Police avoue avoir tiré sur manifestante
  03-04-2003 00:09
Auteur : Tribune de Genève 02/04/2003 VALÉRIE DUBY
 
 
  Manifestante touchée par balle: la police reconnaît avoir tiré!
Il aura fallu trois jours à la police pour enfin reconnaître qu’un des leurs a bel et bien tiré sur une manifestante, samedi dernier à Cornavin.
 
     
  Trois jours.
Il aura fallu trois jours à la police pour enfin reconnaître qu’un des leurs a bel et bien tiré sur une manifestante, samedi dernier à Cornavin. L’énigme de «balle mystère», comme titrait notre confrère Le Matin, hier, est enfin résolue. Car si pendant plus de septante-deux heures Denise Chervet n’a pas été prise au sérieux, elle sait enfin quel métal s’est niché dans sa tempe droite samedi dernier: du bismuth, mélangé à de la peinture. Rapide rappel des faits.

Samedi 29 mars, la secrétaire syndicale de Comedia, qui accompagne son fils à la manifestation anti-OMC à Genève, est blessée au visage par un projectile non identifié. La Fribourgeoise ne nie pas avoir jeté une bouteille de bière contre la police, son fils de 16 ans venant de recevoir un coup de matraque sur le crâne. Hospitalisée à Genève, elle livre sa version des faits le soir même aux policiers qui viennent la voir. «J’ai vu un policier épaulé son arme. Et il a tiré à deux reprises», explique-t-elle. A l’hôpital, les médecins veulent connaître la nature du projectile. Ils ne sauront rien. Car, pendant trois jours, la police se réfugie derrière la stratégie suivante: aucune balle n’a été tirée, pas même en caoutchouc. A entendre les forces de l’ordre, la manifestation s’est plutôt bien déroulée. Si un projectile a été tiré, il doit forcément s’agir d’une balle amie, bien sûr...

La version de la police ne satisfait pas Denise Chervet. Qui a déposé plainte, hier, contre la police genevoise. A la rédaction de la Tribune, comme dans d’autres médias, les témoignages abondent. Nos recherches nous ont permis de mettre la main sur une arme (ou similaire) qui a été utilisée par les policiers genevois: le FN 303. Une sorte de fusil
semi-automatique utilisé pour «marquer» une cible. Un objet ou un manifestant. Quasiment un paintball sophistiqué. La munition est composée de peinture et de ce fameux alliage: le bismuth. «Il existe quatre types de projectiles: ceux destinés à faire un impact, ceux contenant de la peinture indélébile ou lavable, éventuellement du gaz lacrymogène», nous rapporte un amateur d’armes. Ce type d’armes a déjà été testé par les gendarmes au cours de leurs entraînements.
Avant samedi, ils n’avaient pu que constater le pire des maux selon eux: des bleus.

Selon nos informations, la police dispose depuis quelques semaines de ce type d’arme, de couleur jaune fluo. On nous l’a confirmé hier soir: il s’agit en fait de nouveaux moyens destinés à repérer, dans une
manifestation, les éléments perturbateurs des pacifistes. Et de les «marquer». Selon le communiqué du Département de justice et police et de la sécurité (DJPS), des personnes profitent en effet des manifestations pour commettre des actes délictueux. «En 1998, à l’occasion des manifestations anti-OMC, des policiers avaient été grièvement blessés, indique le communiqué. Les procédures engagées avaient occasionné des résultats incertains, voire nuls pour toutes les parties.» En conséquence, le DJPS a décidé d’adopter une nouvelle tactique. Mettre à disposition
d’une unité spécialisée un appareil de marquage pour faciliter l’identification des meneurs. C’est celui-là même qui a engendré la blessure de Denise Chervet.

Dans son texte, le DJPS, présente ses excuses à Denise Chervet. Il précise que l’appareil n’est pas considéré comme une arme. Il n’empêche qu’une enquête a été ouverte afin de connaître les circonstances dans lesquelles «ce qui n’est pas une arme» a été utilisé.
Combien de policiers étaient-ils équipés, samedi? Motus et bouche cousue de la police qui, pour des raisons stratégiques, ne tient pas à divulguer
l’information. Seule cer titude: Denise Chervet se retrouve aujourd’hui avec une plaie qui lui laissera une vilaine cicatrice. Si tout va bien, dans un an, elle pourra envisager une opération. Avec les risques que cela comporte. La blessure se situe tout près du nerf facial. Un risque de paralysie faciale n’est pas exclu.
 
     
   
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    commencer les recerches et contre-mesures! 2003-04-03 16:50    
  je pense qu'il est temps de constituer un "copwatch" collectif sur la région lémanique...
Ces moyens de reconnaissance sont en fait considérée comme des armes "moins léthale", ce qui donne aux porcs le faux sentiment d'un joujoux de type paintball, alors qu'il n'en est rien.
Une recherche et une liste précise du matériel utilisée par tel ou tel canton est en cours.
Elle aura pour but de pouvoir différencier les différents contingents cantonaux ainsi que d'évaluer leur potentiel materiel et organisationnel.
n'oublions pas que le but d'un porc en émeute est de trouver le "leader" du mouvement... "amusons" nous sur ce point et devenons tous des "leaders" pour les désorienter...
à bon entendeur, Amen.
 
  La raison d'état.  
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