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5ieme Communique de Presse de la Permanence Juridique
4 juin 2003
COMMUNIQUE DE PRESSE PERMANENCE JURIDIQUE G8 GENEVE LEGAL TEAMS :
Hier soir et cette nuit, de nombreuses personnes sont venues à la permanence juridique G8 témoigner des violences policières subies par la population genevoise dans la nuit du 3 au 4 juin 2003.
Nos LEGAL TEAMS ont également été témoins directs de ces faits, malgré les coups et les intimidations de la part de la police (voir plus bas) dont ils ont été victimes en violation des assurances qui nous avaient été faites personnellement par le chef de la police genevoise.
Les actes de cette nuit sont très graves et il convient d'en mesurer à froid toutes les conséquences. Hier soir, il y eu premièrement une froid toutes les conséquences. Hier soir, il y eu premièrement une suspension de facto des libertés publiques (droit de réunion et droit à la liberté d'expression notamment). Ensuite, surtout à partir de 18h00 il y a eu de la part de la police, menaces, voies de faits et atteintes à l'intégrité physique de nombreuses personnes présentes dans la rue. Des policiers sans uniformes et cagoulés déambulaient dans les rues par groupes en frappant sans raison et de manière indiscriminée des personnes présentes pour les faire fuir, ou les interpellaient, souvent en leur donnant des coups. La permanence juridique a reçu dans ses locaux environ 25 personnes blessées et traumatisées par ces événements entre 19h00 et 3 heures du matin. Tout laisse à penser qu'il ne s'agit que d'une partie des cas, étant donné que ces personnes étaient intimidées et n'avaient pas forcément connaissance de notre existence.
1) les interpellations
La police a procédé à de nombreuses interpellations, souvent par des policiers cagoulés, parfois en tenue civile. De nombreux témoins rapportent que des interpellations ont été précédées par des matraquages violents. Ils rapportent aussi que les policiers interpellaient les gens sans s'identifier clairement comme membres des forces de l'ordre.
Une partie des personnes interpellées a été détenue quelques heures dans des fourgons de police avec un sac sur la tête. D'autres ont été gardées au centre de détention de la Gravière, parfois maintenus à genoux.
Ces personnes ont été relaxées dans la nuit en divers endroits de la campagne genevoise dont Bardonnex, Bernex, ou Chancy. Parfois, les policiers ont proféré des menaces au moment de la relaxe, telles que « si on vous choppe cette nuit, ça va être votre fête ».
2) Violences Nous avons enregistré plus de 25 cas de violences policières contre des personnes : dans le cadre de contrôles hors manifestations les policiers habillés en « black block » ou en uniforme anti-émeute ont à plusieurs reprises tabassé, plaqué et frappé la tête des personnes détenues sur le sol, transporté ces dernières avec la tête couverte. Dans le cadre des manifestations du mardi après-midi au boulevard Carl-Vogt, des manifestants obéissant à l'ordre de dispersion ont été pourchassés et matraqués ou blessés par des grenades assourdissantes ou des balles en caoutchouc.
Par la suite de petits groupes encore présents ont été chargés, souvent sans sommation. Les LEGAL TEAM ont pu observer que les forces de police se livraient à de grandes manoeuvres incompréhensibles puisqu'aucun casseur ou manifestant n'a été vu et qu'il n'y avait aucun trouble. Les badauds, attirés par ces manoeuvres insolites, ont été insultés, chargés, brutalisés et blessés par les forces de police.
L'usage de la violence apparaît clairement aujourd'hui comme une pratique systématique et non un recours ultime comme l'exige la loi.
Des plaintes seront déposées pour que ces agissements soient punis.
3) Menaces contre les médias et témoins
Les cameramen et photographes, professionnels ou amateurs, ont été particulièrement visés par les policiers « en civil » : ils ont été dans de nombreux cas victimes de confiscation de leurs films, bris de matériel, contrôles d'identité de durée illégale (plus de 4 heures au poste pour un contrôle), voies de fait, et au moins deux cas de lésions corporelles (l'un d'entre eux est hospitalisé depuis dimanche).
La permanence juridique G8 n'a connaissance d'aucun cas dans lesquels la police a donné un reçu aux propriétaires des films. La justice genevoise devra ouvrir une enquête afin de déterminer précisément les circonstances de ces saisies, et le cas échéant d'en constater l'illégalité et d'en punir les auteurs.
Au vu du caractère massif de l'entrave au travail des journalistes, il semble s'agir d'une tentative d'éviter la présence de témoins. Ces tentatives systématiques dont ils ont été victimes portent gravement atteinte à la liberté d'information de la population.
4) Interdiction de fonctionner pour les LEGAL TEAM
Le 3 juin vers 23 heures, la police a informé les équipes de LEGAL TEAMS qu'ils ne seraient plus tolérés, à plusieurs reprises et à des moments et endroits variés, ce qui semble indiquer un ordre de l'Etat-Major. Des agents des forces de l'ordre ont arraché les dossards des LEGAL TEAMS en leur indiquant que la reconnaissance qu'ils avaient obtenue n'était valable que pour la manifestation du dimanche, contrairement aux assurances qui nous avaient été faites par le chef de la Police de pouvoir travailler pendant toute la période du G8 ainsi que par le mémorandum d'accord.
La police a en outre chargé une équipe de LEGAL TEAM sur la plaine de Plainpalais vers 21h30, alors qu'ils étaient à grande distance des forces de police et observaient de loin les manoeuvres insolites de la police. Une avocate a même été touchée à la jambe par une balle en caoutchouc. Plus tard dans la soirée, un légal team a été matraqué à la cuisse et au bras.
Rappelons que de nombreux LEGAL TEAMS ont été molesté les jours précédents notamment par les policiers allemands. Deux ont été frappés et l'on recense un blessé.
Là aussi, il peut être supposé que la police tentait d'éviter la présence de témoins de ses exactions.
LA PERMANENCE JURIDIQUE G8 (GENEVE)
Permanence Juridique
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