONNES GRAVEMENT BLESSEES DURANT LE G8 ET QUI NECESSITERONT DES TRAITEMENTS MEDICAUX PROLONGES. CES FRAIS DEVRAIENT ETRE PRIS EN CHARGE PAR LES ETATS SUISSES CONCERNES ET DEVRAIENT COMPRENDRE LE PAIEMENT D'INDEMNISATIONS JUSTIFIABLES.
QUE LE POLICIER AYANT COUPE LA CORDE DE MARTIN SHAW, AINSI QUE LE CHEF DE L'EQUIPE DE POLICE PRESENTE SUR LE PONT D'AUBONNE, SOIENT SUSPENDUS DE LEURS FONCTIONS JUSQU'A LA FIN DE L'ENQUETE.
NOUS DEMANDONS JUSTICE ET RESPONSABILITE. NOUS DEMANDONS QUE NOS DROITS RECONNUS PAR LE DROIT INTERNATIONAL SOIENT APPLIQUES. NOUS NE RESTERONS PAS SILENCIEUX. NI PAR LA VIOLENCE, NI PAR LA COERCITION, NI PAR L'INTIMIDATION.
Tract " Haut les masques "
Texte adapté pour l'occasion, extrait du tract encore disponible à l'adresse http://squat.net/contre-attaque/index2.htm (Flyer: *Pourquoi des gens se masquent-ils quand ils manifestent? Explications, arguments, ...)
Haut les masques!
Nous sommes sans visage car nous refusons le spectacle médiatique, car nous sommes tout le monde.
En portant des masques nous montrons que ce que nous sommes est moins important que ce que nous voulons, et nous voulons tout pour tout le monde.
Nous masquer est un refus de la représentation individuelle: nos luttes n'ont ni leader ni représentantE, elles sont par essence antihiérarchiques, antiautoritaires et antipatriarcales, chacunE peut y tenir un rôle égal, sans distinction de sexe, de provenance; ainsi nos masques nous rendent solidaires des gens qui ne peuvent pas venir en manif.
Si tu veux savoir pourquoi nous sommes ici, des tracts ou des banderoles te l'expliquent.
La contestation ne peut pas se contenter de s'exprimer uniquement dans les limites et les modalités imposées par les autorités. Dès lors, aller contre l'état c'est rencontrer sa violence: fichage, inculpations, amendes, prison, assassinats (Gênes, Göteborg, Zurich).
Nous n'avons pas envie que la police nous reconnaisse afin qu'elle remplisse ses fiches et étaye ses enquêtes. Nous refusons le fichage policier et nous nous en protégeons. Les inconditionnels du non-masquage le sont par naïveté mais aussi par ignorance du vrai visage de l'état. Ils oublient la violence des mesures de sécurité et les conséquences du fichage.
La société cherche à nous imposer son image: beau/belle, bronzéE, maigre, propre, coincéE, branchéE, dynamique. Nous, on est tellement moches que l'on préfère se cacher. =;o)) |
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